Pot De Colle 6

Pot de colle 6

-C’est que j’aurais aimé lui remettre en main propre ce téléphone oublié dans la précipitation du départ. Mais enfin, voilà, je l’ai astiqué depuis cette soirée magique. Le toucher est un immense plaisir puisque y sont attachés des souvenirs magiques.

J’ai compris, il veut m'accuser d'avoir provoqué l'oubli, m’enfoncer dans le crâne que Myriam l’a rendu heureux. Peut-être essaie-t-il de me faire savoir que ce téléphone mobile lui a été offert. Ce serait un comble; Myriam lui aurait donné mon cadeau : ce serait un signe fort à son avantage et comme une gifle à son mari. Un cocu est censé lent d’esprit, il faut se répéter pour se faire comprendre du malheureux et Louis s’y emploie. J’ai aussi des raisons de tenir l’objet, je les oppose aux siennes :

- Samedi soir elle a pleuré de l’avoir perdu. C’était mon cadeau, elle y tenait beaucoup. Elle va vous être très reconnaissante de l’avoir conservé et d’avoir fait ce déplacement pour le lui rendre. Vous allez bientôt pouvoir lui faire cette joie. Tenez, vous le lui remettrez vous-même. Quand Myriam vous a prié de lui rendre visite, vous a-t-elle précisé que je serais à la maison ?

- Pas exactement. L’essentiel n’est-il pas de la revoir ? Elle ne cherche pas à tromper, tout est clair pour elle : Myriam a un ami de plus, elle ne le dissimule pas, au contraire elle veut vous le présenter à domicile. C’est formidable, n’est-ce pas ce besoin de clarté. Elle n’est pas cachottière, c’est une qualité supplémentaire de votre femme. Oh ! La voici, comme elle est belle !

Myriam entre par la porte située à ma gauche, entre le canapé dont j’occupe une place et elle un fauteuil vide fait face à celui de Louis qui en est séparé par la table basse de salon. Il se redresse rapidement, s’avance, tend les bras. Elle a monté une queue de cheval, s’est fardée et son rouge à lèvres souligne son sourire satisfait. Elle avance vite sur ses talons pointus, la silhouette allongée par leur dix centimètres.

Dans sa hâte elle trébuche et télescope Louis. Il la cueille au vol, leurs corps sont aussitôt collés étroitement. Ce prélude augure de ce que sera la soirée.

Myriam avait assuré :

« Il va venir, il nous saluera, me remettra mon téléphone et s’en ira. »

Ils ont du mal à lâcher prise. Elle lui fait la bise, il la rend. Elle est pratiquement couchée en avant. Je remarque alors sa mini jupe. Il y a quelques jours elle m’avait déclaré
- J’ai pris un peu de ventre; cette jupe remonte trop, je m’en débarrasserai. A mon âge cela devient indécent. Tu vois ce bourrelet à l’arrière de mon genou au-dessus du pli, ça fait moche. Et puis je ne pourrai plus me pencher en avant ou en arrière sans risquer de montrer ma culotte. Ce sera encore pire lorsque je voudrai m’asseoir, tout le monde surveillera mon entrejambes. Non, je ne pourrai plus la porter.

Or pour accueillir Louis elle a mis cette jupe. Oubliés les kilos, oubliée l’indécence, elle exhibe avec fierté ses interminables jambes. Elle a mis en valeur tous ses atouts, elle veut éblouir. Pendant qu’ils sont accolés et se congratulent, rient du bonheur des retrouvailles, de mon fauteuil j’admire les deux pommes de ses fesses séparées par la ligne plus que discrète de son string noir.

L’étreinte se dénoue, Louis est pressé de montrer ses roses. Myriam s’extasie, a enfin un regard pour moi . Son visage rayonne mais je sens comme un reproche lorsqu’elle prononce :

- Quel magnifique bouquet. C’est le plus beau que j’aie jamais reçu. Merci Louis.

Le généreux doit être remercié, donc couvert de bisous une nouvelle fois. Il est rouge de bonheur et ajoute :

- C’est pour ton anniversaire. Joyeux anniversaire chère amie. Permets-moi de t’embrasser.

Et ça recommence. Ils se serrent l’un contre l’autre, s’étreignent pour la troisième fois et s’embrassent

- Chez nous c’est quatre fois dit-il.

- Comment as-tu deviné que c’est mon anniversaire.
Jean, tu es en retard, qu’attends-tu pour me souhaiter un bon anniversaire. Viens, tu peux aussi m’embrasser.

J’ai droit aux restes de bisous, moins appuyés et beaucoup plus rapides du bout des lèvres et sans enlacement. Louis ne dévoilera pas qu’il a appris de moi la date de l’anniversaire de mon épouse. Il pousse l’audace jusqu’à déclarer :

- On pourrait lever nos verres à cette occasion.

Et il att la bouteille de champagne, fait sauter le bouchon verse le liquide, présente un verre à Myriam, me tend le troisième et se met à chanter

- Happy bears day

Émerveillée, ma femme me tourne le dos et fixe ce galant homme. Il est comme le maître de céans, laisse croire que nous buvons son champagne et mérite des remerciements mouillés de larmes et, au cours d’une nouvelle étreinte, une autre série de quatre baisers chaleureux. Nous pouvons nous asseoir. Myriam choisit le deuxième fauteuil, s’assied, la jupe remonte. Le string noir est plus large à l’avant qu’entre les fesses. Je l’ai vu, Louis aussi, mais il est discret de peur que Myriam fasse plus attention. Il est récompensé quand elle croise les jambes. Comme moi i a une vue plongeante sur le haut et le dessous des cuisses pommadées et luisantes .

- Le champagne doit se boire frais, dit-il en se levant pour verser une deuxième tournée.

- Merci, cher Louis, murmure ma femme enchantée par tant de galanterie. Ah ! Louis , tu es un gentilhomme. Tu me gâtes. Merci pour ce splendide bouquet et ce délicieux champagne.

Louis sourit de béatitude. Je préfère me taire, me faire oublier et surveiller ces regards échangés, ces œillades complices, leur bonheur stupéfiant. Myriam ne m’oublie pas tout à fait :

- Jean, n’avais-tu pas, toi aussi mis du champagne au frais. Ne sois pas radin, s’il te plaît, débouche une autre bouteille, on n’a pas tous les jours trente ans. C’est bien, nous t’attendons, susurre-t-elle chatte. Elle glisse en avant dans son fauteuil, allonge ses jambes disjointes.
Fait-elle exprès de s’exhiber sans pudeur, de montrer son intimité à peine couverte. En passant devant elle, je me penche, je pose un bisou sur une joue et murmure à son oreille :

-S’il te plaît, tiens-toi bien, serre les jambes.

-Oh ! Pardon, je n’y pensais plus répond-elle assez haut pour être entendue. Cette jupe est vraiment trop courte, je n’aurais pas dû la mettre. Pardon Louis, je ne voulais pas vous troubler ou vous offenser.

Je reviens avec une bouteille. Louis et Myriam occupent le canapé, les fauteuils sont vides.

- Mon chéri, c’est mieux comme ça. Tu seras seul à voir mes jambes. C’est plus correct. Oh ! C’est le même champagne que celui de Louis. Tu es brillant mon cher Louis, tu as deviné nos goûts. Il faut que je t’embrasse encore pour tant de prévenance.

Sur le canapé les deux corps se rapprochent, Myriam se penche en avant, prend appui de sa main gauche sur le genou droit de l’homme, le plus éloigné, se tord pour déposer deux baisers sur chaque joue. Louis la maintient de la main droite et ne peut que soutenir le sein droit avec sa main gauche coincée entre leurs torses. Ils prennent tout leur temps pour se lire au fond des yeux avant de reprendre leur place. Les carottes sont cuites, Myriam est dingue de ce séducteur.

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