Leslie La42

Leslie LA42 - Laure, le journal intime - Morgane la Gothique

Il est des paradoxes, dans la vie, qui font sourire.
Ainsi, un jour ai-je rencontré une jeune femme qui répondait au doux prénom de Morgane.
Morgane, n’était pas une fée, mais une jeune étudiante de vingt-quatre ans en architecture et jetait sur le monde qui l’entourait un regard froid qui vous glace, en vous toisant de ses yeux noirs.
Toujours outrageusement fardés de noir, contrastant avec son teint blafard, savamment entretenu par le contraste de ses lèvres ointes d’une crème noire, qui lui faisait une bouche irréelle.
Elle faisait presque peur, et la fuite loin d’elle était un réflexe, car son apparence faisait fuir plutôt qu’attirer le commun des mortels, avec sa chevelure savamment hirsute aux mèches assemblées par des gels fixant puissants et recolorée d’un noir corbeau, elle n’incitait pas spécialement à la tendresse.
En plus, elle traînait dans les lieux glauques, ne sortant qu’à la nuit tombée, dans cet élément quelle préférait, le noir.
Toujours vêtue de noir, tantôt en robe, tantôt en pantalon, elle portait en guise de chaussures que des rangers noires montantes, style militaire, sur des bas à résilles noirs quand elle était en jupe.
Les mains couvertes par des mitaines noires évidemment, qui laissaient voir le bout de ses doigts au vernis noir et aux phalanges surchargées de bagues argentées et ses poignets ceints de bracelets du même métal.
Elle trimbale toujours un sac renfermant ses trésors et porte une veste d’homme avec des grandes poches et elle attache son portefeuille à une lourde chaîne argenté qui lui barre les fesses.
Et oui, Morgane est une gothique ! Une vraie !

Outre sa blancheur, limite cadavérique et entretenue avec chic, pour accen le contraste, Morgane se promène avec un piercing dans la narine gauche, un diamant qui brille sous les éclats des éclairages et ses oreilles sont ornées d’anneaux de toutes tailles, apposés les uns à côté des autres.


Elle est curieuse, Morgane, je veux dire qu’elle attire sur elle de nombreux regards de curiosité et certains de réprobation. Il n’est pas rare, quand elle croise des passants, que ceux-ci lui marquent leur peur et leur désapprobation par un écart à son passage, puis la suivent ensuite des yeux l’air ahuri, étonné et quelquefois même, outré.
Or, c’est justement cette silhouette qui a attiré ma curiosité.
Car il y a longtemps que je m’interroge sur cette passion morbide qui attire une certaine jeunesse à être gothique.

Lorsque je l’ai rencontrée, elle était installée près de Notre Dame de Paris et tenait dans ses mains un carnet de dessins à la main, et était en train d’esquisser des croquis sur les faces et les traits de démons et autres créatures des Enfers qui servent de décorations à ce site sacré.
Elle dessinait d’une main sûre, avec un œil exercé de future professionnelle, relevant dans les moindres détails ses figures infernales.
Moi, j’étais là pour réaliser quelques photos qui devaient faire les fonds pour de futures publicités, et c’est ainsi, qu’au détour d’une des façades, je tombais nez à nez avec Morgane.
Je suis restée là, un long moment, à la regarder, intriguée par son allure et émerveillée par l’assurance de sa main qui croquait sans hésitation les figures démoniaques, cette étrange créature était sans nul doute dans son élément.
Elle, son carnet de croquis à la main, moi, mon appareil photo à la main, nous nous avons échangé un regard et après un sourire et un bonjour, nous avons un instant parlé et échangé sur nos passions et elle m’a donné rendez-vous le soir même dans une taverne pour continuer et approfondir notre discussion.

Avec quelques minutes de retard, j’entrais dans la taverne où Morgane m’avait donné rendez-vous. Je fus accueillie par un bruit assourdissant et un écran dense d’une lourde fumée, qui me donnèrent l’envie de rebrousser chemin.
Je restais un long moment à l’entrée pour habi mes sens à l’ambiance générale.
Autour de tables surchargées de chopes de bières, des groupes discutaient, ou plutôt braillaient dans ce brouhaha de bruit, dans une lumière rendue sciemment diffuse pour faciliter les contacts et les échanges.
Des ombres se fondant dans l’atmosphère qui régnait dans la salle, des garçons et quelques filles au crâne rasé, d’autres avec des tignasses noires et hirsutes, j’avais du mal à distinguer les visages, mais je venais de rentrer certainement dans un repère de Gothiques t j’allais certainement faire tâche dans ce lieu...

Au bar, non loin de l’entrée et à deux pas de moi, Morgane m’attendait. Elle me fit de grands signes au milieu de la foule et avec difficulté je m’approchais du bar pour la rejoindre, non sans être reluquée par des dizaines d’yeux qui ne voyaient en moi qu’une intruse, une étrangère aux rites et mœurs de ce lieu.
Elle n’avait pas changé de costume, par rapport à notre rencontre. Peut-être avait-elle seulement un peu ren ses maquillages et recoiffé sa chevelure en pétard.
Elle était accoudée devant une impressionnante chope de bière et au moment où j’arrivais à ses côtés, d’un geste elle en commanda une pour moi.
Immédiatement, je découvris les inconvénients de ces lieux, le bruit d’enfer qui vous empêche de susurrer et d’entretenir la moindre parcelle de conversation, mais Morgane se sentait tout à fait à son aise dans ce genre d’endroit
Après deux chopes, Morgane me fit signe de la suivre, et d’un haussement d’épaules, elle salua la compagnie qu’elle abandonnait aux beuveries, sous les regards intrigués haineux de certains qui voyait en elle une lâcheuse, pour en plus, partir avec une étrangère…

Ouf ! Enfin dehors, le calme et le silence, l’air frais revigorant les sens…
Au milieu du trottoir, je me demandais dans quel univers j’allai bientôt me retrouver et ce qu’il allait se passer maintenant.
Mais la main de Morgane s’empara de la mienne pour me tirer plus loin dans le noir de la nuit… en disant simplement :
- Chut ! Suis-moi.

Morgane, sans un mot, m’entraina sur les berges de la Seine, puis descendant par un petit escalier elle me conduisit sur le quai, juste au bord de l’eau.
- Tu t’es déjà promené sur les quais la nuit ? Me demanda Morgane.
- Non, jamais !
- Tu vas voir, c’est magique, incroyablement fantastique…
Et en nous promenant, elle me parla du silence de la nuit, de l’obscurité qui régnait sur les berges, les rencontres parfois insolites et les sculptures des ponts sous l’éclairage nocturne des réverbères, dans un souffle elle me dit :
- Paris, la nuit, c’est magique !

Elle parlait à voix basse, comme pour ne pas déranger la quiétude des lieux, nous avons passé de longues minutes à déambuler, sagement, main dans la main, le long du fleuve qui reflétait dans ses eaux sombres et troubles les lumières de la nuit.
Sous les voûtes des ponts, nos pas résonnaient dans le silence de la nuit, puis sous un pont, en face de l’ile Saint Louis, Morgane s’est appuyée contre la voute de pierres froides, elle semblait chez elle, à l’aise et me montant Notre Dame éclairée dans la nuit, elle me dit :
- Regarde comme c’est beau !
Effectivement, mais ce n’était pas que beau, presque irréel, Morgane me faisait entrer dans son univers et nous sommes restées ainsi un moment, côte à côte, dans le silence de la nuit, perdues dans nos pensées et notre observations, quand Morgane, sans tourner sa tête vers moi, me dit :
- Tu as déjà fait l’amour sous un pont à une fille, la nuit ?

Je ne savais quoi répondre, quoi dire, était-ce une proposition, voulait-elle que nous fassions l’amour-là, je restais sans voix, un peu désorientée.
Alors, sans que je ne dise rien, sans que je ne fasse rien, Morgane s’est tournée vers moi et dans un geste rapide et sans équivoque, elle me prit par la nuque et attira vers elle ma tête pour poser ses lèvres sur les miennes et me fourrer sa langue dans la bouche.
Elle semblait soudain déchaînée, ivre de plaisir.
Un plaisir physique, accentué par l’interdit qu’on éprouve dans des endroits insolites.
C’est ça, Morgane prenait du plaisir en dépassant les principes dans ce profond baiser qu’elle me donnait et avec qui sait l’espoir de se faire surprendre, elle la Gothique et moi, une fille comme les autres, attirées simplement par notre différence...

Sa langue me fouillait loin, parfois rapidement, parfois lentement. Elle semblait exciter ma bouche comme un utérus de femme. Sa langue était pointue ou large. Elle ne laissait aucune parcelle de ma bouche inexplorée. Ses lèvres ointes collées aux miennes dans un baiser interminable.
Sa langue que je ne pouvais éviter était ornée de deux petites boules de verre, piercing planté au milieu du muscle qui massaient mon palais ou toquaient contre mes dents.
Je ne l’avais pas remarqué, ce piercing si particulier. Souvent les jeunes filles se font percer la langue. Cette coutume que je trouvais idiote jusque-là, m’apparaissait tout d’un coup sous un jour nouveau, le piercing de la langue avait un effet érotisant des plus subtils. J’en goûtais les délices avec excitation.
Et pendant que sa langue me fouillait, et son piercing qui me mettait le palais en feu et la tête à l’envers, me faisant oublier où nous étions, sa main relevant ma petite jupe partit directement en exploration de mon entrejambe.
A travers le tissu de mon string, elle massait agréablement et avec une dextérité incroyable mon sexe qui mouillait et subissait avec contentement ses assauts.
Il ne lui fallut pas bien longtemps pour venir à bout de mes peurs et de mes réticences, s’agenouillant à mes pieds, elle descendit mon string pour s’emparer de ma chatte frémissante, sa bouche et sa langue au contact de mon intimité, me firent frémir…

A suivre…

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