Sextrot 6


On ne peut pas tout faire à la fois, se battre contre des souvenirs du passe et .bâtir une vie nouvelle dans un lit avec une femme qu’on connaît mal ou trop peu. Nous élirons donc ce lieu encombré comme lieu de notre première relation amoureuse. Pauline a vite fait de jeter à terre le panier de linge à repasser. C’est une ménagère vive lorsqu’elle s’est fixé un but. Je la suis de près et je réussi à dégrafer son soutien gorge. Elle rit et se jette sur la housse de matelas qu’elle vient de tendre. Je tombe à côté d’elle comme dans un jeu. Appuyés sur un bras, nous nous faisons face et réalisons soudain que la situation est grave. Des mots, paroles, paroles… Ce stade est passé.


- Oh! C’est vrai, cette fois tu veux bien de moi ? Interroge la femme .

Pour toute réponse, j'ai un geste tendre. Ma main libre caresse une joue, tout doucement, pour signifier mon accord. Le regard de la femme s’illumine. Elle sait que j’irai jusqu’au bout, que je vais l’aimer. Ne serait-ce qu’une fois, elle m’en sera reconnaissante. Son mari se tourne vers une autre. Elle a besoin de savoir qu’elle peut plaire. Les circonstances permettent une union sincère. J’en oublie la recherche des traces de Lili sur ce corps offert tant le regard de Pauline rayonne de joie.

Il est temps de lui retirer sa dernière défense, un joli string à fine dentelle. Je porte mes mains à la ceinture, elle lève les jambes à la verticale, on ne peut pas manifester plus clairement son consentement : elle facilite ma tâche et me dévoile une nouvelle fois son sexe velu. Les grandes lèvres rapprochées par le mouvement des cuisses levées, forment une moue au milieu de sa toison préservée. Est-ce cette portion d’elle que suce Lili ?

Mais je le vois d'un autre oeil, ma libido libérée depuis le départ sans retour de Lili prend le dessus puisque je sais que Pauline sort des bras de mon ex femme. Il y a en effet dans mon érection subite quelque chose de plus que l'envie de retrouver des marques de Lili.

Que le string soit le cadeau de Lili à Pauline pour leurs embrassades du jour, ne me fait pas réagir. Je suis plus sensible au spectacle de cette vulve négligée par l'amant actuel de Lili. La double maternité lui a laissé le charme et l'envoûtant mystère qui attire les hommes vers les femmes, moi en cet instant. Car Pauline tout à coup exerce sur moi un formidable attrait; j’ai envie de la connaître, de la posséder.


Malgré notre passé et nos expériences conjugales, malgré notre décision commune de passer à l'acte, nous restons un peu gauches, embarrassés pour savoir par où commencer. Entre nous tout est nouveau à partir de cette préparation vestimentaire. Qui doit commencer, comment? Il faut oser sans effrayer. Pauline se penche sur mon torse, fixe mes yeux et vient déposer ses lèvres sur les miennes. Nos bouches se livrent, des frissons se répandent dans nos corps.

Voilà le déclic nécessaire pour nos deux corps nus; nous nous étreignons étroitement, la jonction se fait naturellement. Je me coule dans le berceau des cuisses écartées, sa main tient mon sexe tumescent, le dirige vers le sien. Je pousse, le passage se fait sous la pression de mon gland. C’est fait, je la pénètre, je me sens étrangement bien dans la chaleur de son vagin. Elle déclare:

- Oh mon Dieu, que c'est bon.


Donc l’impression de bien être est partagée. Le mouvement naît de cette sensation de chaleur réciproque. Elle vient vers moi, je plonge en elle, nous conjuguons nos forces patiemment, nous nous embrassons encore, à pleine bouche, nos torses s'émeuvent au contact des seins sur ma poitrine. Tous nos sens sont en éveil et le va et vient de notre accouplement nous transporte lentement mais sûrement vers l'orgasme de l'une et l'éjaculation de l'autre. Mes réserves trop longtemps contenues explosent, mon sperme si longtemps retenu déborde, passe de ma verge dans le vagin accueillant. Nos corps se séparent, nos regards ne se quittent pas.
Je le vois, Pauline est heureuse; j'ai soudain un souci car je n'ai pas pris le temps d'enfiler un préservatif. J'en parle, Pauline me rassure. Depuis la naissance de son deuxième , Robert lui impose la pilule contraceptive :


- Deux marmots, c'est assez, presque trop; est la devise de cet homme si dévoué aux autres; résume pour lui ma douce maîtresse, la voix lourde de regrets.


Oui Pauline devient ma maîtresse, je deviens son amant, le premier. Nous sommes deux à partager des sentiments nouveaux et très forts. De gestes tendres en paroles chargées d'amour, nous embarquons pour une nouvelle traversée. Pauline prend le commandement, m'enjambe, se place au-dessus de moi. Je vois passer au-dessus de ma tête sa chatte rosie par les frottements. A tâtons elle cherche ma verge raidie, me guide puis descend le long de mon membre à la rencontre de mon ventre. Que lui arrive-t-il ?
Elle stoppe le glissement, s’arrache, fait :

-« Chut. Quelqu‘un monte l‘escalier. Les marches en bois ont craqué. Tiens moi, suis-moi.

Elle appuie sur l‘interrupteur placé près de la porte de la chambre ! Tandis qu’on entre dans le séjour, Pauline entrebâille à peine la porte du débarras où nous nous trouvons, elle se penche pour voir et entendre, moi collé à son postérieur, bandant et prêt à la prendre en levrette dans cette posture. Dès les premiers mots des arrivants nous les identifions. Que font ici les deux responsables du sextrot qui sont censés faire tourner le club des déshérités. Robert se dévoile:


- Faisons vite. Penche-toi sur la table, relève ta jupe, je meurs d’envie de te posséder.


Voilà ! Ils sont venus tirer un coup en vitesse. Il faut le faire! Le mari de Pauline la croit chez ses parents avec les s. Il s’informe:

- C’était bien ce soir avec Pauline? Elle prend plaisir à vos étreintes lesbiennes ? Il faudra étudier un moyen de permettre à des femmes de s’aimer tout en préservant l’anonymat en s’inspirant de la passion nouvelle de ma femme pour ton minou, tes seins et tes baisers

- Tu penses.
Elle découvre tout. Il faut voir comme elle me lèche le museau ou la foufoune. C’est attendrissant. Dommage que je doive lui jouer la comédie. Mais le but sera vite atteint, elle renoncera bientôt à venir nous surveiller le soir. Faudra-t-il que je continue à simuler quand j’aurai accompli cette mission?

- Et toujours pas de nouvelles d’André. Tu crois qu’il a compris que tu ne retournerais plus vivre avec lui?

- Je parierais qu’il m’aime toujours après une aussi longue séparation. S’il a mal aux couilles, il n’a qu’à faire comme les autres, venir se dégorger le cornichon dans un trou de séparation. Tiens, s’il venait, je serais contente de lui présenter mon cul pour le faire enrager

- Comment, tu es encore amoureuse de ton ex?

- Ah! Non, il m’a trop empêchée de vivre comme je voulais.

- Bien, tu me rassures. Pourtant des fois tu me fais peur: tu étais folle de lui et ensuite tu le rejette. Feras-tu de même avec moi. Prends la position.

- D’abord réponds à une question. Quand as-tu l’intention d’annoncer à Pauline ta décision de divorcer? Tu commences à me mener en bateau. Tu inventes des jeux pour épargner sa susceptibilité. Tu gagnes du temps, ça n’avance pas. Secoue-toi si tu veux m’avoir.

- Pas avant les fêtes, pense à mes s. D’ailleurs as-tu touché un mot à André à propos de votre divorce? ? Si tu veux m’épouser, toi aussi tu devras être libre.


- Ne t’inquiète pas pour ça. C’est une simple formalité. Un soir je me présenterai chez lui. Il fondra de bonheur. S’il le faut, nous tirerons une crampe et il signera les yeux fermés le dossier de divorce à l’amiable, surtout si je lui promets d’autres visites du même genre. J’utiliserai jusqu’ à plus soif son amour et sa naïveté.

- Qu’est-ce que tu es vache avec lui.

-Il m’en a trop fait chier. Vouloir m’interdire d’être bénévole, quelle bêtise. Et toi, tu parleras à ta lapine faiseuse de chiards.
Oui ou non?

- Mais oui. Allez tourne tes fesses.;

Robert se place derrière Lili, avance braguette ouverte, bite en main, plie les genoux et d’un seul élan se fraie un passage et s’installe dans le vagin de mon ex. Le temps presse, il se lance aussitôt dans des charges longues, profondes et rapides. A ses questions, Lili répond que c’est fameux.

Par mimétisme, simultanément je m’enfonce en Pauline


Lili et Robert avaient-ils que le temps pressait autant. Avant qu’ils ne transpirent, la sonnette retentit.

Robert crie :

- Merde, qu’est-ce que c’est? Ma putain d’emmerdeuse revient déjà. Tant pis pour elle, je vais lui envoyer à la figure ma demande de divorce. Rhabille-toi pour éviter les cris et les larmes. Evitons de lui fournir un argument pour gagner un divorce pour adultère. Elle ne doit pas savoir que nous voulons nous marier, sinon….

Du haut de l’escalier Robert crie:

- C’est toi Pauline? Tu as oublié tes clés?

Une voix d’homme répond :

-Non, je suis Roger le nouveau cuisinier. Faites vite, la grande salle est fermée, il y a un attroupement d’hommes devant chez nous. Des voisins veulent appeler la police. Venez vite si vous ne voulez pas un scandale


- Bien j’arrive, j’étais juste venu chercher des préservatifs.

Il se passe un peu d’eau sur la figure. Lili se lave vite la fente avec une éponge de vaisselle. Ils dégringolent l’escalier. Je me retire du vagin de Pauline toujours penchée vers la porte. J y étais entré pendant qu’elle écoutait la conversation des deux amants? Elle a apprécié et souhaite continuer.


- Viens, retournons au lit pour nous aimer, ce sera plus confortable. Alors te fais-tu encore des illusions sur les sentiments de Lili pour toi? Ce soir, chez elle, dans la cabine du magasin, elle m’a tenu un discours assez ressemblant, sans toutefois évoquer le divorce ni son intention d’épouser Robert. Quelle salope ! Pardonne ma vulgarité, je ne trouve pas d’autre mot pour la qualifier. Elle est comédienne au service du mal, vicieuse jusqu fond du cœur. Les deux hypocrites vont me payer l’ensemble. J’ai un coup d’avance sur eux. La note sera chère. Et toi, que comptes-tu faire?

- J’ai envie de vomir. Par chance ils ne nous ont pas vus ou entendus.

- Je me suis mordu les lèvres quand tu m’as prise par derrière. J’ai joui avec la main entre les dents afin de ne pas trahir notre présence. Avant tout, profitons du sursis qui nous est accordé, aimons-nous encore plus fort, veux-tu ?

- Que oui! Je veux. Je veux lire dans tes yeux, viens sur moi..

Faire l’amour maintenant, c’est en quelque sorte passer un contrat. C’est aussi faire un pari sur l’avenir. Après les fêtes nos conjoints nous annonceront leur choix du divorce. Nous avons en commun, Pauline et moi , cette perspective. Cela resserre le lien qui nous unit Nos sexes s‘imbriquent, nos volontés s‘uniront. Le balancement du bassin de Pauline autour de mon membre, sur mes cuisses et mon ventre, est comme une promesse de lutter ensemble. Mais c’est dans son regard que je vois le plus clairement sa détermination à partager la défense de nos intérêts. Les amants nous ont condamnés, ignorants de la force que peut susciter le fait d’être deux et unis dans l’adversité. Le chagrin aurait pu me si je m’étais trouvé seul face à Lili impitoyable. Pauline isolée à l’annonce de la décision de Robert aurait-elle su réagir positivement?

Mais dans nos étreintes, dans la chaleur de nos enlacements, de nos baisers nous puisons une énergie nouvelle.

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