Mateur Gaffeur

— Est-ce que toi aussi tu as découvert les belles nanas à travers les catalogues de fringues ?
— Toi oui je suppose ?
— Pire encore. Un copain m’a montré les revues X de son oncle. Enfin, « X »… à l’époque, il n’y avait pas vraiment de X, plutôt des magazines de charme.
— Moi non, j’ai eu la chance de démarrer directement par du vrai. Et au début… ça ne m’a pas plu du tout !
— Les filles étaient vieilles ? Grosses, mal foutues ?
— Au contraire. Seulement, c’était par bouts. On passait les vacances sur une plage privée, avec des planches plantées dans le sable, en carré, qui formaient un vestiaire femmes, et pas loin même chose pour le vestiaire hommes.
— Des vestiaires de plein air et sans toit ?
— Oui. Des copains m’ont montré par où on pouvait approcher. Et par où il y avait des trous. Du genre, mets ton œil par-là on voit des seins, place-toi ici on voit un cul.
— Et donc, ce n’était pas agréable ?
— Non, juste des morceaux de chair, c’était limite repoussant. Je faisais plus ou moins semblant d’aimer, pour pas me faire traiter de tapette. Et puis j’ai escaladé une colline, j’ai vu ces femmes et filles, mais de bien plus loin. Enfin je voyais les corps en entier ! C’est là que j’ai découvert la grâce. La beauté. Et que j’ai eu du désir. Ce qui est fou, c’est que le désir rend beau ce qui ne l’est pas.
— Un corps nu, c’est pas beau ?
— Quand on y réfléchit, pas tant que ça. Par exemple, prenons le cul. Qu’est-ce qu’un cul ? Deux blocs de chair frottant l’un contre l’autre, dont la fonction naturelle n’est rien d’autre que rejeter d’immondes immondices.
— J’essaierai de pas y penser la prochaine fois que je sodomiserai ma nana.
— Voir tout en entier, c’était complètement différent. A la limite, même ne voir que les silhouettes en ombres chinoises m’aurait suffit.
— C’est bien ! Il faut savoir se contenter de peu dans la vie. Disait mon grand-père…
— J’ai fini par en influencer certains.

Plusieurs copains m’ont suivi, et ont adhéré. C’était vraiment comme deux clans, aux idées opposées. A mon sens, en bas vers les planches c’était l’enfer, et nous tout en haut étions au paradis.
— Vous vous faisiez la guerre ?
— Presque. Chaque camp accusait l’autre d’être à un endroit où le maître-nageur pourrait les repérer, et du coup faire repérer tout le monde. De notre côté, comme on avait aucun appareil photo on s’est mis à dessiner toutes ces merveilles. Nous devenions des artistes alors qu’eux se vautraient dans la pornographie !
— N’exagérons rien. Disons qu’ils auraient bien voulu.

A suivre…

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