Collection Black. La Mauvaise Surprise (1/5)

Il est drôle de partir chez sa sœur avec sa voiture et de crever à moins de deux kilomètres de chez soi sans savoir comment changer sa roue.
C’est ce qui m’arrive ce matin.
Ayant garée ma voiture pour éviter qu'elle ne gène la circulation, je décide de retourner jusque chez nous chercher Antoine, mon mari, qui est comme moi en vacances d’été.

À trente-cinq ans, j’aime pratiquer le sport : la salle l’hiver et le jogging l’été.
Lorsque je suis partie, Adrien son copain arrivait.
Nous nous sommes embrassés et j’ai filé.
J’évite cet homme depuis qu’un jour, Antoine étant parti pour trois jours, il a débarqué à dix heures du soir prétextant récupérer un bouquin qu’il avait prêté à mon mari et dont il avait impérativement besoin.
La claque qu’il s’est prise lorsque nous sommes allés dans la cuisine pour chercher des glaçons à mettre dans notre whisky et qu’il a essayé de me coincer près de la table de cuisine, l’a dissuadé de recommencer.
Il a compris que depuis dix ans que nous sommes mariés, mon homme et moi, avec quinze ans de vie en commun, quoique aucun ne soit venu égayer notre foyer, l’amour entre nous est resté intact.
Depuis, chaque fois qu’il vient, je trouve un motif pour me sauver.
Donc je suis de retour dans le foyer conjugal.
J’entre dans la maison et j’appelle Antoine.
Personne ne répond.
La porte de la cuisine qui donne vers le jardin est ouverte.
C’est là que je les vois.
Ils sont tous les deux, profitant de la douceur de la journée, enlacés au soleil sur un transat ressorti au début de ce mois de juillet.
Horrifiée, je vois Antoine prendre les lèvres d’Adrien et lui donner un baiser plus fougueux que jamais je n’en ai reçu.
Ce qui me fait le plus mal c’est ce que j'entends :

- Adrien, je suis amoureux de toi, mais mon bonheur sera toujours incomplet tant qu’Alice sera hors de nos jeux et de notre amour.


Dommage que le rapprochement entre vous ait échoué, j’espérais beaucoup qu’elle deviendrait ta maîtresse et après trouver la solution pour vivre une vie à trois ce que nous envisageons depuis des mois.
J’en ai assez de faire l’amour avec toi en ayant l’impression de la tromper alors que par son refus de te céder, elle m’a montré tout l’amour qu’elle a pour moi. Pire même, la voir faire l’amour avec d’autres hommes, tombe à l’eau, l’emmener au club privé libertin près de Montpellier est impossible pour moi sans elle.
- Tu m’as tout de même moi, même si on doit se cacher.
- Oui, Adrien, j’ai envie que tu me prennes, j’aime ta bite en moi.

Je sors en courant de ma propre maison ayant découvert avec horreur que mon mari est homosexuel.
Il m’est impossible de rester pour voir l’homme, qui il y a quinze ans m’a dépucelée, se mettre en position pour se faire défoncer l’anus par son copain.
Tout se bouscule dans ma tête.
Depuis quand mon homme a-t-il découvert ses penchants pour le sexe de ses congénères ?
Lorsqu’il a souhaité récemment m’enculer et que j’ai accepté, étaient-ils déjà amants et se faisait-il déjà sodomiser ?
Antoine connaît Adrien depuis leur service militaire fait ensemble à Metz.
Un des points qui me choque dans ce qu’ils ont dit, c’est qu’Adrien, en l’absence d’Antoine, est venu me draguer par calcul pour me faire tomber dans un piège et m’entraîner dans leurs jeux, sans prendre en compte, mes pensées, mes désirs et mes envies.
Je constate que pour les deux hommes, ils souhaitent que je sois un pion qu’ils manipuleraient à leur guise.

Je me souviens que le plus drôle, dans la situation qui a suivie la venue de l’amant de mon mari pour essayer de me faire entrer dans leur jeu perverse, était que pendant plusieurs jours, j’ai regretté d’avoir éconduit Adrien car cet homme a une prestance et un charme correspondant à mes envies du moment.
Je fus de bonne foi dans ma réaction, à aucun moment tromper mon époux n'avait traversé mon esprit.

Même pas une bribe de seconde j'ai eu la pensée à prendre un amant.
Antoine me satisfait pleinement sexuellement, il fait partie de la vision de ma vie de femme mariée fermement ancrée en moi.
Chaque fois que je fais l’amour avec mon homme, j’ai toujours l’impression d’avoir des échanges équilibrés et passionnés entre lui et moi.
Bien que, quand j'y repense, la sodomie est son terrain de jeu favori.
Combien de fois, m’a-t-il fait remarquer que j’avais un cul à me faire enculer !
Y avait-il un pacte entre Adrien et lui pour qu’il me prenne comme il semble le prendre et ainsi lui donner l’impression de lui être fidèle ?
À y bien repenser, le nombre de fois où mon anus a été arrosé par sa semence quand il me prenait en levrette, sa position favorite pour lui, peut expliquer ma difficulté à tomber enceinte.
Lorsque l’on est amoureux comme je l’étais, certains moments de votre vie peuvent apparaître comme des détails, mais la situation vécue depuis dix minutes fait ressurgir des points qui pourtant auraient dû m’alerter.
Ainsi, pas plus tard qu’au moment de me rendre chez ma sœur, lorsque son copain est arrivé et que je suis entrée dans la salle pour leur dire au revoir, ils se sont écartés précipitamment.
Mais j’étais à cent mille lieux de penser qu’ils étaient certainement entrain de se bécoter, voire de se caresser les sexes.
Autant l’amour entre un homme et un homme ou une femme et une femme étaient pour moi jusqu’à ce matin normal si l’on peut dire, mais l’amour entre mon homme et son copain Adrien me donne envie de vomir.
Ai-je bien vu d’ailleurs ?
J’ai beau essayer de me persuader que j’ai mal vu, mais la bite tendue arrivant vers les fesses de mon mari, aperçue une fraction de seconde par mon œil avant que je ne quitte le jardin ne prête à aucune équivoque.

Il va falloir que je prenne une décision, soit divorcer, soit admettre de rentrer dans leurs jeux.
À la simple évocation de les voir s’enculer, un nouveau haut-le-cœur me fait ressentir que je suis loin d’être prête à vivre à trois.

Finir comme une tranche de jambon dans un sandwich où mes deux partenaires se servirait de moi pour se frotter les bites au travers de mon périnée entre mon vagin et mon cul n'est pas pour moi.
Car ce serait se donner un plaisir mutuel, sans que cette double pénétration ait pour but de me donner du plaisir !
Et le club libertin où Antoine souhaite m’entraîner !
Ai-je le droit d’être d’accord là encore ou dois-je être celle qu’ils veulent que je sois, à savoir soumise à ces hommes et qui va se faire baiser par le premier venu, eux en ayant décidé ainsi !
Là encore s’il n’y a rien de choquant que des personnes en toute liberté acceptent d’aller baiser avec d’autres devant leur conjoint, mais dans ma tête ça va contre mon entendement.

Je marche rapidement et arrivée à cent mètres de ma voiture, j’ai envie de hurler après ce morceau de ferraille en panne qui vient de faire basculer ma vie.
Pourquoi le pneu a-t-il crevé si près de la maison, il aurait attendu quatre à cinq kilomètres sur les dix que j’avais à parcourir, j’aurais appelé mon assistance dépannage et en ce moment je finirais mon parcours ignorant toujours que mon mari aime la bite d’un autre homme.
J’arrive à hauteur du coffre, il faut que je prenne le carnet d’entretien pour trouver la roue de secours et le cric.
Je finis par les trouver avec même la clef pour desserrer les écrous.
Je place le cric, j’arrive à soulever la voiture grâce à la démultiplication.
J’ai beau mettre la clef à sa place sur un écrou, mes faibles muscles sont inefficaces pour le desserrer.

- Je peux vous donner un coup de main ?

Je cherche à droite, à gauche et personne n’est dans mon champ de vision.

- Je suis là.

Je me retourne et vois derrière la clôture de la villa devant laquelle j’ai crevé un homme de couleur me regardant en souriant.

- Pourquoi demander si vous pouvez m’aider ?
Sortez et changez-moi ma roue, si vous êtes galant.


J’ai conscience d’être exécrable, mais il faut bien que quelqu’un paye la traîtrise d’Antoine et de la roue de ma voiture.
Pourquoi pas ce bennais qui me pose une question saugrenue !
Il finit par me rejoindre et me prend la clef de mes mains.
Derrière sa grille, pour moi qui mesure 1 mètre 68, cet homme m’apparaissait comme un géant.
Là, à côté de moi, il fait au moins 2 mètres.

- Excusez-moi d’être désagréable, en plus de crever, je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle.
Tient voyez ce que je dis, la poisse va me poursuivre toute la journée, je viens de me mettre de la graisse sur ma robe, elle va être fichue.
- Attendez, je change votre roue et je vais arranger cela.

Il va dans le coffre, sort la roue trop lourde pour que je la soulève moi-même et il la place le long de la caisse.

- J’ai sorti le cric, je l’ai placé comme ils le dise dans ce bouquin.
- Inutile.

Incroyable, il desserre, les six boulons.
Il en enlève cinq des six, place sa main où il faut mettre le cric, et sans sembler forcer, soulève ma Citroën C3.
Après avoir enlevé le dernier boulon, il remplace la roue.
Boulon remis, il repose la voiture, une opération faite en cinq minutes, montre en main.
Tout rentre dans le coffre et il prend le chemin de sa maison.

- Suis-moi, je vais m’occuper de ta robe et tu te laveras les mains.
- Non, je vais vous déranger, je vais rentrer chez moi.
- Suis-moi et sans discuter !

C’est mot, dit sur un ton impérieux, me fait comprendre qu’avec lui les décisions sont sans appel.
Peu rassurée, j’hésite à avancer surtout que la porte de la maison est fracassée, les serrures pendent lamentablement.

- Aie confiance, il a bien fallu que je rentre, un coup de pied a suffi.

Encore moins rassurant, je devine qu'il squatte cette maison.

- Vous êtes Martiniquais ou Guadeloupéen.
- Je suis Camerounais et j’ai fui mon pays pour des divergences politiques.
J’ai des coupures de presse dans les mains d’un avocat prouvant qu’il était temps pour moi de prendre l’avion qui m’a permis de venir en Espagne puis ici, car nous parlons la même langue.
Arrête de flipper entre, je suis un baroudeur, mais jamais je n’ai abusé d’une femme.

Je finis par entrer dans la maison.
Sur les murs, ce qui a été du papier peint pend par bandes entières avec plein de marques d’humidité.
Il va dans la cuisine simplement meublée d’une table et d’une chaise.
Il fait couler de l’eau certainement froide et y ajoute du produit à vaisselle.

- Enlève ta robe, je vais la laver.
- Mais je suis seulement en sous-vêtements, retournez-vous.
- Et alors tu crois qu’à mon âge, tu seras la première femme à se déshabiller devant moi ?

Je sens qu’il faut éviter de le contrarier surtout que, planté sur la table, il y a un couteau du même genre que celui que j’ai vu dans Rambo, avec plein de crans sur le côté.
J’ai bien l’impression que j’ai fait une erreur en entrant.
Je suis sûre que l’on va retrouver mon cadavre découpé en morceaux après qu’Antoine ait prévenu la police de ma disparition.

- Tu es bien foutue…

Corrigé par Anne.

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