Pot De Colle 11

Louis a bien bu, s’excuse, demande où sont les toilettes, libère sa queue de la main possessive de ma femme. Je ris et je chantonne :

- Elle tient le diable par la queue.

Myriam prend sur les joues un degré supplémentaire de rouge, cesse de rire béatement et m’interroge :

- Jean, pourquoi te moques-tu ? Ne nous sommes-nous pas bien débrouillés ? C’était bien ou non? Nous sommes seuls, soit franc :

- C’était techniquement parfait. A ton âge et avec ton expérience il serait désolant de ne pas savoir danser.

- Donc, c’était bien. Merci. Et est-ce que cela t’a plu ?

- Mon amie, il ne faut pas me poser cette question. Elle me ferait perdre mon désir d’objectivité. Je suis juge, je dois oublier que j’étais partie.

- Comment, ça ne te plaît pas. Pourquoi ? Je fais tout ça pour te faire plaisir. Tu as discuté longtemps avec Louis et vous avez prévu tous les détails de ce qui est déjà réalisé et de la suite. Tu souhaites bien voir comment je me comporterai dans les bras de Louis. Ça t’excitera de me voir unie à un autre homme, de découvrir, vues de l’extérieur, mes réactions lorsqu’il me pénétrera et me fera jouir. Dis, je ne me trompe pas ?

- S’il te plaît de le croire, ce peut être vrai. Généralement les hommes normaux adorent assister à ce type de spectacle. Tu as appris ça au catéchisme. C’est si beau de lire la jouissance de sa femme lorsque un étranger la soumet à ses assauts amoureux.

Myriam me scrute. Elle sent bien un grain d’ironie dans ma déclaration, se demande si je suis sincère ou si je grince des dents. Mais je n’ai pas condamné sa conduite explicitement, n’est-ce pas : la preuve que je prends mon pied à la voir disposée à enrichir mon expérience. Elle doit se promettre de m’en donner pour mon argent et elle arrête de se poser des questions quand Louis, toujours aussi flamboyant bite en l’air, lui tend la main. Je l’arrête :

- Louis, le champagne tiédit, faites un petit effort, aidez-moi à vider cette bouteille.



C’est du bon et sa façon de faire cul sec me désole. Il ne sait pas déguster le salopio Myriam attendrie reprend les choses en main, veut tirer , se ravise et demande :

- On continue dans la chambre ou sur le canapé ? Jean que veux-tu ?

C'est étrange, elle me reconnaît une certaine autorité chez moi. Je lui dirais bien d’arrêter ce cirque écoeurant. Cesserait-elle pour autant de masturber ce truc tenu en main? Et si elle cessait « pour me faire plaisir » que ferait-elle demain et après? Elle a assez donné de son corps pour que je divorce. Elle me croit candauliste, assez détraqué pour aimer être cocu et assez vicieux pour assister avec joie à sa débauche. A ce degré d’incompréhension entre mari et femme il devient inutile d’espérer une amélioration. Elle est complètement incapable de sentir à quel point sa passion me désespère. Jamais, avant la venue de Louis, je ne lui ai recommandé de me fournir le spectacle d’un rapport sexuel avec un tiers. Il lui plaît de me prêter ce vice parce que cela l’arrange et lui permet d’assouvir son désir de copuler avec Louis. Pour toute réponse je lui demande de protéger le canapé en étalant une alèze et éventuellement un drap. Elle ose me demander de chercher ces protections dans l’armoire de la chambre.

- Non, comme c’est le canapé que tu as acheté pour mon anniversaire, je me moque de l’état dans lequel vous le mettrez. Mais peut-être voulez-vous faire un ?Débrouillez-vous, vous êtes en âge d’assumer.

- J’ai compris, j’y vais. Un ? Ce n’est pas pour demain, combien de fois te l’ai-je répété.

Louis s’amuse de ce début de querelle conjugale qui va encore faciliter sa main mise sur Myriam. Au passage Myriam murmure que je ne suis pas gentil. Je réplique :

- Tu peux aussi emprunter ma boîte de préservatifs; je n’en aurai plus l’usage.

-Merci, Jean. Je n’osais pas …

Louis a ramassé son pantalon et déclare conciliant et partisan zélé de la paix des ménages :

- C’est inutile, j’ai tout ce qu’il faut dans ma poche.
Je choisis toujours des préservatifs de première qualité, doux au toucher, très fins et sans effets allergéniques. Merci quand même Jean, c’était sympa.

Je suis Myriam dans notre chambre. Pour réveiller son bon sens je lui demande :

- Comprends-tu maintenant ce que Louis venait faire ici ce soir ? Quel espoir il nourrissait ?

- Oui, il me rapportait mon téléphone. Tu l’as entendu toi-même quand tu as imité ma voix pour le tromper et l’espionner au téléphone.

J’abandonne. Est-ce de la mauvaise foi ou un aveuglement obsessionnel ? Ou elle se moque de moi ou elle est devenue sourde, aveugle et idiote. C’est un cas désespéré. J’aurai la satisfaction de les avoir s à porter une protection. Ce serait un comble de laisser Myriam partir enceinte de ce séducteur professionnel. Je me souviens que Sabine m’avait averti du danger représenté par cet individu alors que ma femme se lovait entre ses bras; je me sens coupable de ne pas avoir transmis le renseignement à Myriam, un peu faute de temps entre samedi et aujourd’hui, et parce que j’espérais ne plus le retrouver sur mon chemin. Mais m’aurait-elle entendu, aurait-elle compris le message : elle est comme frappée d’autisme quand on lui parle de Louis. Les bras chargés elle repart vers le canapé.

Ils étendent consciencieusement les deux couches de protection. Louis s’assied, sceptre dressé dans son poing. Myriam se prosterne à genoux entre ses jambes, tâte le sexe et son annexe gonflée, soutient les bourses par-dessous. Je ferme mes paupières mais j ’entends leurs rires complices. Encore heureux s’ils ne me supplient pas de tenir la chandelle pendant leurs accouplements. Le séducteur rirait encore plus fort de m’humilier en m’obligeant à assister aux orgasmes de ma femme sous ses coups de reins. Elle exagérerait ses gémissements de femme sublimée pour justifier l’adultère et m’attendrir.

Don Juan proclame qu’il la désire, . La possédera-t-il par la persuasion ou par la force ? Les prémices me font pencher pour la persuasion.
Elle m’appelle, attire mon attention. Myriam aimerait se partager, ou me faire participer en me tenant près du canapé. C’est-ce que je craignais.

- Jean viens me donner la main, aide-moi.

Elle peut toujours courir. Lui tenir la main pendant l’acte serait la déculpabiliser au cas où elle pourrait éprouver des remords, ce qui n’est pas certain. Et l’aider à quoi ? J’envoie une pique pour les déstabiliser. Pourquoi suis ironique? Je veux faire mon deuil de sa trahison. Ce n’est pas aussi simple que je le souhaiterais. J’ai des réactions à fleur de peau, une sorte de souci de protéger une femme que j’ai aimée, malgré elle et à cause de sa faiblesse psychologique du moment. Et si je rabaissais le caquet de ce coq trop hardi :

- Tu n’as rien à craindre, il n’est pas monstrueux, tu n’as jamais eu besoin d’une main étrangère quand nous nous aimions. Ce que tu agites entre tes doigts de pianiste est une queue ordinaire. Elle entrera en toi sans difficulté et sans douleur.

- Oui, mais elle est dure depuis mon arrivée. La tienne baisse la tête quand elle fatigue ou n'est pas caressée, pas celle-là. Aide-nous, participe. Après tu prendras goût à partager, à me partager avec Louis. Nous pourrons le recevoir deux ou trois fois par semaine, comme ce soir. Tu pourrais rester et alterner les coups ou tu pourrais aller faire un tour pendant que nous nous adorerions dans la chambre à coucher. Tous les autres jours je serais à toi tout seul. Je changerais les draps chaque fois. Tu n’aurais pas à redouter des m.s.t.. Tout se passerait dans les meilleures conditions d’hygiène.

-Excuse-moi,, je croyais avoir été bien clair. Je ne mange pas de ce pain. Pour la dernière fois écoute ceci : ce sera lui ou moi mais jamais lui et moi. Au train où vont les choses, ce sera LUI sans moi.

-Jean, han, han !

- Non, faites votre test et qu’on en finisse. Louis tu as raison de te réjouir.

Je ne suis plus d’humeur à supporter longtemps leurs œillades, leurs roucoulements, leurs chatteries.
Que Myriam prennent ses responsabilités, qu’elle tranche, quitte à se faire troncher : une situation claire me consolera de sa perte, acquise à l’heure qu’il est. Maudit soit le téléphone. Maudite soit l’inconstante.

Elle occupe toujours sa position aux pieds de son maître, fait aller et venir entre ses deux mains l’infatigable harpon. Quelques coups de langue amusent la goulue mais ne font ni grossir ni grandir la flûte à bec. C’est chaud. Elle est chaude. Louis a chaud bien qu’ils soient à poil. Les mains de Louis pressent les seins délicats, les pincent, les triturent. Ma femme glousse de plaisir et de douleur mélangés. La pointe des aréoles roses durcit sous les baisers et les frottements. J’entends le chant d’arrière gorge de Myriam émoustillée.

Elle se redresse sur ses escarpins en réponse à un ordre sourd. Louis l’imite, debout ils s’embrassent encore. Sous la poussée de Louis, Myriam s ‘allonge sur le dos, Louis s’allonge à son tour sur elle, à l’envers. Le soixante-neuf donne possibilité aux deux amoureux d’être actifs en même temps. Lui a écarté les cuisses , a poussé un petit pied de la femme hors du canapé, à terre, il a ensuite relevé l’autre genou contre le dossier et maintenant il fouille de son groin le sexebéant. De ma place je ne vois pas l’intérieur qu’il ravage avec des cris de goret. A l’autre bout ses fesses montent et descendent régulièrement et je distingue nettement le mouvement de piston de sa trique vers la bouche.

- Bon sang, lâche la voix de Louis, tu aurais pu te raser les poils, c’est désagréable. Ça chatouille dans la gorge. Merde, j’en ai un qui est coincé dans les dents.

Je ris pour une fois. Myriam fait habituellement soigner par son esthéticienne un tapis de poils dont elle est fière, qui indique la direction du garage à bite par une flèche, ou qui dessine un cœur en déclaration d’amour. Elle tient beaucoup à conserver une fine moustache sur les bords des grandes lèvres.Cette coquetterie passait avec moi. Louis doit l’ignorer et ordonne :

-Sois rasée demain si tu veux que je revienne.

Dit-elle: Oui ou Louis. Je ne sais, elle a parlé la bouche pleine.

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