Vengeance 7

Le lendemain, je ne vais pas travailler. J’ai dit à Philippe que je ne me sentais pas bien. Il est parti pour plusieurs entretiens d’embauche sans rien dire, toujours vexé d’avoir été encore repoussé.
Je m’allonge sur mon sofa et commence à penser à un moyen de me sortir de cette situation. Il faut que je récupère la vidéo et aussi, idéalement, la photo de hier soir.
Je ne tiens pas en place, je me lève, me rassieds, me coule trois cafés. Je ne trouve pas de solution.
Je m’apprête à sortir pour me changer les idées quand mon téléphone vibre. Un message de Valérie.
« Pourquoi n’es-tu pas au bureau ? Après ce que tu as reçu hier soir, tu devrais être en forme ! »
Mon téléphone vibre à nouveau.
« J’attends une réponse… »
Quelle salope ! Elle se repait de mon humiliation. Dario a dû lui raconter, et pire, lui montrer la photo. Je me contente d’écrire :
« Je suis malade, j’ai de la fièvre. »
Réponse immédiate.
« Peu importe ! Ce soir, on vous baise tous les deux ! Prépare ton copain. Il va passer une soirée inoubliable. On sera chez toi à 22h. »

Ce n’est pas possible. Je m’étrangle en lisant ça.
« Non, s’il vous plaît ! Ne faites pas ça. Je ferais tout ce que vous voulez. »
« Tu fais déjà ce que l’on veut ! 22 heures, porte ouverte… »

J’angoisse le reste de la journée. Je n’ai pas d’alternative. Je dois tout avouer à Philippe. Libre à lui d’accepter ensuite.
Je me ronge les ongles jusqu’au sang quand enfin, vers 18 heures, Philippe rentre.

- Salut chérie ! Me dit-il avec un grand sourire. Manifestement, il m’a pardonné.
Devant mon mutisme et mon air défait, il s’approche et m’embrasse.
- Quelque chose ne va pas ?
- Je… non. Enfin oui. C’est horrible ! J’ai… on va…
J’éclate en sanglots.
Il me faut bien dix minutes pour me reprendre. Je lui explique la situation depuis le début, en omettant la fellation dans la voiture.


Mon cœur se fend devant son silence et son air abattu, quand enfin il se reprend.
- Ce n’est pas possible. On ne peut pas laisser faire ça. Allons tout balancer à la police.
- On ne peut pas. J’y ai déjà réfléchi. Pas après ce qu’on a fait à Valérie. Et sur la vidéo, la police pensera que tu es l’homme masqué. Ils ne nous croiront jamais. Les preuves sont de leur côté.

Nous parlons à peine pendant l’heure qui suit. Philippe tourne dans le salon comme un lion en cage. Par moment il frappe le mur, quand enfin il me dit :
- Je t’avais prévenue que c’était une mauvaise idée, et cette enflure de Dario. Je vais lui casser la gueule. Je ne le ferai pas ce soir, mais il ne perd rien pour attendre.
- Alors… qu’est ce qu’on fait ?
- On est bien obligé d’obéir… pour l’instant.

À 22 heures. Personne. 22h30, toujours personne.
Il est 23 heures. Philippe commence à croire que c’était un canular et se détend un peu.
23h30. La porte s’ouvre d’un coup.

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