Chute De Roller 2

CHUTE DE ROLLER 2


Ce texte est la suite de « Chute de Roller ». Ne supportant pas de laisser une fin de récit sans happy-end, je me devais de réparer la chose. Je crois avoir réussi. Bonne lecture.
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Chaque jour ne se passe sans que j’ai une pensée pour Louise. Ma petite Louise, ma dulcinée, mon amour, ma vie.

C’est complètement idiot d’être à ce point addict d’une personne qu’on a connu uniquement pendant 24 heures. Certes, ces 24 heures ont été d’une folie furieuse avec la découverte de l’amour physique entre et avec 3 filles, mais pendant ces 24 heures, j’ai aussi été happé par une nana qui m’a envahi le corps, le cerveau et le cœur.

Je n’arrive pas à me raisonner et quoi que je fasse, Louise est toujours présente en moi et absente à côté de moi. A chaque situation vécue, je ne peux m’empêcher d’imaginer de la partager avec elle. C’est dingue mais je ne peux pas faire autrement. Que ce soit la semaine, le week-end, pendant mes sorties de sport, mes voyages et tout ce qui touche à ma personne, j’ai l’impression de vivre une vie parallèle et virtuelle avec Louise. J’en viens à imaginer les dialogues que nous pourrions avoir, les choix en commun et les rêves que nous pourrions avoir. Ca fait mal quand je me réveille de cet état second et que je m’aperçois de ma solitude. Le temps passe et j’arrive difficilement à retrouver un équilibre de vie classique.

Je ne peux pas me promener dans la rue sans m’empêcher de chercher dans les femmes croisées le visage de Louise. J’ai toujours le fol espoir de la retrouver à la croisée d’un chemin ou dans les rayons d’un magasin quelconque. J’ai vu Louise une seule fois habillée et j’ai donc du mal à l’imaginer dans un style différent de celui que je connais. Comment pourrait être sa coiffure ? Comment reconnaître sa taille et sa silhouette dans la foule ? Où peut-elle vivre ?

Je ne me demande même pas avec qui elle peut vivre car cela ne m’inquiète pas du tout.

J’ai la certitude qu’elle m’attend. Du moins, je suis persuadé qu’elle attend le moment de me rejoindre. Je ne sais pas pourquoi mais c’est une évidence pour moi. De temps en temps, je me prend pour le dernier des imbécile tellement j’ai l’impression de vivre un roman à l’eau de rose ! Comment, moi, un homme ayant déjà vécu l’amour et les sensations associées, je peux en être arrivé à ce stade ? Je ne me comprend pas !

Cela fait déjà presque 1 an que j’ai vécu ma fabuleuse aventure avec Louise et ses copines. Mes lettres me reviennent depuis maintenant 6 mois et mon espoir de revoir Louise un jour s’effondre jour après jour. Quelque part, le fait que mes lettres me reviennent m’aident à prendre la décision d’oublier Louise. Je me force à reprendre ma vie en main. Je tente régulièrement de rencontrer d’autres personnes, de faire des sorties. Je commence même à regarder des filles presque sans penser à Louise. Presque…

Lorsque je fais du Roller sur la fameuse piste cyclable et que je passe à l’endroit où je m’étais vautré dans les ronces, je ne peux m’empêcher de m’arrêter. D’une part, ça me sert de moment de repos mais cette fausse excuse cache aussi une sorte de besoin, de pèlerinage, de recueillement. Il y bien longtemps que la nature a repris sa place et tout est devenu purement un souvenir. A chaque fois que je repars, j’ai l’impression d’avoir pris la ferme décision de passer à autre chose, de continuer à vivre, d’avancer dans la vie sans être accroché à un souvenir, une image, un rêve, un espoir impossible. J’y arriverai…

8 mai. Ca y est ! Nous voilà au 8 mai ! 1 an jour pour jour. L’anniversaire. Le premier. Celui qui doit être le dernier car je dois passer à autre chose. Je refuse de laisser une journée de ma vie et la rencontre fugace d’une personne me coincer le reste de mon existence. Je décide. C’est dur mais je décide. Aujourd’hui, je vais faire mon dernier pèlerinage sur le lieu de ma rencontre avec Louise et je vais lui dire « adieu ».
C’est une décision qui doit être ferme. Je chausse mes rollers qui gardent toujours quelques traces de la chute ou est-ce une idée ? Le prochain week-end, j’irai les changer et les foutre à la benne pour ne plus rien avoir qui me rattache à ce jour que je commence à maudire. Adieu Louise…

Je roule sur la piste cyclable en appuyant sur les quarts. Rien à voir avec ce fameux jour car je suis sûr de moi. Je maîtrise mes gestes. Je gère correctement chaque mouvement. Je suis maître de ma destinée. Je tourne en boucle dans ma tête le fait que je suis le seul maître de ma vie et j’use de la méthode Coué pour motiver mes décisions. J’entame la longue ligne droite pour la dernière fois. Oui, la dernière fois car, ensuite, je changerai d’itinéraire et jamais, je ne reviendrai sur cette piste. Jamais, je ne retournerai vers l’ancien appart de Louise. Jamais plus. Jamais…

J’anticipe le tournant et, doucement, je laisse mourir mon élan jusqu’à mon pèlerinage. Un petit demi-tour pour casser ma vitesse et je m’arrête dans un petit tourbillon pile sur le lieu hanté. Je me retourne et personne ne peut me voir, ni m’entendre. Comme un fou délirant seul, je parle à voix haute et dit adieu à Louise. Je la libère de moi ou plutôt, je me libère d’elle, ce qui serait beaucoup plus vrai ! Je lui demande pardon d’être resté accroché à elle. Pardon de l’avoir aimé comme un fou au delà du raisonnable. Pardon de l’avoir traité comme un bout de chair que l’on prend et qu’on jette. Pardon… Mais, n’est-ce pas à moi que je dis « pardon » ? Pardon de m’être détruit pendant un an avec une image souvenir. Assez… Je repars vers le bout de la piste et j’accélère au maximum de mes capacités. Je dois la faire partir de ma tête… Oublier…Vivre…

J’arrive au bout de la piste qui se termine avec l’intelligence d’un bureaucrate à la fin de ces heures de travail ! Un bout d’asphalte qui s’arrête d’un coup juste avant… rien. Un peu comme ma vie depuis un an ! Le parallèle est rigolo et je fais demi-tour pour continuer la piste de ma vie.
Le retour est plus léger. Je regarde la nature, les maisons, les animaux, … Je vie le moment sans contrainte… C’est bon ! Le petit passage dans les bois arrive, je m’amuse à zigzaguer en prenant un plaisir à voler au dessus de mes roulettes. Je ne me force presque pas à ignorer le bord de piste et je passe librement. Librement… Librement… Mais !

Une alerte vient de s’allumer ! Une tâche ! Une erreur ! Un mystère qui me fait me retourner tellement vite que je risque de perdre la stabilité et de me précipiter dans une nouvelle chute. Là ! Sur le bord de la piste, à l’endroit même où… Je m’arrête dans un Slide impeccable et regarde de loin cette bizarrerie. Non ! A mon précédent passage, il n’y avait rien ! Dans ma tête, un conflit commence. « Pars ! » me dit ma raison, pars loin et accepte ta décision, retourne toi et avance dans ton avenir. Oui… Non… Ah ! merde ! Je veux savoir et j’avance comme un automate vers cette tâche de couleur qui gêne mon équilibre mental. Une rose…

Une rose est posée sur l’endroit même de mon pèlerinage ! Une belle rose d’un rouge vif avec un petit ruban de tissu accroché sur la tige. Est-ce mon imagination ou non ? Une erreur ? Le hasard ?… Trop gros ! Je n’ose toucher cette fleur de peur qu’elle ne s’évanouisse, ou s’enflamme en me consumant tout entier. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est ment le hasard ! Mais est-ce possible que ce soit aujourd’hui que le hasard me joue ce tour ? Ma main s’avance et touche du bout des doigts cette fleur. Je suis à genoux sans m’en être rendu compte. Un robot ! Je suis un robot qui obéi aux ordres de mon inconscient sans aucun contrôle. Je prend la fleur et la lève doucement comme si elle allait tomber en poussière. Le petite voix qui crie « Pars » est devenu aphone et regarde avec moi cette fleur. Serait-ce possible que…

En soulevant la rose, le ruban se libère d’un pli et laisse apercevoir quelques écritures. Curieux, je déplie le ruban et lit. Une décharge dans tout mon être ! Un frisson ! Un voile devant les yeux… non, des larmes ! Quelques lettres manuscrites, une dizaine de petites lettres et je chiale comme un gosse à qui on a écrasé son jouet préféré.
Je frotte mes yeux et relis le tout petit mot écrit d’une écriture arrondie et très lisible. « Je t’aime ». Le sens du hasard s’évanoui. Il n’y a pas de hasard, juste un destin écrit auprès de qui, l’homme n’a aucun pouvoir. Mon esprit est dans une brume épaisse. Toutes mes idées, mes certitudes, mes soi-disantes décisions, tout s’entrechoque, tout explose. Un feu dans la tête. Un éblouissement. Un blanc intense puis une idée. Une idée représentée par un mot unique, puissant. Une évidence dans un prénom prenant une importance encore jamais atteinte. « Louise »…

Je me réveille et tout mon organisme trouve une force cachée. Je me sens bien, grand, puissant, décidé. Un seul objectif. J’ai quelques secondes pour réfléchir et faire les bonnes réactions, les bonnes conclusions, les bonnes actions. Ai-je vu une personne sur la piste en venant ? Non ! Conclusion… Pas de retour sur mes pas. Combien de temps ai-je mis pour faire l’aller-retour ? A peine 20 minutes, donc il me reste à peine 5 minutes pour foncer sur le début de la piste, là où la route peut permettre à une personne à pied de reprendre sa voiture et disparaître. Action… Je me lève d’un bond et efface mes larmes d’un revers de manche revanchard. La rose ? Je la jette dans les ronces, là où personne n’ira me la prendre. Là où est le vrai endroit de pèlerinage. Je fonce…

Je vole à la franche limite de la chute. Je regarde loin mais rien ne ressemble à une silhouette humaine. Plus vite ! Plus vite ! Cette ligne droite n’en fini pas ! Je rage de ne pas avoir une fusée accrochée à chaque patin pour aller plus vite. Si j’avais le pouvoir d’arrêter le temps, je pourrais figé le moment présent et prendre le temps de fouiller chaque recoin de la région pour trouver le coupable de ce dépôt à l’endroit le plus important de ma vie. Ma vie ! Cette petite ligne dans l’existence du monde ! Cette poussière dans l’univers ! Je me défonce le souffle et mes forces pour me battre à rendre ma poussière de vie plus belle, plus différente, plus idéale. Au détour d’une longue boucle, je crois avoir aperçu quelqu’un, quelque chose mais une habitation me cache rapidement la vue. Je construis de mémoire la topologie de la piste, une carte se dessine rapidement et je tente d’anticiper toutes les solutions pour piéger ma cible…

J’atteins la maison qui me cachait l’image fugitive et je me retrouve devant ce que j’avais peur. Deux directions possible. La fin de la facilité. Le début du choix. Ce fameux choix qui pousse au deuil de l’un des deux. Non ! Ce n’est pas un choix, c’est une alternative, un conflit intérieur intense et, surtout, une décision à prendre… La bonne. A droite, un vélo s’échappe doucement. A gauche, rien mais la vue est courte. Je vais à droite à pleine vitesse et ensuite, on avisera. Je démarre avec l’accélération la plus fantastique jamais réalisée. Le vélo est ma cible. Pas de robe au vent. Juste un jean et mon approche à une tendance à faire monter en moi une colère immense. J’ai envie de taper ce cycliste car il m’a fait perdre mon temps, mon précieux temps. Arrivé à sa hauteur, je freine et demande à l’homme si il a vu une autre personne sur la piste, une jeune femme seule ou non. Surpris par mon apparition, il réfléchi longtemps, trop longtemps et fini par hausser les épaules avec la réponse négative malheureuse. Vite ! Une autre décision… Une autre réflexion… La bonne ! S’il vous plait mon Dieu, la bonne ! J’en vient à prier…

Je freine et fait un demi-tour pour foncer dans l’autre sens et rattr mon retard. Combien ? Deux minutes… Une éternité. Je suis en nage. Je dois être rouge et mon souffle commence sérieusement à me manquer. Je passe toutes mes réserves dans l’effort ultime pour accélérer encore plus vite, encore plus longtemps. Je rejoins le carrefour et attaque l’autre côté de la piste. Vite ! Cette piste arrive sur un parking et sur la route principale qui permet à chacun de s’enfuir dans sa vie, dans la ville, dans l’inconnu. La dernière ligne droite avant le parking. Personne en vue. Je rage ! Une rage tellement puissante que je pourrais mordre, hurler, ! Je débarque sur l’espace du parking à pleine vitesse, au risque de heurter une voiture. Heureusement pour moi, rien ! Enfin… pas de voiture en mouvement ! Louise avait quoi comme voiture ? Un flou ! Vite… Rouge ! Elle était rouge ! La sueur et le souffle court m’empêchent de voir clairement mon entourage. Je tourne une fois, deux fois dans tous les sens mais rien n’accroche ma recherche vive. Pas de rouge ! Excepter ma colère qui passe à l’écarlate. Mon élan me donne la possibilité de faire un tour complet de ce petit parking mais rien de rouge. La détresse fait place à l’excitation. Je suis abattu. Mon esprit est vide, mon regard perdu dans un rêve, un espoir déchu. Un mouvement dans l’extrême limite de mon regard…

Deux tours de ce parking et rien de vivant. Une dizaine de voitures arrêtées et rien d’autre. Puis, ce mouvement. A droite, je tourne la tête. Vertige !

Un moment d’absence. Un arrêt dans ma vie. La planète s’arrête de bouger. Tout se fige. Je suis le mouvement dans cette immobilité et j’heurte un obstacle. Je tombe lentement. Tout est au ralenti et blanc. Perdu les bruits. Perdu les émotions. Perdu !

Blanc… Des fourmillements dans les membres, la tête. Un bourdonnement sourd écrase tous les bruits alentours. Je vole dans un nuage de coton sans arriver à me sortir de ce cocon. J’entend des sons qui ne veulent rien dire, qui n’ont aucun sens. Mes membres retrouvent le sens du contact. Je me réveille doucement… Les sons prennent un sens et mon esprit travaille avec une grande difficulté pour reconstruire la cohérence des informations reçues par les organes en phase de réveille. Une voix ! Oui… une voix. Le regard est toujours blanc. Les images n’arrivent pas. Je décide de bouger mais les membres ne répondent pas. Trop tôt ! Le temps n’a plus de valeur. Combien de temps dans ce nuage ? Aucune idée !

Les sons prennent décidément une forme très distinctes. On m’appelle. On me supplie de revenir. Mais, je suis là. Dans mon corps, je suis là. Pour les sens venant de l’extérieur, c’est autre chose ! J’ai l’impression d’arriver à bouger. Oui ! Je crois avoir réussi à bouger une main, ou une jambe. Ou est-ce quelqu’un qui me sert les membres et cherche à me réveiller. Pourquoi me réveiller ? Je suis bien sans aucune sensation désagréable ! Mais ça change, mes sens reviennent et avec eux tout mon esprit et mes sentiments intacts comme avant de partir dans ce monde reposant. La voix… Cette voix… Elle ressemble à quelque chose de connu mais quoi ? J’ouvre les yeux… Enfin, je crois les ouvrir… Le blanc est remplacé doucement par un flou coloré et mouvant. Le temps s’accélère et je reprend possession de mon corps. Je passe en revu mon organisme avec une check-list. Jambes : ok, ça bouge… Main, bras, dos, tête, … tout est ok ! Pas de douleur mais toujours ce voile devant les yeux. La voix ! Oui ! Je la connais !

Je prononce « Louise » mais mon oreille n’entend qu’un gémissement, un bruit sans consistance. Serais-je encore absent ? La douleur physique arrive, insidieuse, là, là et petit à petit, partout. Je manque d’air, je meurs, je me sens repartir dans les songes. Non ! Je dois reprendre conscience. Reprendre le contrôle. Je me concentre et tente de respirer. Je dois respirer. Est-ce moi ? Je ne sais pas mais un déclic en moi, ou une force automatique, ou ma force pure donne l’ordre à mes poumons d’agir. L’ordre est reçu, je respire. Non ! Je me gonfle tellement la respiration est puissante. L’oxygène revient. Deux. Trois respirations et tout mon organisme redevient fonctionnel. Je vis ! Les sons deviennent clairs. La douleur s’écarte doucement de moi. La vision… ça viendra…

Cette voix ! sans aucune difficulté, c’est la voix qui m’a accompagnée pendant 1 an. Si seulement je pouvais avoir l’image claire ! On me demande de sourire, de parler, de lever les bras. Est-ce une blague ou un exercice ? Est-ce un rêve. Je ferme les paupières mais clac ! Un vive douleur sur la joue me fais réagir. On m’engueule. On me secoue. Je suis là mais laissez moi revenir à mon rythme… Je le demande et mes oreilles entendent une vague phrase qui ressemble presque à ce que mon esprit vient de dire. Je le redis et la phrase devient plus audible. Maintenant, je dois appeler mon rêve. Vais-je avoir mon vœu exaucé ? Autant tenter ! mon esprit ordonne le prénom et mes oreilles entendent clairement « Louise ». J’ai réussi. Je suis revenu. Dans le même temps, le voile se lève sur mon esprit. Les connexions avec l’extérieur s’affirment. Je quitte mon petit monde intérieur pour revenir dans le monde réel, avec ses craintes, ses douleurs, ses espoirs… La vue s’éclaire et un visage s’affiche devant moi. Légèrement flouté, c’est un visage encadré dans une chevelure courte et noire. Ce n’est pas Louise… Ce n’est pas Louise… J’ai envie de retourner dans les limbes !

Quelqu’un pleure à côté de moi. J’entend des « oh, mon Dieu ! », « pitié ! », « pas ça ! », « S’il te plait ! ». Est-ce moi ? N’est-ce pas ce que je disais en boucle tout à l’heure… Tout à l’heure… Oui… Bien sûr… Je retrouve le fil de ma pensée. Je dois retrouver Louise ! Je dois repartir à sa recherche maintenant. Je tente de bouger. Ma tête me fait mal. Je regroupe mon énergie, j’ordonne, je crie des ordres à tout mon corps pour reprendre le mouvement. Je bouge doucement. Oui ! Je bouge. Je commence par ramener les jambes. Je ferme les yeux dans une concentration énorme pour garder l’influe de l’effort sur les mouvements. Je dois me relever et continuer ma quête. Trouver mon Graal.

Putain ! Ca pique ! Cette pensée idiote me fait sourire. Quel con ! Je sors d’une absence ou d’une chute, voire les deux et je me raconte une blague sous forme d’une expression nulle. Il n’y a vraiment que moi pour faire ce genre de bêtise. Je suis à quatre pattes et je reprend mon souffle. C’est dur !

« Pascal ? ». On m’appelle ? La voix et mon prénom associé entrent en moi et tire quelques neurones de leurs sommeil léthargique. Dis-donc, petit homme… Je crois qu’on te parle ! Une personne te connaissant t’appelle ! Réfléchis ! Trouves la réponse ! Evident ! J’ouvre les yeux et regarde le sol. Le gravier me regarde aussi étonné d’avoir été écrasé par ma carcasse encore bien atteinte et bien mal au point. Je parle : « J’arrive… »

Un dialogue peut-être ou suis-je seul dans un rêve complètement détaché du réel ? Non, c’est un dialogue puisque la douleur est là. A-t-on mal dans un rêve ? Non ! Je souffle. J’en ai marre de cet état à demi comateux. Je ferme les yeux. Je les ouvre. J’ai dû cogné la tête méchamment par terre ! Je pense au casque que je ne mets plus depuis quelque temps. Bêtise ! Mouvement lent de la tête à droite et à gauche. A droite, pas mal au cou. Vision de quelques arbres, une voiture garé au loin et personne. A gauche, pas mal au cou mais une baffe aux souvenirs avec un tissu posé sur le sol. Tissu imprimé de beaux motifs colorés avec les petits personnages tirés d’un songe quelconque. Le tissu… Ce tissu. Louise ! Tout me ramène à elle. Je dois regarder la personne prêt de moi. Je n’ose pas. Timidité ou peur ? Peur de trop d’espoir ! Peur de trop de peine si …

Je ferme les yeux et m’assieds. Je demande simplement :
- « Louise ? Est-ce toi ? »

Attente interminable… Le temps s’arrête encore une fois… Suis-je seul ? Etais-je seul depuis le début ?

- « Oui, bien sûr ! »

Soupir ! Soulagement ! Tout en moi se relâche. Fin de la quête. Objectif atteint. Je chiale comme un gosse. Vidé d’une attente de plus de 31 millions de seconde de ma vie à espérer ce moment. 31 millions de façons de vivre ce moment. 31 millions d’espoirs et de doutes. Une seconde suffit pour en effacer 31 millions. On me prend dans les bras et on me sert fort. Je suis le petit gamin que l’on console. Inerte. Ma vie va changer. Les plans vont se construire. Mes forces me reviennent et j’enlace ce corps en face de moi. Je ferme toujours les yeux de peur que tout s’efface si je les ouvre. Cette odeur. Cette chaleur. Ce corps. Je suis bien… Je suis bien. Stop ! Arrêtez le temps et gardez moi dans cette pose !

Mes sanglots sont accompagnés. Deux s pleurent. Deux fragilités se réconfortent. Deux vies se joignent. Deux veulent faire Un. Les « Je t’aime » succèdent à d’autres. Longtemps. C’est bon ! Je lui demande ? Oui, il le faut ! Elle ne doit plus partir. Cette fois-ci, elle reste avec moi. Je me battrai ! Jamais plus, Louise loin de moi ! Jamais ! Elle est ma pile, ma force, mon cœur, ma vie, … tout ce qui fait de moi un homme. Je n’ai pas honte de le dire. Sans elle, je ne suis rien ! Elle représente tout dans cet univers ! Sans elle, les couleurs sont froides. Sans elle, le bonheur est fade ! Sans elle, rien ne peut exister avec saveur. Sans elle, la vie n’a pas de sens. Elle restera avec moi et je me battrai. Les doutes reviennent… Je hais les doutes ! Si elle ne voulait pas ! Non ! je refuse cette idée. Je dois lui demander pour donner un revers à ce doute. Je regroupe un peu de courage et lui demande :
- « Tu restes avec moi ? »
- « Oh oui ! »
- « … Toujours ? »
- « Oui ! »

Alors, le doute… On fait moins le malin ? Je suis heureux ! Je dois la regarder et lui dire en face que je l’aime. Je suis grand. Je suis fort. Elle est avec moi ! Je desserre mon étreinte et la regarde. Mon Dieu qu’elle est belle ! Elle a les yeux rougis par les larmes qui envahissent son visage mais son regard a toujours la même intensité. Ce grain de peau si doux. Les pommettes gonflées. Les formes du visage et sa chevelure. Une couleur inconnue pour moi qui avait gardé la coupe et la couleur claire rencontrées l’année dernière. Je tiens ma vie dans les bras. J’en ai le souffle coupé ! Je lui demande :
- « Veux tu m’épouser ? »

Drôle de question mais elle est sortie comme ça. Sans réfléchir. Mon inconscient travaille à ma place. Il devait cacher cette idée depuis bien longtemps sans me l’avoir avouer. Il s’affirme maintenant mais je trouve que ce n’est pas bête comme question. Finalement, pour garder mon amour auprès de moi, c’est une solution. Louise… Ma Louise sourit. Non ! Elle rayonne comme un soleil. Son aura me chauffe le cœur à distance. Ses yeux se plissent doucement et ses lèvres s’ouvrent. J’enregistre chaque instant, chaque geste, chaque odeur, chaque couleur. Tout est enregistré dans un côté de ma mémoire qui gardera cet instant inoubliable. Louise prend son souffle. Elle ne réfléchit même pas avant de répondre à ma question. Je n’ai même pas le temps de me demander si ma question est trop abrupte. Elle répond d’un « Oui » qui ferait abattre toutes les armées du monde par le seul pouvoir qu’il porte.

Les oiseaux se sont remis à chanter. Toute la planète a recommencé sa reptation dans l’espace. La vie a repris son court. La vie ! Un petit mot de trois lettres mais un combat pour les mettre dans l’ordre que l’on veut. Pour moi, la vie est aujourd’hui belle chaque seconde. Elle a un sens maintenant. Louise et Pascal ! Ca sonne super bien ! Un couple qui se sera connu par une chute stupide en Roller et se sera concrétisé par une seconde. Etonnant mais tellement beau ! Chaque 8 mai, vous pourrez avoir une pensée pour le couple que je forme avec Louise car c’est un jour béni des Dieux. Certes, la première fois, j’ai fini avec le corps lacéré, griffé mais la découverte de Louise valait ce prix. La seconde fois, j’ai fini aux urgences avec une commotion cérébrale mais j’ai gagné la femme de ma vie.

La fin de journée aux urgences créer une autre urgence bien plus torride. Trois heures dans l’univers de l’hôpital nous met tous les deux dans un état d’attente insupportable. Nos regards se croisent. Nos mains ne se quittent pas. Nous avons chaud. Fait-il chaud ? Non ! C’est nous ! A chaque regard, notre désir augmente de façon logarithmique. Chaque minute, chaque seconde augmente notre amour. J’ai envi de la prendre dans mes bras. Je le fais mais je me force à la relâcher. Nous sommes dans un hôpital ! Dur attente ! Attente de nous retrouver. Attente d’une force extrême. Je scrute le corps de Louise et je la trouve belle. Mon souvenir n’avait rien perdu. Au contraire. Elle est plus belle que dans mes souvenirs. Peut-être plus marquée au visage. Je m’inquiète. Qu’a vécu mon amour ?

Le retour à mon domicile est d’une lenteur affreuse. Envi d’accélérer. Envi de forcer le temps. Arrivé chez moi. Les vêtements sont éparpillés entre la porte d’entrée et la chambre. Nous passons les deux jours suivants au lit sans nous quitter une seule minute. Régime pizza avec un appel au boulot pour indiquer une très forte fièvre pendant ces deux jours. L’amour dans toute sa force et sa splendeur. Perdu les copines. Perdu les folies de sexe. Perdu les déviances. Mais… trouvé l’échange. Trouvé les cadeaux. Trouvé l’unité. Avec le week-end, 4 jours à vivre ensemble. 4 jours de rêve à préparer l’avenir. Oui ! L’avenir. Il y en a un maintenant. 4 jours aussi à revivre l’année passée. 4 jours de tristesse et de joie. 4 jours durant lesquels mon amour pour Louise a atteint le firmament car elle mérite vraiment tout mon amour, toutes mes attentions et toute ma reconnaissance d’avoir eu le courage de revenir. Je l’aime.

Louise raconte le 8 mai. Puis le 9 et tous les jours suivants. Je vis avec elle ces moments durs. J’ai envie de remonter le temps pour être à ses côtés et l’aider. Elle me dit que j’y étais. Tant de souffrances que je comprend comment son visage peut être marqué. Elle est forte ma femme ! Je l’écoute. J’ai mal pour elle. Je souffre de ne pas avoir réussi à la retenir il y a 1 an. J’aurais dû. Non ! Impossible ! Elle était incapable d’accepter. Elle devait souffrir pour me revenir. Foutaise ! Je refuse cette idée mais c’est la seule d’après ses dires. Je l’écoute et je souffre.

Le fameux jour de notre rencontre. Elle m’avait pris pour un jouet, une expérience, un truc à essayer. La découverte charnelle avait déclenché en elle une avalanche de réactions et de sentiments jusque là inconnus. Elle avait pris cela pour un accident mais elle ne pouvait pas s’empêcher de s’approcher de moi. Elle me voulait pour elle. Etrange sensation d’attirance. La recherche des plaisirs physiques dépassée par une autre recherche. Une recherche charnelle mais par l’émotif et non le touché. Le début, dans un temps très court, d’une sorte de fusion entre elle et ce mec rencontré sur un chemin. Une sensation de sérénité au contact avec moi. Une réelle concordance, attirance comme deux aimants. Aucun mot n’avait été échangé, ou si peu. Les sens de chacun avaient travaillé pour lier ces deux êtres. Découverte inconnue mais tellement bonne. Première nuit à mes côtés où elle avait dormi parfaitement bien, l’esprit reposé et tranquille comme rarement elle avait eu. Cette première nuit, et la seule, elle l’avait revécu en rêve pendant toute l’année passée. C’était son trésor, sa lumière, sa bouée dans les coups durs. Rien ne pouvait effacer cette nuit. Rien ne pouvait effacer ce réveille à côté d’un être devenu cher. Comment, sans se connaître, sans se parler, on pouvait devenir lié à la vie, à la mort ? Nous rigolons de cette étrange situation vécue ensemble. Ce partage de sentiments et cet amour énorme et soudain entre deux inconnus. Nous nous prenons dans nos bras pour vérifier la réalité de cet instant tellement difficile à croire encore un jour plus tôt.

Louise me raconte ce lendemain horrible où son cœur s’en est retrouvé brisé comme jamais. La pression des copines pour jeter le jouet d’une soirée. Le début d’un refus et la force bien trop grande qui l’empêche d’avancer vers moi. Elle aussi a revécu cette séparation avec toute la peine reçue par mes mots. Elle aussi a regretté, chaque seconde, les choix de ce moment. Je me retrouve avec elle dans la difficulté d’avoir vécu seul avec un rêve. Ses mots me touchent car elle raconte les mêmes sentiments que ceux que j’ai vécu. Deux êtres inconnus s’aiment au premier contact. Deux êtres inconnus se séparent. Deux êtres inconnus vivent ensemble en rêve. Deux êtres inconnus se retrouvent. Un film ! Un livre ! Une histoire extraordinaire que j’ai l’impression de vivre avec ma Louise. Ca paraît tellement fou et improbable que j’en rigole. Non ! Louise continu l’histoire de sa vie et il n’y a rien de rigolo. Elle a vécu un an avec un amour caché au fond de son cœur et de sa tête. Les rares fois où elle en parlait, son environnement la raisonnait violemment. Aucune sortie pour elle. Aucune possibilité de vivre sereinement. Automate obligé de suivre la marche imposée. Vie sans saveur. Vie sans bonheur. Bonheur interdit. Abandon. Soumission. Tristesse et désespoir. Le malheur d’une vie détruite, annihilée, effacée. Un feu torride qui s’amenuise, se réduit, se meurt. Quelques fumeroles. Une chaleur devenant souvenir. Puis plus rien. Rien qu’un vague souvenir. Quelques traces noires que le temps se charge d’effacer. Et pourtant. Pourtant, toujours les cicatrices visibles. Après un incendie, il reste toujours des traces. Toujours un endroit marqué plus qu’un autre. Un endroit où le feu garde l’œil vif. Cet endroit où l’attente peut être longue mais où tout est possible. Un endroit où l’objectif de départ n’a pas été oublié. Un endroit où tout peut recommencer. Un endroit souvent oublié mais il suffit d’une étincelle. Une seule. Cette étincelle eut lieu trois mois auparavant.

Chez des amies, après une soirée entre filles torride mais où Louise ne trouvaient plus de plaisir. Un film d’amour impossible comme les américains savent les faire. Toujours pareil ! Mais là… une étincelle en elle. Son esprit remplace les acteurs. Elle se voit à l’image. Elle me voit à l’image. Deux êtres se rencontrent, … Elle connaît la triste histoire mais le film raconte une possibilité qu’elle avait oublié, ou pas osé se raconter. La bataille pour un choix ! Oui ! L’étincelle en elle déclenche un incendie. L’incendie que personne n’arrêtera. Bien avant la fin du film, sa décision est prise. Oubliée la soumission. Oubliée l’abnégation et le refus de vivre. Le phénix renaît de ses cendres. Louise se redresse. Imperceptible au début mais, en elle, tout change. Louise se débarrasse de sa tenue de souillon et revêt une armure. La sienne. Elle part en croisade. Elle fait des plans. Première action quand elle refuse de participer à une autre orgie avec les copines et les rencontres de la soirée. Elle part. Elle se fait incendier mais rien ne la touche. Fini !

Batailles, mots durs, violences est son lot quotidien pendant quelques semaines. Elle supporte sans problème et travaille dans l’ombre pour fuir. Elle sépare les biens. Elle prépare sa liberté. Elle trouve mes lettres. Lettres cachées. Lettres inconnues. Lettres finissant de consumer l’ancien monde. Ces lettres la transforme en être indestructible. Maintenant, elle sait que je ne suis pas un rêve. Je suis réel et les sentiments sont partagés. Elle ne peut pas s’empêcher de lire les lettres chaque jour. Avant chaque journée, elle les lit, les absorbe et pleure. Des pleurs de bonheur, de tristesse, d’espoir. Elle s’en veut d’avoir céder à une vie qu’elle ne concevait plus et d’avoir refuser un amour incommensurable qui l’avait envahi en une fraction de temps. Elle avance et se bat. Dernières violences et la police l’aide à partir. Fuite protégée. Coupure brutale mais nécessaire à son plan. Elle reprend contact avec ma région. Elle retrouve un travail, un logement, un équilibre. Elle voit le 8 mai approcher et élabore un plan. Elle se reconstruit vite mais pas assez pour elle. Elle veut être à la hauteur pour ce jour. Oublié la violence. Loin sa vie de lesbienne. Loin sa vie dans ce monde particulier où la différence est cultivée avec colère et refus. Aujourd’hui, elle sait. Elle décide. Elle va vivre.

Plus le mois de mai approche, plus les peurs se font plus nets. Les lettres s’arrêtent depuis 6 mois. Pourquoi ? Est-ce fini pour ce garçon ? A-t-il retrouvé une autre fille ? Suis-je effacée ? Autant de questions qui gâchent son plan. Elle passe son temps à se motiver et se démotiver. Chaque espoir est couvert par un doute. Chaque seconde est de plus en plus difficile à vivre. Les ‘si’ sont si nombreux que le matin du 8 mai, il est impossible de prendre la décision. Louise a tout préparé. Le petit mot accroché à la belle rose est sur la table. S’en approcher est un peu comme mettre la main dans le feu. Le temps passe et elle reste bloquée. A-t-elle fait tout ça pour s’arrêter ici ? Devant sa table de cuisine dans sa nouvelle vie seule. Le combat intérieur est d’une rare violence. Elle souffre à chaque instant. Elle prend la rose et se pique. Est-ce un signe ? Non ! Elle doit aller au bout. Elle avance comme dans un nuage. Tous les bruits sont feutrés. Sans faire attention, elle se retrouve sur un parking presque désert. Elle le connaît. Son rêve habite plus loin mais elle a prévu quelque chose avant d’aller chez lui pour tenter de le voir. Elle bouge dans l’inconnu. Elle ne sait plus si ce qu’elle fait est rationnel ou non. Elle fini par redevenir cet être sans force qui se fait ballotter au gré d’untel. Elle marche comme un automate. Petite machine à gestes mécaniques programmés. Elle reconnaît le lieu et dépose sa rose sur une sorte de tombe. Ridicule et dérisoire, cette petite cérémonie qu’elle s’octroie devant un lit de ronces. En fermant les yeux humides, elle revoit ce jour où elle s’était précipité vers ce garçon qu’elle avait vu voler devant elle. Il s’était volontairement jeter sur le bas-côté pour lui sauver la vie. Peut-être l’image du prince charmant tant aimé par les jeunes filles l’avait ébloui ? Rien ici ne l’aide à aller plus loin dans son plan. Elle doit partir avant de ne pouvoir plus bouger. Elle a presque envie de s’allonger ici et de mourir sur place, à l’endroit où son rêve a commencer. Elle se ressaisit et se lève. La prochaine étape est encore plus dure.

Retour à la voiture. Petite voiture dans petite vie. Elle reste au volant perdue dans les pensées. Que faire ? Fuir ou continuer ? Elle hésite. Toujours en elle cette petite fille faible pleine de doutes, pleine de vide. Affalée sur le volant, regard dans le vague, regard dirigé vers un avenir invisible. Aucune possibilité de savoir ce qu’il va se passer. Elle est absente. Absence… Juste un mouvement rapide devant la voiture. Non ! Derrière… Un simple passant sur le parking. La vie des autres autour d’elle. La vie des autres ont un sens. Sa vie n’en a aucun. Elle s’enlise dans un défaitisme malheureux. Elle s’enfonce encore plus bas. Passage pour la deuxième fois derrière sa voiture mais son esprit a noter un bruit. Un grondement ? Non ! Elle bondit ! Electrochoc violent en elle. Elle se retourne et cherche l’origine du mouvement. Là, un mouvement régulier ! Elle sort de la voiture pour mieux voir. Le temps de croiser le regard et elle l’aperçoit. Son rêve est là. Non, il part ! Il semble vaciller. Il tombe, bascule et reste à terre sans bouger. Arrêt du temps. Un volcan en elle. Elle hurle et court vers son rêve. Il est là. A terre, immobile. Elle le prend dans ses bras. Petite poupée de chiffon sans vie. Elle est tiraillée par la professionnelle et son amour pour celui qu’elle tient dans les bras. Peut-elle perdre son rêve à la seconde où elle le trouve ? Est-ce ça la vie ? La petite fille en elle refuse. Refus des doutes. Refus des faiblesses. Elle tient son rêve dans ses bras et il restera avec elle. Elle devient froide. Elle maîtrise la situation. Son esprit se vide des émotions et elle devient l’infirmière qu’elle est. Elle devient un automate pour maintenir une vie. Chaque geste est sûr. Elle devient la force qui sauve les autres.

Le pouls est présent. Ouf ! Le temps semble lent et aucun signe de Pascal. Elle le secoue. Elle lui parle. Elle le caresse. Elle le gifle. Imperceptible mouvement. Les paupières bougent. Il revient et elle lui parle doucement. Il gémit. Il respire tout doucement. Il semble souffrir. Toujours des mots pour l’aider. Mots d’amour, de supplication, de colère contre cette lenteur. Soudain, une grande respiration, comme un apnéiste remontant à la surface après une tentative de record. Les gestes sont plus nets. Elle quitte son rôle de secouriste et retrouve ses sentiments. Il semble perdu. Elle le prie de faire doucement. Elle le laisse se redresser. Il a l’air agare. Elle le laisse retrouver ses esprits. Louise a son cœur qui s’emballe. Elle retrouve son rêve devant elle. Elle est heureuse et inquiète de l’état de Pascal. Elle a envie qu’il la prenne dans ses bras. Elle veut le prendre aussi contre elle. Non ! Elle doit le laisser retrouver ses forces. Elle le regarde prendre son temps. C’est long. Elle lui parle, prie, lui demande de revenir. Il répond. Joie intense ! Son rêve revient lentement. Un mot de lui la fait fondre. Il dit son prénom.

Ensuite, les souvenirs se confondent. Les retrouvailles. Les pleurs de joie. L’intensité du moment et la disparition d’un coup, du stress et de toutes les questions. Le bonheur après une longue année de souffrances partagées dans la séparation. Aujourd’hui, c’est uniquement du plaisir. Le début de l’oublie de cette période et le début d’une nouvelle histoire. Etat de grâce pendant 4 jours sans ment du sexe à profusion. Juste d’interminables discussions sur le passé, le passé, le passé. Chacun se présente, raconte son enfance, sa vie d’avant. Chacun se donne à l’autre. Tellement facile de donner avec une confiance totale sans que rien ne soit demandé. 4 jours d’apprentissage et de partage. 4 merveilleuses journées qui finissent avec les projets. Non ! Un seul projet qui va devenir réalité dès maintenant. Une vie à deux dans l’amour. Une fusion qui change tout. Louise est radieuse et son état d’esprit est éclatant. Elle ne regrette rien des efforts et des batailles. Elle ne peut s’empêcher de toucher son amour. Pour rien, sa main touche, frôle, caresse la peau de son homme. De sa moitié pourrait-on dire. Ou même d’elle même car elle est incapable de vivre sans lui. Je suis pareille. Tout moment passé est partagé avec un contact comme si je voulais me rassurer à chaque instant de sa présence. Nos mains se frôlent et nos cœurs repartent dans un concert indescriptible. C’est beau l’amour !

Maintenant, nous vivons à deux. Nos vies sont éclatantes. Mes collègues s’étonnent et se réjouissent pour moi. Ils avaient perdu celui qu’ils connaissaient comme le rigolo, celui qui aidait, celui qui donnait l’impulsion. Ils le retrouvent aujourd’hui. Je ne peux pas m’empêcher de rire tellement le bonheur en moi déborde. Les journées sont horriblement longues et il me tarde d’être à la fin de ce bout de vie pour retrouver ma femme. Les textos circulent régulièrement pour des petits mots simples mais tellement bons. Le soir, ce sont des retrouvailles où on pourrait sentir l’énergie pur des sentiments entre nous. Louise a retrouvé une fraîcheur éclatante. Tout le terne en elle s’envole et il ne reste que le sublime. Elle a rencontré une ancienne connaissance de sa vie de lesbienne qui lui a fait des avances. Goutte d’eau sur les plumes du canard ! Glisse et tombe ! Rien ne la touche. Impossible. Elle n’est plus seule.

Roller à deux. Passage à côté d’un petit coin de nature où une rose fanée reste accrochée aux épines. Souvenir d’un début. Non ! Souvenir de deux débuts. Arrêt à côté de se petit endroit magique et embrassade de deux amoureux. La fin d’une belle histoire mais le début d’une belle vie.

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Je dédie cette histoire à tous les amoureux qui se posent des questions et qui se nourrissent de doutes avant d’avoir pu avouer à celui ou celle aimé(e) que son cœur bat la chamade à son approche. Osez avouer l’amour ! Il y a trop de gens qui avouent trop facilement la haine.

Je voulais, avec ce texte, extraire le sexe comme on peut le mettre dans les divers récits. Il est intéressant d’écrire des textes de cul pour défouler son côté homo sapiens. Ca peut aider à vider des pulsions purement bestiales sur papier pour mieux vivre avec le monde réel. La grande question est toujours présente dans les textes : « Peut-on vivre ses fantasmes ? ». Ici, c’est autrement.

Pour moi, le vrai amour, celui que l’on peut partager, va au delà du plan cul. Il peut défaire, créer, et donner la vie. Je voulais écrire ce texte dans ce but en prouvant que deux êtres pouvaient être détruit et vivre intérieurement des batailles intenses pour juste un sentiment, un souvenir. Deux êtres peuvent aussi rayonner en atteignant le sentiment d’amour dans la plus pure idée.

Je vous souhaite à tous de trouver l’âme sœur pour vivre une belle histoire.

Pascal

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