Plaisirs Troubles - 1/5

Plaisirs troubles
1ère partie - 1/5
(Eh oui, désolée. Encore une de ces histoires à rallonge ... que voulez-vous, j'aime m'installer, prendre mon temps !)

« « Au tout début je ne connaissais pas Patricia, elle m’intriguait. Alors j’ai posé des questions, rencontré ses amies plusieurs fois, j’ai écouté et j’ai écrit, posé d’autres questions pour compléter. Voilà son histoire, telle que je la connais … » »

**Lettre de Patricia**
Hello Babou,
Contente de savoir que ton polichinelle et toi allez bien. J’ai beau tourner la photo de ton échographie dans tous les sens, je te crois sur parole quand tu dis que c’est un p’tit mec, mais moi je vois rien !
62 kg ? C’est sérieux ? Arrête les gâteaux !!! Encore 3 mois ! Tu m’étonnes que Pascal rouspète ! Il s’est pas marié avec une baleine ! Bon d’accord avec toi, c’est pas drôle qu’il te tourne le dos. Tu lui en as parlé, seulement ? Et puis je me fais pas de souci pour toi : tu sais bien t’en sortir toute seule ! A moins que t’aies les bras trop courts pour faire le tour de ton gros bidon ?
Surtout ne t’inquiète pas pour moi. Je ne pensais pas avoir eu l’air aussi désespérée dans ma dernière lettre. Ça va mieux. Beaucoup mieux, je t’assure.
J’ai pu meubler un peu mon appart et défaire mes cartons, et puis je me suis fait des amies, au boulot déjà, quoique pour une, l’infirmière dont je t’avais parlé, j’en reviens sérieusement. Elle m’a fait un tour de cochon : explication entre nous en cours.
Et puis j’arrive pas à vraiment lui en vouloir, parce que c’est un peu grâce à elle que je vais bien, vraiment !
Grâce à elle j’ai rencontré … deux filles super ! Te moque pas, oui, moi, deux nanas ! Bien sûr pas un mot à mon frère ! Tu te souviens de quelques mercredis quand on était au lycée (moi oui …) ? Nos petits jeux … souvenirs, souvenirs … eh ben, ça y ressemble, des amies comme ça …
Je préfère pas trop te raconter ici.

Je descendrai le mois prochain comme prévu, je te dirai.
Et si t’as vraiment les bras trop courts, je pourrais … JE DECONNE !
Gros bisous pour toi et ton schtroumph, embrasse mon frère pour moi (et motus !),
Patricia

**Lettre de Babou**
Salut choupette,
Un petit mot vite fait, j’arrive pas à te joindre au téléphone. Tu fais quoi ?
Me traiter de baleine ! T’as du culot ! Si t’appelles pas ce week-end, je dis tout à Pascal ! Tout ce que je devine de ta lettre ! Deux filles, nos jeux ? Tu t’embarques sur de drôles de chemins ! Fais gaffe à toi, ma puce, fais gaffe. Et puis deux ? Franchement !
C’est pas parce qu’un gros nul t’as fait des misères (je le croise de temps en temps : toujours aussi con) qu’il faut t’embarquer dans un truc compliqué qui te ressemble pas. Je sais bien que t’es une grande fille, mais des fois tu t’emballes un peu. Et là, tu me fais peur.
Puisque tu t’en inquiètes : non, ça va pas fort avec ton frère, et non, j’ai pas les bras trop courts. Quant à ta proposition, c’est gentil de ta part, mais tu as raison : tu déconnes !
Appelle appelle appelle ! je veux tout savoir ! J’ai essayé tout le week-end mais t’es jamais là. Tu l’écoutes, ton répondeur ?
Fais attention à toi, choupette, écoute une vieille, pas de conneries. Appelle !
Bisous,
Babou
PS : autre photocopie d’écho : j’ai entouré, dis-moi pas que tu vois rien ! un petit mec, c’est sûr !

** … écoutons Babou …**
Patricia ? 25 ans, comptable, on s’attendrait à ce qu’elle ait les pieds sur terre ! Mais non ! Elle vit dans son petit monde, elle rêve ! Pour elle, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! On se connaît depuis le collège, en 6ème, et j’ai épousé son frère : je la connais par cœur !
On a le même âge.
J’étais un peu sa copine, un peu sa sœur. Elle me racontait tout. Vraiment tout ! Maintenant ? Pareil !
Nos petits jeux ? Vous parler de ça ? Des bêtises d’ados …
Elle a toujours été … pas dégourdie, un peu ‘jeune’. Ses premières règles ! je m’en souviens encore ! Elle est arrivée affolée à la maison, elle savait pas du tout ce qu’il lui arrivait. Pascal et elle vivait seuls avec leur père, un ours ! C’est sûr que c’est pas lui qui lui aurait expliqué quoi que ce soit ! Remarquez, son frère, Pascal, mon mari, c’est pas beaucoup mieux, un peu coincé, encore aujourd’hui, mais c’est pas le sujet.
Alors Patricia, c’est moi qui m’y suis collée. Pas bien dégourdie, mais curieuse, ça oui ! Et nature, en plus !
Je … C’est moi qui lui ai expliqué comment … comment se donner du plaisir. Je vous ai dit : des bêtises d’ados. Elle me regardait, elle faisait pareil. Je sais, c’est con. Et non, n’y pensez même pas, c’était chacune pour soi ! On avait quoi ? 13 ans ?
Euh … d’accord, plus tard aussi. Elle est nature, je vous ai dit, et on était tout le temps ensemble, alors …
Et puis il a fallu que je lui explique les mecs aussi. Ça va ! Rigolez pas ! Une fois ou deux, elle se cachait pour regarder … Pourquoi je vous dis tout ça, moi ? J’ai honte !
Son Frère ? Non ! Quand même pas ! Non, des garçons, au lycée, mes petits amis.
Le premier, le tout premier, j’avais 17 ans. Il a fallu que je lui raconte ! Tout !
Elle ? Oh, non ! Pas cette fois, elle n’était pas là ! Elle aurait bien voulu, mais … non, pas question ! Faut pas pousser !
Elle, la première fois, elle avait 22 ans ! Je vous jure ! Elle me dit tout, vous savez ! Elle était chez moi le lendemain pour tout me raconter. Philippe … Elle a pas choisi le meilleur, quel salaud, celui-là ! Et elle a jamais connu que lui !
C’est à cause de lui qu’elle est partie à Paris, quand il l’a laissée tomber. La pauvre ! Qu’est-ce qu’il a pu se moquer d’elle ! Je lui avais dit, son frère lui avait dit, mais non, c’était le premier, alors pour elle, c’était le bon.

Elle travaillait à l’hôpital, ici, depuis son BTS, et lui il foutait rien, il vivait à ses crochets, baisait à droite à gauche et elle voyait rien. On avait beau lui dire … des œillères ! Il a fallu qu’elle le trouve dans leur lit avec la serveuse du restau d’en bas de chez elle pour qu’elle nous croit !
Il s’est foutu d’elle pendant presque trois ans. Il la traitait mal, en plus. Je lui disais que c’était pas normal, qu’elle devait pas se laisser faire, mais ça lui allait comme ça.
Un jour, elle m’a dit, texto, je vous assure : « des fois il me fait peur, mais c’est vachement mieux après ». Elle riait.
C’était le premier, elle prenait son pied, qu’est-ce que je pouvais contre ça ! J’ai jamais osé en parler à son frère, j’aurais dû.
Elle s’est fait muter à Paris. Elle voulait s’enfuir, impossible de la raisonner. Elle était là-bas depuis trois mois à peine et cette lettre … deux filles ! Dans quoi elle s’était encore fourrée ? Et pas moyen de la joindre au téléphone la plupart du temps, à l’époque.
Inquiète ? Plutôt, oui ! Elle était loin, moi enceinte de six mois …

** … Charlène aussi nous raconte … »
Jolie ? Tu plaisantes ! Tu l’as jamais vue ? Jolie comme un cœur, canon !
Un peu plus grande que moi, mince, un visage de poupée et ses yeux ! D’un bleu ! Clairs, presque gris ! Au début j’ai cru qu’elle portait des lentilles de couleur ! Quand tu arrives à quitter son regard ? Ses seins ! Mes aïeux ! Surprenant des seins comme les siens pour une fille si mince. Et je peux te dire qu’ils se tiennent ! Elle met toujours un soutien-gorge, mais elle pourrait s’en passer sans problème !
Ah si ! Une chose ! La première fois que je l’ai vue, elle était blonde, mais on voyait bien que c’était une teinture, on voyait les racines, et puis …
Bon, je peux te parler franchement, je sais pas si c’est important pour ton histoire, et si t’as besoin de détails, mais la première fois que je l’ai vue nue, on se posait plus la question pour sa couleur naturelle : un joli buisson châtain foncé ! Heureusement elle a repris sa couleur naturelle : Christelle s’était fichue d’elle ! c’est beaucoup mieux, même si ça n’a plus d’importance dans l’intimité ! Elle s’est rasée !
C’est ma faute.
Je lui avais dit que Christelle préférait, et comme la parole de Christelle compte pour elle …
Naturelle, elle était superbe. Mais entièrement rasée ! Waouh ! elle est … hyper sexe !
Des détails ? C’est de la curiosité, là, tu veux vraiment écrire ça ?
Bon, imagine … mince, des seins à pleurer de jalousie, je t’ai déjà dit, le ventre à peine bombé sous le nombril et qui se creuse en-dessous, les pointes des os des hanches à peine saillants et un mont de Vénus ! Tu vois plus que ça ! Un triangle large, gonflé, je te jure … une fois Christelle avec une petite pompe … je m’égare, je t’assure, pareil, une fente haute, à peine creusée en haut, juste un peu de rose qui dépasse entre ses jambes … à croquer ! Et tu veux savoir ? Elle se rend même pas compte de l’effet qu’elle fait ! Rien que t’en parler … Tu l’écris pas, ça, hein ! Tout ? Tu veux tout savoir ?
Depuis le début ? Il faudra voir avec Christelle, alors ! Moi, je peux juste te dire comment on l’a rencontrée.
C’était ici. Elle était avec des copines à elle, de son boulot, elles fêtaient son anniversaire.

**…voyons donc Christelle…**
Pour tout dire, je ne suis pas très fière de moi. Pourtant je ne regrette rien. Un mauvais départ ? Oui et non. Expliquer, justifier … quelle importance ? A quoi ça sert ? Il y a aujourd’hui, il y a demain … regarde-la ! Regarde-nous !
Bien sûr qu’elle me plaisait ! Mais je ne me jette pas sur toutes les filles qui me plaisent, voyons !
La faute de Cathy ? Grâce à Cathy ? On peut le dire des deux manières. Elle m’avait dit « … une allumeuse, une bonne leçon lui ferait du bien … ». Et c’est vrai qu’elle faisait fort ! L’alcool, sans doute ! Elle me provoquait, me relançait, même quand Charlène m’a rejointe elle continuait. Pas de la drague, de la provoc !
Elle se trémoussait devant moi en dansant, me donnait des coups de hanches. Je l’ai invitée pour un slow : elle se collait à moi ! A la fin, un baiser sur sa bouche, pour voir, normal, non ? Elle m’a mordue la lèvre ! Après sur la banquette elle jouait avec mes cheveux … Un vilain jeu d’allumeuse, Cathy avait raison, c’est ce que je pensais et j’ai arrêté de jouer quand Charlène est arrivée. C’est elle qui est venue me relancer, comme quoi je préférais les filles faciles …
Lui donner une leçon ? Un peu, peut-être. Juste rentrer dans son jeu. Et puis c’est elle qui m’a demandé si je pouvais la raccompagner. Charlène est partie de son côté.
Elle avait trop bu, sans doute, mais elle marchait droit ! Et pendant que je conduisais, elle s’appuyait contre moi, me caressait la jambe. Alors alcool ou pas, je l’ai amenée chez moi.
Elle s’est écroulée sur mon lit, comme une masse ! Impossible de la réveiller ! J’ai passé la nuit sur mon canapé. Un comble, non ?
Les menottes ? Encore une provoc ! Quand elle s’est allongée, c’est elle qui a répété, comme elle m’avait dit au bar, « A moins de m’attacher, t’arriveras à rien ! ». Tu me connais ! Ces jeux-là …
Et elle s’est endormie !
J’avoue que le lendemain, j’étais pas de très bonne humeur. Elle faisait semblant de se souvenir de rien ! Alors oui, là, j’ai voulu lui donner une leçon … Et elle attendait que ça !

**… Jade, une de ses collègues de travail, m’a dit …**
Elle était déjà à son bureau le lundi quand on est passées lui dire bonjour. Moi je suis réceptionniste. J’étais avec Cathy, une infirmière, c’est avec elle qu’on avait fêté l’anniversaire de Patricia le samedi soir …
— Alors, cachotière ! ça va ?
— Euh … oui ! Pourquoi ?
On riait, Cathy me poussait du coude. Curieuses. On voulait savoir
— T’es bien rentrée, samedi ? Pas de souci ? enfin samedi … ou hier …
Patricia fronçait les sourcils, elle haussait les épaules, mais ses joues se coloraient un peu. On a vu tout de suite qu’elle avait quelque chose à cacher.
— Oui, ça a été, pourquoi ?
— Ben … on se disait que ta soirée s’était peut-être prolongée …
C’est surtout Cathy qui la bousculait :
— C’est que … comment elle s’appelle déjà ? Christelle ? … elle avait l’air plutôt … insistante !
— Elle m’a posée devant chez moi, c’est tout !
— Ouais …
— Quoi ? … C’est quoi ces sourires bêtes ?
— Euh … comme on t’a jamais vue avec un mec, on se disait que …Tu cachais peut-être bien ton jeu !
— Ça suffit ! Fichez le camp ! Vous imaginez n’importe quoi !
Elle faisait un peu la tête, elle nous a fichues dehors de son bureau, mais c’était évident qu’elle nous racontait des craques !

** … Patricia se souvient … »
Je savais pas où j’étais. La bouche sèche. Un mal de tête terrible, je sentais mon sang battre, le front et les tempes serrées, j’arrivais même pas à ouvrir les yeux, tout collés, douloureux. J’ai voulu me frotter les yeux … impossible de bouger les mains.
Je savais pas du tout où j’étais et ce qu’il se passait, et cette douleur dans la tête, horrible. Et puis j’ai commencé à m’affoler, mes mains retenues au-dessus de la tête, incapable de bouger, la morsure sur mes poignets … j’ai réussi à entrouvrir un œil, et je l’ai refermé aussitôt, comme un coup de poignard, aveuglée par une lumière trop vive au-dessus de moi.
J’étais attachée ! Allongée sur un lit, mal aux épaules, mal aux seins aussi, mordus par l’armature du soutien-gorge, mal au dos des plis de ma robe roulée en chiffon dans mon dos.
J’ai voulu crier, mais j’avais la gorge tellement sèche ! Et des images revenaient …

« « « … le bar … les bières au début, la téquilla ensuite … les rires … après … après … quoi ? … les lumières et les rires … Voilà ! C’est ça ! Cathy est venue me chercher chez moi. Mon anniversaire ! Une virée entre filles, Cathy, Jade, on a bu, dansé, bu encore, on riait … » » »

Je me suis mise à pleurer, les larmes coulaient sur mes joues, je devinais à travers, tout brouillé, un abat-jour au-dessus de ma tête, des murs tapissés de grandes fleurs vertes, je reconnaissais rien, je savais pas où j’étais, je me débattais, en levant les yeux j’ai vu les menottes sur mes poignets, la chaînette passée derrière un barreau à la tête du lit, mes chaussures et mon sac parterre contre un mur, une porte fermée. Je paniquais …

« « « … il y avait les copines de l’hôpital qui avaient organisé la soirée, Jade et Cathy. Des banquettes de velours rouge et des bouteilles sur une table en verre. On riait. On dansait … Que des filles … ce nouveau bar, où Cathy avait dit « … un bar de filles ! on sera tranquilles ! … », d’autres filles à notre table, deux … on a dansé … une brune qui me serrait de près, un slow … qui voulait m’embrasser … je riais, une fille ! … ses mains sur mes fesses … Jade qui se moquait de moi … » » »

Le bruit de la porte, je me suis redressée, une silhouette, et à travers les larmes, je l’ai reconnue. C’était elle. La fille du bar !

« « « … les cheveux bruns bouclés, tshirt blanc et pantalon noir, plutôt jolie, plus féminine en tout cas que les autres filles du bar. Elle souriait. Elle plaisantait. Un slow … un slow avec une fille, comme dans les boums au lycée, c’était amusant. Un baiser volé. Une main sur mes fesses … son regard moqueur. Ses lèvres sur ma bouche. Je l’ai mordue … elle riait… » » »

Le même regard, froid et moqueur. Le sourire. Elle s’est agenouillée sur le lit, m’a enjambée, s’est assise sur mon ventre. J’ai eu peur de faire pipi sur le lit tellement elle appuyait sur ma vessie. Elle s’est penchée, ses deux mains autour de mon visage :
— Alors, beauté ! Enfin réveillée ? T’as une sale tête !
D’une main elle a repoussé une mèche de cheveu, me serrait le menton entre deux doigts, me secouait de droite à gauche en riant :
— Mais c’est qu’elle a pleuré, la pauvrette ! C’est ça, quand on picole et qu’on sait pas ce qu’on dit ! Tu te rappelles pas ? Ça te faisait bien rire pourtant !

« « « … les fauteuils, la fille à cheval sur ses genoux, qui tenaient ses mains, l’embrassait dans le cou, Jade et Cathy qui l’encourageaient :
— Allez, Pat ! un baiser ! c’est rien !
— Embrasser une fille ? Faudrait que je sois vraiment saoule ! et encore !
— Allez, un souvenir pour tes 25 ans ! Embrasse-la, quoi ! C’est un jeu !
Je tournais la tête chaque fois que la fille se penchait vers ma bouche, j’avais libéré une main en me débattant.
— A moins de m’attacher, t’arriveras à rien !
La fille s’était redressée en caressant mon sein au passage :
— C’est comme tu veux ! Ce serait amusant, attachée, à ma merci ! Si c’est ça que tu veux, ça peut s’arranger !
Elle m’avait relâchée, regard de défi, avait renouvelé les consommations … on a bu et dansé et ri. Elle me défiait, je riais, je buvais… » » »

— Ça y est, tu te rappelles un peu ? T’avais pas mal picolé, ça aide pas !
— Détache-moi ! Arrête ça, c’est pas drôle …
— Oooh, mais c’est toi qui voulais ! Tu voulais qu’on t’attache …
— Arrête … j’ai mal à la tête … j’ai envie d’aller aux toilettes … détache-moi !
Elle appuyait de ses fesses sur mon ventre en riant :
— Attention à toi ! Pas question de pisser sur mon lit !
Elle m’a détaché une main, et a refermé aussitôt la menotte sur mon poignet.
— Hier soir tu voulais jouer … mais je suis restée sur ma faim, tu t’es endormie ! On va pouvoir jouer, maintenant ! ».
Elle m’a fait assoir au bord du lit. J’étais prise de vertige, je soutenais ma tête prête à exploser entre mes mains en gémissant de douleur aux élancements d’une migraine de lendemain d’excès d’alcool :
— … attends … attends … détache-moi, s’il te plaît, ça suffit maintenant …
— Pas question, chérie ! Tu voulais jouer ? On joue … tu riais bien, hier soir, tu te rappelles ? Allez, debout !
Elle me guidait d’une main sur mon bras, je l’ai suivie dans le couloir à tous petits pas maladroits jusqu’à la salle de bains, elle m’a poussée dos au siège des toilettes et s’est agenouillée devant moi :
— On y va ? Fais pas cette tête !
Ses mains sous ma robe, elle a baissé ma culotte sur mes chevilles, et comme si ça suffisait pas, elle a remonté ma robe sur ma taille et m’a poussée sur le siège des toilettes. Elle se moquait de moi :
— Eh ben ! Mais c’est qu’elle est toute rouge, la demoiselle ! Et fausse blonde, en plus ! Allez, grouille ! Et arrête de pleurer, c’est agaçant !
Elle me tendait un bouchon de papier toilette. J’avais honte, mais j’avais trop envie.

Elle me regardait, tout le temps que … c’est humiliant ! Elle m’a relevée quand je me suis essuyée, m’a tirée devant le lavabo.
Bon … humiliant c’est vrai … mais … pour être tout à fait honnête, me faire bousculer par cette fille, qu’elle me mette toute nue avec toujours mes mains prises dans les menottes, ça me faisait en même temps un effet … bizarre.
— Lave-toi un peu, ton ricil a coulé, et tiens, prends la brosse à dents, ça te fera du bien !
J’essayais de me tortiller, mais ma robe voulait pas redescendre, et quand je me suis penchée pour me rincer la bouche, elle m’a carrément mis la main aux fesses, et elle m’empêchait de me relever de son autre main dans mon dos. Je pliais les genoux, mais rien à faire pour échapper à son doigt qui suivait la raie des fesses.
— Joli p’tit cul, dis-moi ! T’es pas mal foutue ! Bon, ça y est ? Et puis arrête de te tortiller comme ça, c’est ridicule ! Tes poils aussi c’est ridicule, cheveux blonds et foufoune brune, ça le fait pas ! c’est moche ! Ça les fait pas rigoler tes copains ? T’aurais pu tout faire teindre, ça aurait peut-être amusée ta coiffeuse !

Je voulais que ça s’arrête, que tout s’arrête, sortir de ce cauchemar. J’avais un mal de tête horrible, et je tremblais tellement que je devais me retenir des deux mains au lavabo pour ne pas m’écrouler.
Elle m’a enlevé les menottes, et puis sans que je puisse réagir elle a soulevé ma robe au-dessus de ma tête. J’ai senti ses mains essayer de dégrafer mon soutien-gorge dans mon dos. J’ai voulu lui échapper. Heureusement qu’elle m’a retenue in extremis, je serais tombée, les chevilles entravées par ma petite culotte.
— Eh ! Où tu comptes aller, comme ça ? Reste donc tranquille ! J’ai déjà vu tes fesses, tu peux bien me montrer tes seins, non ? Waouh ! Jolis ! Un peu lourds … mais j’aime … oh oh ! tes tétons m’aiment bien ! Tu vois que ça a du bon, des mains de fille ! Tu faisais ta bêcheuse, hier, mais regarde … regarde je te dis ! tu vois comme ils bandent bien ? Eux ils peuvent pas tricher !
Elle était derrière moi, me serrait contre elle, elle soupesait mes seins, me pinçait jusqu’à me faire mal pour m’empêcher de me débattre.

J’étais toute nue, ma culotte enroulée à mes pieds, j’avais honte d’être traitée comme un objet, malmenée, bousculée par cette fille qui se moquait de moi, honte de ma nudité, honte de mes tétons dressés, honte de céder à la fin, parce que je cédais, je m’en rendais bien compte, au point de ressentir une pointe d'excitation à être traitée ainsi.

« « « … cette fille … Christelle, elle s’appelle Christelle ! elle dansait avec une petite blonde qui se pendait à son cou et c’est moi qui était allée vers elle pour la provoquer :
— Tu préfères les filles faciles ?
Christelle m’avait rejointe sur la banquette plus tard :
— Jalouse ?
— Je m’en fous ! Tu dragues qui tu veux !
… je faisais la maline devant les copines, piquée par leurs sarcasmes … je l’avais laissée faire quand Christelle avait ensuite posé une main sur ma cuisse, qu’elle remontait la main entre mes jambes sous ma robe … les rires des copines … j’enfonçais mon poing au creux de mes cuisses pour l’empêcher de remonter trop haut … les rires encore …
— Elle va craquer ! En fait, faut la forcer, elle aime ça !
— C’est vrai, chérie, t’aimes qu’on te bouscule ?
… provoc stupide … je m’en souviens maintenant :
— Tu saurais pas faire ! Une fille, pff !
… et puis d’autres verres … et d’autres encore … et le trou noir ! Chez elle ! Comment je me suis retrouvée là ? … » » »

Je me cramponnais de mes deux mains libres au bord du lavabo.
J’ai encore essayé de lui échapper en sentant une main quitter mes seins et descendre lentement vers mon ventre. En me débattant, j’ai cogné son visage de l’arrière de ma tête.
Christelle m’a retournée face à elle et m’a giflée sèchement, a écarté d’un geste la main qui montait à ma joue. Elle me menaçait d’un doigt tendu, m’a asséné une deuxième gifle, sur l’autre joue en se tenant le nez de l’autre main :
— Tu m’as fait mal ! Merde ! Je saigne du nez ! Tu veux vraiment jouer à ça ? Ne bouge pas ! Regarde-moi et ne bouge pas ! C’est compris ? Dis-le !
— … oui … j’ai compris …

J’osais plus bouger. Elle saignait du nez. Elle pressait mes seins à pleines mains, elle me faisait mal et le savait, tirait mes tétons en les pinçant fort, giflait mes seins la main ouverte.
Elle a pris ma toison à pleine main, tirait, tordait, riait de me voir me dresser sur la pointe des pieds en grimaçant.
Accroupie à mes pieds, elle a fini de m’enlever ma culotte, l’a roulé en chiffon et me l’a enfoncé dans la bouche. Elle me menaçait d’un doigt tendu sous mon nez :
— Tu ne bouges pas !
Elle serrait ses doigts autour de ma gorge, de l’autre main fouillait mon sexe de ses doigts tendus, durs.
Elle a éclaté de rire et moi je serrais les dents de honte, les joues brûlantes : pas parce qu’elle me violait de ses doigts … parce que mon corps me trahissait, parce qu’elle venait de s’en apercevoir. Je savais. Depuis le début je savais. Depuis qu’elle avait baissé ma culotte devant les toilettes, et plus encore quand elle avait martyrisé mes seins, depuis qu’elle m’avait giflé : je mouillais. La manière dont elle me traitait m’excitait.
— Alors c’était pas du chiqué ! T’aimes vraiment ça être bousculée ! T’aimes ça ! Tu dégoulines, ma chérie ! Tu sens ?
Je fermais les yeux, je tremblais de tension, elle plongeait deux doigts tendus dans mon vagin, pliait les doigts au creux de mon ventre pour masser la muqueuse plus dure, les dépliait et repliait encore après quelques va-et-vient.
Elle s’est arrêtée, s’est écartée de moi.
— T’aime ça, chérie ! D’autres se seraient battues. T’aurais perdu, je suis plus forte que toi, mais t’as pas essayé. T’aimes ça ! Et tu veux que je te dise ? Je le savais. Depuis hier je savais. Ne fais pas cette tête-là ! Depuis hier. Tu veux jouir ? T’es mûre, je sais. Tu veux ? dis-le !
Elle a enlevé ma culotte de ma bouche, m’a embrassée sur les lèvres. Je baissais les yeux, je baissais la tête. Je n’ai rien dit, la gorge nouée.
Longtemps muette sous son regard moqueur.
Elle m’a abandonnée, a quitté la salle de bains, m’a laissée seule avec ma honte et ma frustration.

Je me suis passé de l’eau sur le visage, j’ai attendu. En vain, elle n’est pas revenue. Je me suis rhabillée, j’ai récupéré mon sac et mes chaussures dans la chambre.
Christelle buvait un café attablée dans sa petite cuisine. Elle s’est levée et m’a prise par le bras pour m’entraîner vers la porte palière. Un dernier baiser sur la bouche et elle a ouvert la porte, m’a poussée dehors d’une main dans le dos :
— Tu sais où j’habite. Tu sais ce que tu aurais de moi, ce que tu voulais hier soir avant de t’endormir. A toi de voir ! Ciao !

La suite ? Bien sûr qu’il y a une suite !
A bientôt !

A suivre.
Misa- 10/2015

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