Evasion (8)

Les questions se bousculent dans la tête de Gus, alors que ses yeux ne peuvent s'empêcher de scruter la porte d'entrée, les vitrines du troquet. Non, Aubin ne réapparaîtra pas aujourd'hui. Promis, dès demain matin, à l'heure de l'apéro de midi, lui Gus, prendra position… oui mais ça la fout mal pour un mec comme lui de languir après un de ses ex. Le pire, c'est qu'il n'a jamais remplacé Aubin! On ricane dans son dos en disant qu'il est mordu, qu'il pleure sans cesse l'absence de son amant, lui qui n'a jamais versé une seule larme sincère de sa vie. Certes, les aventures d'un soir se comptent par centaines (sans exagérer) depuis ce fameux dimanche où … Cependant, sa réputation était celle d'un homme fidèle, qui attachait l'autre tout en ne s'attachant pas à l'autre. Or, force est de constater que le Gus se morfond sans son minet favori, comme il l'appelait devant ses copains. Et le minet favori l'a plaqué, comme on jette un vieux débris. Et ça, dans le quartier on en rigole encore. Le retour de l'amant prodigue ne serait pas une mauvaise chose. Cela redorerait le blason d'un Gus recouvrant enfin son quant-à-soi! Surtout si Aubin se présente en pénitent, demandant la clémence de son maître.

Gus finit de siroter son verre, paye, quitte l'estaminet. Dans la rue, il soupire: heureux de savoir Aubin dans les parages? Oui! Maintenant comment l'accueillir? Voilà quelques temps, il se promettait de lui ouvrir grands les bras, de le serrer bien fort contre lui, de lui dire qu'il l'aimait comme un fou, de lui jurer ses grands dieux que plus jamais il ne le frapperait. En agissant ainsi, il s'abaissera, les gorges chaudes médiront encore plus. Mais cela vaut le coup. N'oublions pas qu'il s'agit d'Aubin! Seulement plusieurs années sont passées, une brume d'absence et d'éloignement noyait peu à peu la blessure causée par ce départ. Gus arrivait presque à oublier, se jurant de ne plus vivre à la colle avec un mec ou qui que ce soit. Au demeurant, il vivait, et vit toujours, d'hôtel en hôtel, nuitées presque toujours payées par ses amants, ne supportant pas de se retrouver sans cesse dans un décor identique à celui de la veille.

Il réussissait même à négliger l'offre de Stan de lui ramener Aubin ou quelque chose comme ça, il ne se souvient plus très bien. Tiens, pourquoi a-t-il rejeté cette offre? La raison lui vient immédiatement. Enfin il savait où était Aubin. Il le pensait heureux, prenant quelques distances avant de se jeter à nouveau à son cou. Autre certitude apaisante, onguent sur une blessure ayant du mal à se refermer. Il ne souffrait plus, n'avait plus de souffrance à cacher comme on cache une honte. Une autre vie commençait pour un Gus guéri à jamais de la vie en couple. Tout à l'heure, en quelques dixièmes de seconde, les apaisements s'écroulaient. Et d'un coup, d'un seul, la douleur rejaillit, la honte aussi. Il rase les murs des maisons, en pensant au passé. Car ce n'est pas rien pour un mec comme Gus de se faire plaquer par son régulier! Ça se sait, ça jase partout dans le milieu, ça vous démolit une réputation en un rien de temps. Toutefois, il y a le souvenir des heures passées, des câlins, de la vie pépère, pas trop fatigante. Bon! D'accord! Il n'aurait jamais dû le vendre à d'autres, en douce. Mais faut bien vivre, surtout vivre bien. Gus convient n'avoir pas été raisonnable. Il abusait: un vieux tous les week-ends, ment Aubin à pigé la manœuvre. Oh il a bien manigancé son affaire pour se barrer! Même pas laissé un seul euro sur le compte bancaire, Aubin! Le tiroir où était le liquide pour les courses: vidé, y compris la petite monnaie. Un sacré gaillard, l'Aubin! Bon, il n'y a plus qu'à l'attendre: il reviendra, sûr et certain!

Nu sur le lit non défait, Gus caresse son ventre d'une main pendant que les doigts de l'autre jouent avec ses tétons durcis. Sa queue se relève, tel un mât, droite, gonflée. La main devient plus câline, enveloppe le pénis qu'elle mouille de son lubrifiant naturel. Gus ferme les yeux. Apparaît dans son cerveau un Aubin radieux, se pourléchant les babines tandis qu'il fixe du regard la queue tendue de désirs. L'image devient floue. Les doigts cessent de titiller les seins pour aller peloter les couilles avant que deux d'entre eux ne taquinent la rosette.
Le geste émoustille encore plus le masturbateur. Combien de fois a-t-il refusé ces privilèges à celui qui, aujourd'hui, le hante de nouveau? Comme il aimerait sentir la chaleur de la langue d'Aubin devant l'antre de son anus et, pourquoi pas?, la deviner tenter une pénétration. Dans la réalité, ce sont ses doigts à lui, Gus, qui s'immiscent dans ses entrailles. Il les retire, les porte à sa bouche afin de les enduire copieusement de salive. Pour la première fois de sa vie, il goûte la saveur d'un anus par doigts interposés. Il les renvoie à leur occupation précédente. Les phalanges s'enfoncent de leur mieux, s'agitent dans la cavité anale pendant que d'autres continuent leurs actions masturbatoires. Il lève ses jambes, les appuie sur le mur à la tête du lit. Cette position permet une pénétration encore plus délectable. Gus imagine un gode l'enfoncer, le défoncer. Mentalement, le gode fait place à la queue d'Aubin qui pilonne son cul avec hargne, avec rage. Les tripes entrent en ébullition. La sève monte. Gus grogne, laissant échapper un geyser de foutre comme il n'en n'avait pas émis depuis longtemps. Le souffle court, le corps secoué de spasmes, il regarde couler les ultimes traînées de liquide blanchâtre. Il dessine, avec un doigt, des lignes de foutre sur son ventre. La semence se liquéfie un peu plus. Il s'essuie avec le drap de dessus. Cette nuit, il dormira dans l'odeur de son foutre séché. Le plaisir quasi inédit qu'il vient de prendre lui donne envie de recommencer. Toutefois, il demande quelque chose de plus consistant, de plus pénétrant. Cependant, pas question de s'aventurer dans un sex-shop pour acheter un gode: un mec comme lui ne s'abaisse pas à de semblables turpitudes, surtout en public. Il cherche dans la chambre, dans la salle de bain, ne trouve rien à sa convenance. Il s'allonge sur le lit, ouvre un tiroir de la table de nuit: la chose tant désirée s'y trouve avec un lot de capotes. Il avait presque oublié qu'il se trouvait dans un hôtel de passes.
Sacré morceau pour une première! 18 de long sur 5 de diamètre, à peu près. Gus reprend position: jambes en l'air, pieds appuyés au mur. Il lèche gravement, soigneusement, le gode dûment capoté. Il enduit ses doigts de salive qu'il porte à son anus et le mouille avec application. Il voit la queue d'Aubin s'aventurer entre ses fesses. Le dépucelage ne se passera pas sans douleur. Gus grimace tandis que le gode pénètre d'un centimètre. L'appréhension, certainement. Il sort l'engin, re-barbouillage de salive, seconde introduction. La sensation de remplissage envahit son corps entier. Il en veut plus. Il pousse. Une douleur irradie son fondement. Le bout de la queue artificielle vient de toucher un boyau, croit-il. Il attend une minute, ou deux, tout en se branlant avec la main libre. Sa queue, tissée sous l'effet de la souffrance, reprend vigueur pour redevenir belle et fière. Avec précautions, commence un lent pistonnage. Le gode coulisse tout seul, l'anus secrète sa mouille. Gus conclue qu'une vraie bite doit mieux glisser puisqu'elle produit sa propre mouille en plus de celle du cul. Il sent la tige d'Aubin fouailler ses intestins. Les élancements arrivent bien trop tôt. Il ne peut se retenir de continuer, d'accen le mouvement de pilonnage, d'enfoncer le gode au maximum jusqu'aux couilles. Il aimerait s'enfiler tout et au-delà! D'un coup, il s'assied sur le bord du lit, cul sur le cadre du sommier. Il procède au lever-baisser laissant un flot de sperme maculer draps, couvertures et parquet. Epuisé par ses efforts, il s'allonge sur le dos, gode dans le cul. Il s'endort, se jurant de donner sa pastille à Aubin, s'ils se revoient un jour entre les draps.
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Marie-Lou écoute attentivement Aubin. Elle le met en garde contre certains dangers, parmi lesquels celui de retomber sous la coupe de Gus, lui déconseillant de le revoir. Sur ces entrefaites, retour d'un Élias heureux de vivre, contant ses exploits.
Tout à sa satisfaction, il ne tarit pas d'éloges sur une rencontre avec un groupe de jeunes mâles plus désirables les uns que les autres avec lesquels il a rendez-vous vers 22h pour une soirée débridée. Il ponctue son monologue en montrant plusieurs photos prises à l'aide d'un polaroïd. En effet, les mecs semblent triés sur le volet. Jeunes durs désireux de faire valoir leur force musculaire, leur puissance mâle. Cependant, Aubin pousse un cri en partie étouffé:
<< - Mais où tu as traîné, Élias?
- Ben dans les rues chaudes du quartier que tu m'as parlé, hier. J'y ai fait une petite excursion, histoire de voir.
- Tu cherches quoi? Un mec qui devienne ton maquereau, c'est ça?
- T'es fou! Je voulais juste voir. Ils sont sympas, tous.
- Tu sais qui c'est, là, le grand, le plus âgé?
- Oui, il s'appelle Stan, leur chef. Bel homme, tu ne trouves pas?
- Beau mac, oui! Comment as-tu fait pour trouver Stan en une seule journée alors que la ville contient des millions d'habitants? Tu attires les emmerdes ou quoi?
- Tu le connais?
- Quelle question, bien sûr que je le connais! Il a tenté de me vendre à un vieux.
- Lui aussi? Décidément, tu les collectionnes! Comment ça s'est passé?
- On était quasi ensemble depuis plusieurs semaines. Tout allait bien, on travaillait même ensemble. J'avoue qu'il ne manque ni de charmes ni d'allant question galipettes. C'est, pour ainsi dire, un cador dans le domaine. Un soir, il m'a proposé une partouze. J'ai accepté, histoire d'améliorer l'ordinaire, d'autant qu'il était demandeur lui aussi. Un mec, assez âgé, pas très ragoûtant, s'est rappliqué avec Stan qui, dès que le bonhomme à mis sa main sur moi, s'est carapaté vite fait. Pas besoin de dessin: il me refilait au vieux. J'étais déjà passé par là, je connaissais la manœuvre. Le type a compris que je n'étais pas très chaud pour une séance de jambes en l'air avec lui en tête-à-tête. Je n'ai pas caché mon mécontentement, bien qu'il n'y soit pour rien. Il a râlé ferme, demandant que je lui rembourse les 500 euros qu'il avait donnés à Stan. Tu comprends ce que ça veut dire? C'est un mac qui empoche tout le fric que gagne son régulier. Et pour ta gouverne, c'est un copain de Gus. Deux frères macs, en somme. Tu vois un peu où tu as fourré les pieds?
- Je me disais aussi que le coin était mal famé… mais, alors, les jeunes qui étaient avec lui, ce sont des putes?
- Ça, je ne sais pas. Peut-être des macs en puissance. Qui sait! Ou des anges frôlant les ailes des démons. Mais, je serais toi, j'éviterais la partie de ce soir. Sinon, tu risques gros. Regarde-moi. J'ai eu beaucoup de mal à en sortir, et ça n'est pas fini.
- Alors, pourquoi tu veux le revoir, ton Gus?
- Ce n'est pas le problème. Moi j'essaie de me sortir de tout ce milieu, de faire une croix sur ce passé. Toi, évite d'y entrer, c'est aussi simple. Crois-moi, c'est plus facile d'y entrer que d'en sortir. Ce sont des gars sans foi ni loi. Ils ne respectent rien, pas même eux. Du gagne petit sans envergure si ce n'est la méchanceté gratuite, juste pour passer le temps, ricaner connement en se prenant pour des hommes purs et durs. J'exagère probablement, mais je ne suis pas loin de la vérité. >>

Élias ne paraît pas convaincu. Évidemment, se jeter dans les bras de Stan présente quelques aléas. Mais en s'y prenant bien avec prudence…. Aubin sent les hésitations, il les comprend, même. Cependant, il doit les combattre. Marie-Lou y va de son couplet un tantinet moralisateur, de sa sonnette d'alarme. Élias ne bronche pas, se renferme, en arrive à ne plus écouter. D'ailleurs, son plan est arrêté: accrocher le Stan au point de le rendre dingue amoureux de lui, veiller à l'aimer sans trop de passion, vivre avec lui quitte à l'entretenir mais pas au-delà. Un reste de sagesse lui murmure dans le cerveau: pourquoi? La réponse semble évidente à Élias qui la formule mentalement: une façon comme une autre d'acheter une certaine tranquillité, une certaine quiétude, une certaine sécurité, une certaine vie de couple, le tout sans avoir trop d'illusions. Il se pense fort, en tout cas assez pour mettre son plan à exécution sans courir trop de risque. En outre, Stan peut très bien changer s'il tombe amoureux. Cela s'est déjà vu à maintes reprises. Aubin l'observe, tandis que Marie-Lou continue sa leçon. Il devine que l'affaire est perdue: Élias rumine son avenir avant de passer à l'action. Il tente une ultime démarche en répétant par le menu tout ce que lui a fait subir Gus. L'autre écoute mais n'entend pas, se contentant de déclarer, une fois le silence revenu:
<< - Oui mais toi tu ne savais pas à quoi t'en tenir. Moi je sais.
- Mais tu ne sais rien de Stan! Ne me dis pas que tu as le coup de foudre au point de faire immédiatement ta vie avec lui?
- Non mais j'en sais suffisamment pour ce que je veux: un mec qui me protège. Oui, je fais la pute, alors je continuerai mais avec un garde du corps, en quelque sorte, que je paierai en l'entretenant. Auparavant, je l'aurai pris dans mes filets.
- Un garde du corps qui va t'envoyer des clients après avoir encaissé le fric sans que tu le saches! Te protéger? Il n'arrive même pas à se protéger. C'est un froussard! Tu aurais vu la tabassée qu'on lui a mis, Rémi et moi, quand j'ai découvert qui il était vraiment, tu comprendrais que le courage ce n'est pas son fort. T'aimer? Tu rêves éveillé, mon grand… >>

La discussion dure. Chacun tente de convaincre. Finalement, Élias décrète:
<< - … Tu ne sais pas ce que c'est de se voir rejeter par sa famille alors qu'on a toujours vécu avec elle, aimé comme ce n'est pas possible. Après cela, à qui veux-tu que je fasse confiance? Au moins, un mec comme Stan, on sait à qui on a à faire, aucune surprise donc aucune désillusion. Nous avons parlé, tous les deux. Il sait qui je suis. Je le branche, il me branche. Question baise, tu as raison, c'est un cador. J'ai eu un aperçu dans la ruelle. Et puis, passer une soirée avec lui ne veut pas dire l'épouser. Je verrais bien… >>

La seule promesse qu'obtient Aubin de la part d'Elias, c'est qu'il ne parle pas de lui à Stan. Le soir, le jeune fils de médecin quitte l'appartement de Marie-Lou, fier de lui, de ce qu'il entreprend. Toute la nuit, elle l'attend en compagnie d'Aubin. Il rentre vers 7h du matin, juste pour récupérer son bagage. Il n'admet aucune réflexion, aucun conseil. Bisous et au revoir!
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Un peu triste en songeant au devenir d'Élias, Aubin, vers onze heures, reprend la direction du bistro où doit certainement l'attendre Gus. Cette fois, il arrive par le bus dont l'arrêt se situe juste en face du troquet. En descendant, le passager aperçoit l'objet de sa venue à travers la vitrine, savoure le profil toujours parfait, selon ses critères, de celui qui fut son mac anonyme. Un goût de revenez-y le titille. Pourquoi pas? Il se cache derrière un kiosque à journaux lorsque la tête se tourne face à lui, inspectant la rue, le trottoir. Aubin a été suffisamment rapide: Gus ne l'a pas vu. Le premier, note le numéro de téléphone du bistro, affiché sur la devanture et appelle d'une cabine en demandant Gus. Une minute plus tard, celui-ci prend l'appareil, sursaute en entendant la voix:
<< - Salut Gus! Impatient de me revoir?
- Aubin, c'est toi? Où tu es?
- Qu'importe!
- Tu es revenu me voir?
- Pas spécialement mais je suis curieux de savoir ce que tu deviens.
- Tu es toujours accro, oui!
- Qui sait?
- Alors, qu'est-ce que tu veux? Pourquoi tu joues à cache-cache?
- Hôtel des 4 vents. Tu connais?
- Ben ouais! C'est là qu'on allait avant qu'on habite ensemble. Et c'est là que je suis, de temps en temps. J'ai mes petites habitudes, là-bas aussi.
- Bien! Je vois que tu n'as pas tout oublié, Gus.
- Je n'ai rien oublié, Aubin, rien!
- Pas même que tu me rouais de coups en jurant que tu m'aimais? Pas même que tu m'obligeais à faire la pute à mon insu et qu'en plus tu vivais à mes crochets?
- Tu exagères. Tout de suite les grands reproches.
- Non, tout juste la vérité. Je suis content de t'avoir parlé un peu. Je sais maintenant que je n'ai plus rien à voir avec toi. C'est tout ce que je voulais. Ciao, bello! >>

Sans laisser le temps à Gus de répondre, Aubin raccroche. Trente secondes plus tard, il voit l'autre reprendre sa place, finir son café, quitter l'établissement en observant les alentours au cas où il découvrirait son correspondant téléphonique. Il arrête un taxi, monte dedans. La voiture démarre, Aubin sort de sa cache. Il évite de justesse Michette dont la mine paraît plus florissante que la veille. Elle reconnaît la personne qui vient de la bousculer:
<< - Grands dieux! C'est toi ma chérie! La belle Aubin revient sur les lieux de son crime!
- Bonjour, Michette! Sois gentille de rester discrète.
- Mamour! Promis, juré, personne ne saura! Où étais-tu fourré tout ce temps?
- Fille de campagne, Michette.
- T'es folle! Là-bas, avec les crotteux! Quelle horreur!
- Et toi?... >>

Michette n'attendait que cette question pour enfin pouvoir débiter sa vie. Une suite d'événements plus ou moins importants. Le pire de tous: n'avoir pu se faire opérer, devenir une vraie femme, pour des raisons médicales. Elle se console comme elle peut, dit-elle. Certains tics prouvent qu'elle s'adonne au sniffage de lignes. Là réside son mode de consolation. Toutefois, elle s'est mise en ménage, avec un congolais aux armes puissantes, ajoute-t-elle, un clin d'œil coquin pour appuyer ses mots. Il ne travaille pas, reste à la maison devant la télé ou sort jouer aux champs de courses. Elle déclare l'aimer: il a peu de besoins, hormis ceux cochons dans un lit, sur la moquette ou en tout autre endroit pourvu que sa grosse queue pistonne un joli petit cul. Et, ma foi, Michette possède encore un très joli cul malgré l'usage intensif dont il fait l'objet. Lui, le bel ange noir, un soupçon jaloux, aime son confort en compagnie de ce garçon que ne l'est plus vraiment. Il respecte Michette, prend sa défense si nécessaire. La journée, elle travaille dans une compagnie d'assurances, habillée en homme, jamais maquillée. Le soir, elle déambule non loin de l'impasse où elle soulage les bourses mâles, celles porteuses de couilles avec queue à l'appui, en échange de quelques menues monnaies. Ses tarifs sont très abordables, comme elle d'ailleurs. Au demeurant, sa clientèle se compose, pour l'essentiel, de bureaucrates habitués et peu exigeants: passes vite exécutées se résumant, presque toujours, à une pipe avec éjaculation faciale. Elle se déclare heureuse. Suivent les détails de ses petits et gros malheurs de santé, ses déboires familiaux, ses questionnements sur la réalité des sexes. Actuellement, elle s'est mise en arrêt maladie. Aubin écoute. Ils marchent sans but précis. La faim tenaille les estomacs, surtout celui d'Aubin. Michette propose:
<< - Je t'invite à la maison. Tu connaîtras Dialo. T'inquiète, il ne te violera pas, même s'il n'arrête pas de lorgner tes fesses. C'est un obsédé des fesses surtout quand elles sont jolies comme les tiennes. Toujours aussi excitantes, Aubin, ces petites fesses adorables! Peut-être plus qu'avant. Alors, dis-moi tout, ta vie nouvelle… >>

Sans trop de précisions, Aubin parle de lui, n'insistant pas sur sa propre personne, en s'étalant longuement sur les Mathilde, Paulin, Rémi, Modeste et autres Mikael. Il omet sciemment l'épisode Stan sachant Michette très éprise du bonhomme, ne s'étant jamais vraiment remise de leur rupture des plus douloureuses, causée par le désir effréné de devenir femme, chez Michette. Stan s'est rebellé, déclarant qu'il aimait baiser les vrais mecs, pas les femelles. Aubin et Michette continuent de papoter alors qu'ils se trouvent dans l'ascenseur. Le premier soupire:
<< - Tu sais, mon mignon, que j'étais drôlement amoureuse de ton joli petit minois.
- Tu rigoles! Toi? De moi?
- C'est pourtant vrai. Moi, amoureuse de toi.
- Et tu ne m'en as jamais rien dit.
- Je sais que je ne t'intéressais pas.
- Comment peux-tu le savoir?
- Ces choses-là, ça se sent. Pas besoin de se les dire.
- C'était quand?
- Juste avant ton départ pour l'inconnu, fille ingrate que tu fus! Je te voyais en consolatrice de mon cœur affligé après la perte du grand Stan.
- Ça fait un bail qu'on ne m'a pas parlé au féminin. Excuse-moi, je n'ai rien vu.
- Normal, tu étais aveuglé par ton Gus, ma pauvre fille. Bon, nous y voilà. Allez mon chou! Les dames d'abord. >>

D'un pas autoritaire, Michette sort la première, fouille dans son sac à main, en extirpe un jeu de clés tout en constatant:
<< - Non mais! Démentes que nous sommes! C'est presque l'heure du goûter! Mon chéri va bouder. Il n'aime pas manger à des heures variables. C'est un routinier, mon homme! Avant d'entrer dans l'arène, merci ma chérie pour m'avoir écouté. Plus personne ne prête attention à ce que je dis, pauvre de moi! Je suis une fille esseulée. Heureusement il y a Dialo. >>

Le déjeuner se déroule en tête-à-tête. Dialo, ne voyant pas venir sa cuisinière favorite, pressé par les horaires de courses, s'est éclipsé, laissant un bref message fort touchant:
" Mimi,
Je trisse, les canassons attendent pas. Je reste pas trop longtemps, juste les quatre premières. Faut payer l'eau, ça râle qu'on est en retard.
Mon gros bout entre tes deux.
Dialo. "

Les mets sont excellents. Les deux "copines" ne cessent de bavasser. Aubin décide de raconter le passage de Stan au camping. Michette soupire tristement en écoutant. Aubin profite d'évoquer le sujet pour formuler une demande:
<< - Il fréquente toujours ton QG, Stan?
- Je le croise souvent. Il fait celui qui ne me connaît pas. Hier soir, il était avec sa nouvelle coqueluche, une certaine Élias, je crois.
- C'est justement de lui que je voulais te parler. Fais attention qu'il ne tombe pas dans les griffes de Stan. Tu vois ce que je veux dire?
- Bien sûr, ma chérie! Mais je ne peux pas grand-chose, tu sais. Si ça te fait plaisir, je te tiendrais au courant. Dis-moi si je me trompe, mais tu ne comptes pas rester parmi nous, n'est-ce pas?
- En effet. Je repars dans quelques jours, juste après une brève incursion dans mon passé.
- Gus, probablement?
- On ne peut rien te cacher.
- On se reverra avant ton départ?
- Juré! Demain midi, ça te va?
- Impossible! C'est le prix du Président! Je sors au bras de mon époux, avec capeline, crinoline et tout le bastringue. Grande dame, quoi! Ça lui fait un tel plaisir de s'habiller en grande tenue, moi à ses côtés! Le soir, d'accord!
- Mais c'est moi qui invite. Traiteur assuré!
- Va pour le gueuleton du traiteur! >>
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D'abord prévenir Marie-Lou qu'elle ne l'attende pas ce soir. Ensuite séance de sauna histoire de revoir quelques têtes jadis connues et fréquentées assidûment.
Au sauna, pas de têtes connues pour cause de fermeture définitive. Nouveau sauna, deux rues plus loin, avec population huppée. Ici, on baise mondain. Populo s'abstenir. Aubin retrouve certains tics du passé, du temps où il participait à la grande comédie des chéris du haut pavé. Certes, les beaux mecs ne manquent pas. Mais ils sont pris par leurs prouesses financières, leurs augmentations de pouvoirs envers les inférieurs, se déclarant définitivement incompris de tout ce qui n'est pas de leur milieu. Finalement, Aubin se cantonne à une séance pleine et entière de sauna, douche, piscine, massage, douche à nouveau. Le masseur, un magnifique valet pour folles croulant sous les principes et les objets hors de prix, reconnaît:
<< - Ça fait du bien de voir que les gens simples et normaux existent encore. >>

Pour remercier Aubin de sa présence il lui offre le grand jeu, sans complément financier. Les voilà dans une salle aux murs couverts de miroirs, comme le plafond. Le client voit son image en milliers d'exemplaires, partant de la grandeur nature pour aller au portrait timbre poste. Heureux de son cadeau, le masseur se déshabille complètement, arborant une splendide queue au courbé en l'air, d'une relative conséquence, disons dans les 22 à 23 de long pour un diamètre de 4 ou 5. Le reste du personnage s'avère pas mal du tout. La proposition alléchante se voit acceptée par un Aubin émoustillé. Illico, le masseur masse avec crème spéciale polissonnerie, insistant sur les fesses qu'il écarte afin d'y introduire un doigt inquisiteur. Foin des préparatifs, le monsieur va droit au but. La matraque bien capotée, il glisse son engin dans l'anus, montrant tout le brio dont il est capable. Aidé par de gros soupirs, il commence un pilonnage en règle. Depuis le début des ébats, Aubin conserve les yeux clos. Malheureusement pour lui, il les ouvre afin de contempler son enculeur. Apparaissent une palanquée d'Aubin se faisant enculer par une palanquée de masseurs dans une position qui n'a rien d'érotique selon lui. Résultat, l'enculé voit sa zigounette tisser à la vitesse grand V. Il découvre ne pas apprécier les jeux de miroirs durant les galipettes cochonnes, ne pas aimer se contempler faisant l'amour. Il a beau faire, rien n'y fait. Non seulement il ne bande pas mais il ne ressent aucun plaisir. L'autre ahane tant et plus, s'agite, sue. L'admirer devient corvée pour un Aubin dont l'anus se crispe, rejetant le braquemart à qui il interdit toute nouvelle pénétration. Dépité, le masseur fait plusieurs tentatives infructueuses. Aubin se décide à lui expliquer son problème. Le gars hausse les épaules, se masturbe avec acharnement jusqu'à évacuation de deux gouttelettes de sperme. Pris par sa jouissance, il ne voit pas son client quitter la pièce.

Déçu par sa séance de sauna, une fois douché, Aubin quitte l'établissement. Dans la première cabine téléphonique venue, il appelle l'hôtel des 4 vents: Gus a bien loué la chambre 11. Petite promenade sur les berges: couples et s profitent des derniers rayons de soleil automnaux, accaparant tout l'espace au détriment de la gente exclusivement masculine chercheuse de gente exclusivement masculine. Aubin hésite. D'un coup, il ne sent plus le courage le guider vers son but. Léger dîner dans une brasserie connue à la faune quelque peu hétéroclite pour ne pas dire interlope. Cela le distrait, lui redonne du baume au cœur, selon l'expression consacrée. Nouvel appel à l'hôtel: Gus à mangé sur place, dans leur restaurant. Il a regagné sa chambre où il attend, scotché devant la télévision. Aubin regarde sa montre: 22h30. Il prend le métro, direction l'hôtel des 4 vents.

Que de souvenirs! La réception, bien que rafraîchie, n'a guère changée. Surtout, toujours fidèle au poste, celui que tout le monde connaît sous le sobriquet de Mama, de son vrai prénom Giulio. Un curieux petit homme dont on ne compte plus les années. Le visage ridé, la peau jaunâtre, cet italien de souche règne sur son hôtel comme un tyran éclairé dans son royaume. Tyran parce qu'il ne passe aucun manquement à son personnel. Eclairé parce qu'il ne passe aucun manquement de la part de la clientèle. Son établissement, fréquenté à 90% par les gays, étincelle de propreté. Rien de luxueux: les tarifs pratiqués ne le permettent pas. Mais de l'ordre, de la discrétion, du fonctionnel. Ajouter à cela la possibilité de se faire monter un dîner d'amoureux.
Jadis, Mama s'attachait amicalement, presque paternellement, à un jeune homme, qu'il tentait de retirer des griffes d'un certain Gus. Ce jeune est là, devant lui, tout ému de le revoir. Les bisous claquent sur les joues, l'étreinte chaleureuse montre l'estime mutuelle qu'ils éprouvent. Ils s'observent sans mot dire, se sourient, s'étreignent une seconde fois. Ils s'installent dans la petite pièce, en retrait de la réception, servant de salle de repos. Mama s'affaire devant la cafetière, murmure:
<< - Alors, comme ça, tu veux repiquer au truc. Cinq ans avec lui, ce n'étais pas assez? Quand tu es parti, je pensais: enfin il se libère. Je me suis trompé?
- Oui, Mama. je voulais le quitter, me libérer, comme tu dis. Je crois que j'ai réussi. Mais j'ai besoin d'une confirmation. Depuis mon départ, je l'ai toujours dans la tête. Il est grand temps que je l'en retire. Je suis certain que c'est en le revoyant que j'y arriverai. C'est pour ce soir.
- Alors, si tu crois que c'est indispensable… Tu sais, je ne suis pas psy, mais j'ai la certitude que lui t'attend avec impatience, comme un amoureux transi. Il t'a dans la peau, c'est une évidence. Il est venu plusieurs fois, avec des rencontres d'un soir, d'une heure, même. Mais il avait perdu ce côté beau coq qu'il arborait avec toi. Il parlait de votre vie commune, quand ça n'allait pas très fort. Pourtant, depuis quelques mois, je le croyais guéri de toi. Remarque que rien n'avais changé chez lui, mais il ne parlait plus de toi. Et puis, vers midi, il a déboulé, excité comme une puce voyant un chien à squatter. Il a fait monter du champagne, des pâtisseries, celles que tu aimes, je m'en souviens. Il a acheté des fleurs. J'ai compris que je te reverrai… >>

Chacun se raconte, à voix basses, guettant de temps à autres un éventuel passage de Gus.

Vers 2h30, prenant un passe partout, Aubin gagne la chambre 11. Il connaît le légendaire sommeil de plomb de Gus. Rien ne le réveille, aucun bruit, aucune lumière, mis à part, peut-être, le froissement d'un gros billet de banque tout près de son oreille. La porte se referme doucement. Un léger ronflement emplit la pièce. Respiration régulière, corps immobile. Aubin se dévêt, s'allonge contre Gus, bite entre les fesses de celui-ci. Il ne bouge plus. S'endort à son tour, le cœur battant mais la sérénité retrouvée.
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Des bruits de pas proviennent du couloir. Les femmes de ménage commencent le nettoyage des chambres. Aubin reconnaît l'odeur du café puis celle du chocolat chaud, des croissants au beurre, des brioches au beurre. Il sourit en se disant que nulle part ailleurs on ne trouve de tels trésors culinaires fabriqués à l'ancienne par une Mama soucieuse du palais de ses locataires provisoires. Ces odeurs lui rappellent son enfance, lorsqu'il passait devant le boulanger en allant à l'école. La queue d'Aubin, gonflée par la trique matinale, commence un jeu de frottements entre les fesses d'un Gus, toujours profondément endormi, qui grogne, se met face à face de l'amant dont les lèvres se posent sur les siennes. D'une voix caverneuse, éteinte, le dormeur constate:
<< - Ça y est, tu t'es enfin décidé!
- Tais-toi, dors. >>

Seconde séance de grognements affectueux et Gus se retourne, reprenant sa place initiale. Aubin l'imite, bite entre les fesses de l'autre qui ajoute timidement:
<< - Vas-y, mon cul est à toi. Fais-en ce que tu veux, j'ai commencé au gode. >>

Une langue laboure son dos. Des doigts griffent tendrement ses chairs. Gus veut rester dans cette sorte de semi coma, de sommeil qui n'en est pas véritablement un. Il se cambre tout à fait. Il aime cet état second où tout est réalité dans le rêve à moins que ce ne soit le rêve dans la réalité. Aubin att un préservatif qu'il avait pris soin de glisser sous l'oreiller. Gus l'apostrophe, outré mais chaleureux:
<< - Pas la peine, je suis clean. Je te fais confiance, moi.
- Justement, Gus, moi je ne te fais plus confiance. Contente-toi de sentir ma queue dans ton cul et ferme-là pour une fois, s'il te plaît!
- Houlà! Volontaire la petite chérie! Un vrai commandant en chef! Allez, râle pas, fourre-moi! Depuis le temps que j'en ai envie! Mais gaffe, c'est encore délicat cet endroit, pour mézigue. L'abîme pas si tu veux t'en resservir un jour. >>

La queue, enveloppée dans son préservatif, se fait prudente dès les abords puis l'entrée de l'orifice. Elle pénètre par à-coups, grandement aidée par la quantité généreuse de lubrifiant. Gus se détend au maximum, souhaitant se rendormir dès l'intromission complète. Il veut se réveiller, vers midi, enceint d'Aubin. Cette pensée provoque un sourire de sa part. Maintenant, il devine la bite entièrement en lui. Elle ne bouge pas. Son enculeur non plus qui s'endort. Deux amants, connectés l'un à l'autre, se complaisent ainsi, dans une sodomie inerte en quelque sorte. Les fesses serrées veulent conserver le bâton entre elles. Le bâton, lui, continuellement raidi, se laisse emprisonner. Réveil à nouveau, dû au brouhaha provoqué par l'arrivée de clients, à moins que ce ne soit leur départ. Gus ronfle encore, la queue d'Aubin restée en lui. Un Aubin qui, les sens aux aguets, décide d'activer les ébats. Il enlace son amant, lui taquine l'intérieur de l'oreille avec sa langue. Sans jeter un seul regard, il manœuvre de sorte à entamer la fiesta. Sa tige quitte l'antre chaude et humide avant d'y pénétrer à nouveau. Il s'écarte afin d'observer les opérations. Il savoure cet instant, contemple les jolies fesses, velues à souhait, remarque les plis formés par la bite encapuchonnée qu'il pousse à fond, comme s'il voulait l'envoyer promener dans tout le corps offert. La queue sort entièrement, rentre, recommence le manège. La voilà totalement engloutie par l'anus palpitant devenu vorace. Gus murmure sur un ton suave:
<< - Je savais que ça me plairait vachement. J'aurais dû commencer plus tôt. Mais je t'attendais. Avant, je ne savais pas ce que je voulais. Je m'ignorais, en quelque sorte.>>

Il remue ses fesses, s'arc-boute afin de recevoir la langue d'Aubin sur la sienne. Le baiser s'éternise, la salive coule le long des commissures. La bite continue son forage aux va-et-vient de plus en plus rapides. Une main d'Aubin se glisse entre les draps et le corps de Gus pour atteindre la grosse queue du faux mac qu'elle branle au rythme de la sodomie. Les corps se crispent, se tendent. Les gorges émettent des sons gutturaux laissant les queues éjecter leurs giclées de foutre. Gus, d'une voix émue, presque éteinte, grommelle:
<< - Putain! Je savais que ça serait bon avec toi. J'en étais sûr. >>

Les esprits se décontractent, les muscles également. Le marchand de sable passe une fois de plus. Gus soupire d'aise, promettant de ne pas cacher plus longtemps son bonheur à celui qui vient de lui donner tant de plaisirs, mais uniquement à lui.

Lorsqu'il se réveille pour de bon, espérant tremper son gros goupillon de chair dans le bénitier anal d'Aubin, selon son expression favorite, il trouve la place vide. L'œil chassieux du matin, il cherche un indice, un mot, une explication. Envolé l'amant adoré! Gus sent un picotement aux yeux, ses lèvres tremblent de façon inconnue pour lui. Il se ressaisit, enfouit son visage dans les draps, cherchant l'odeur de l'absent. Il se morigène: un mec comme lui, ça ne chiale pas! Un instant il hésite: rêve ou réalité, cette nuit? Une tâche de sperme confirme la réalité. Est-ce celui d'Aubin? Oui, c'est le sien. Gus a joui sur le côté, lâchant son foutre sur et en dehors du lit. Il pose sa joue sur la tâche, essaie de se rassurer:
<< - Il reviendra, mon Aubin, il reviendra. Et alors là, je lui dirai! >>

À suivre …

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