Mister Hyde 32

– 32 –


– Je suis moulue affirma Lucile en s’asseyant dans le canapé.
Derrière elle, Frédéric ébaucha un geste et laissa retomber sa main : il enjamba le dossier du canapé et enlaça la jeune femme en prenant soin d’être assez doux pour ne pas réveiller le nourrisson qui dormait dans les bras de sa mère. Il enfouit son visage dans la chevelure châtaine aux reflets auburn et murmura, tout en picorant son oreille de bisous, quelques paroles tendres qui firent rire Lucile.
– C’est une excellente idée dit-elle en se levant mais comme tu peux le constater, Gé l’a eu avant toi. Elle a donc la priorité. Je la couche et je te rejoins…
Lucile monta et s’occupa de Gé sans pouvoir empêcher les souvenirs, réveillés par les paroles de Frédéric, d’affluer. En attendant le retour de sa compagne et surtout pour ne pas penser aux divers méfaits qu’il avait envie de commettre avec elle, Frédéric se replongea dans les événements de ces derniers mois, des deux dernières années en fait.
Entre l’achat du site et la vente de la rue Molière, quatre mois s’étaient écoulés. Frédéric les avaient mis à profit pour créer et peaufiner les plans d’aménagement de ce qu’il appelait désormais « La Fabrique » mais surtout pour se faire rencontrer et si possible s’apprécier les membres du futur groupe qui allait vivre ensemble.
Ce fut Fanny qui s’intégra le mieux. Son manque d’implication dans le passé de l’ancien Frédéric y était sans doute pour beaucoup. Son statut de « soumise libre » aussi sans doute : personne ne la voyait comme une rivale.
Ce fut moins simple pour Nathalie. Féru de vérité, Frédéric n’avait caché à aucune de ses amours, les rapports qui le liaient à l’ex-flic ; aussi la belle rousse fut-elle accueillie avec une certaine froideur par Frédérique. Julie, en revanche et sans doute parce qu’elle tenait à ce que sa trahison restât secrète, la traita d’emblée en amie.
Quant à Lucile, elle tissa rapidement des liens complices avec les quatre femmes qui formaient le « Harem » de son homme : elle avait convenu de toutes les trouver sympathiques et ne revint à aucun moment sur sa décision.

Très vite, elle devint leur confidente et leur conseillère, à tel point qu’elle eut bientôt, avec elles, plus de contacts que n’en avait Frédéric. Sa grossesse puis la naissance de Gé ne firent que renforcer son emprise matriarcale sur ces dames.
***
Fanny fut la première à s’installer à « la fabrique ». La maison de repos située à quelques kilomètres était en pénurie d’infirmières, il ne fallut que quelques heures pour qu’elle fût embauchée. Elle posa ses valises en juin – soit trois mois après le début des travaux – et campa plus qu’elle habitât jusqu’à ce que son appartement fût terminé quatre mois plus tard. Elle ne fut pas mécontente de voir arriver Nathalie.
***
Nathalie la rejoignit mi-août. Son intégration au lycée de Suresnes avait tourné court : ses collègues, au mieux l’ignorèrent, au pis la méprisèrent mais ce fut des parents que vint l’estocade. À la fin du deuxième trimestre, une de ses élèves de seconde, sans papiers, fut arrêtée à sa sortie de cours dans un déferlement d’uniformes. La famille faisait l’objet d’un arrêté d’expulsion que le commissaire du cru avait décidé de mettre à exécution mais ce fut Nathalie qu’une frange non négligeable des parents d’élèves, aussitôt érigée en comité de soutien, désigna comme l’instigatrice de ce coup de force. Son année était torpillée et elle, persona non grata. Elle demanda sa mutation qu’elle obtint en un battement de cil, dans un lycée du Beauvaisis, à moins de trente kilomètres de « la fabrique ».
Les travaux étant loin d’être terminés, elle cohabita avec Fanny dont elle apprécia la gentillesse mais surtout la sérénité et la simplicité.
– Les profs n’aiment pas les flics… OK ! Ne leur cache rien. Dis-leur que tu as été flic et pourquoi. Profite de la réunion de pré-rentrée pour leur expliquer les raisons qui t’ont fait revenir dans leur bercail. S’ils ne sont pas trop cons, ils comprendront que tes motivations pour enseigner sont bien plus puissantes que les leurs. Moi, j’ai bossé aux urgences, en psy et en chirurgie réparatrice.
Crois-moi, on y voit des horreurs que la plupart des gens sont incapables d’imaginer, on est confronté chaque jour à la violence et au désespoir, à la mort, à la crasse et à la misère. Toi, toutes ces choses, tu les as vécues de l’intérieur pendant qu’eux ils restaient le cul sagement posé sur leur siège. Tu as bien plus à leur apporter qu’ils ne pourront jamais t’offrir.
Le militantisme sous-jacent de ce discours ne surpris pas Nathalie. Ce qui l’étonna, c’était l’aspect guerrier du discours de Fanny. Celle-ci lut la stupeur dans le regard de son amie et poursuivit.
– Ouais ! Tu te demandes comment ça se fait que je sois aussi volontaire en paroles et en même temps soumise ? On peut y voir une contradiction. Mais en fait, je crois que je ne suis pas soumise. J’ai juste besoin de douceur et c’est ce que me donne Frédéric. Mais pour cela, il doit me mettre en condition de la recevoir et de l’accepter. Quand j’y réfléchis, il m’a toujours donné ce dont j’avais besoin à l’instant où j’en avais besoin. Ce ne sont pas ses désirs qui le guide mais les nôtres. En fait, je crois que la seule véritable soumise de notre groupe de femmes, c’est Lucile. Parce qu’elle lui offre la seule chose dont il a envie et dont il a besoin : la possibilité de veiller sur nous toutes à tous moments. Que ce soit Julie, Frédérique, toi ou moi, nous ne sommes que des sangsues. Nous tirons notre force de Frédéric mais nous ne lui apportons rien en échange si ce n’est un plaisir fugace. Quant à Lucile, nous sommes de vraies salopes avec elle parce que nous abusons de son Amour juste pour la satisfaction de notre bien-être. Pourtant, et c’est le plus bizarre, nous ne sommes pas heureuses. Toutes, sans exception, il nous manque quelque chose. Même à Julie dont on ne peut pas dire qu’elle fasse vraiment partie du cercle.
J’ai beaucoup réfléchi avant de comprendre de quoi il s’agissait, ce n’était pourtant pas bien compliqué à comprendre…
Nathalie lui lança un regard interrogateur mais Fanny ne poursuivit pas.
Du moins, pas comme Nathalie l’espérait :
– Réfléchis ! Je ne veux pas que cette idée vienne seulement de moi, je voudrais qu’elle vienne de nous toutes. Nous lui devons bien ça : un cadeau commun pour rendre le sourire à l’homme que nous aimons et qui nous a rendu la vie.
Nathalie lui lança à Fanny un regard désemparé qui lui répondit d’un sourire.
– Pense aux raisons de ta présence ici, aux motifs qui vont bientôt nous y réunir et la conclusion s’imposera d’elle-même. Quand tu auras trouvé, nous aurons une petite discussion avec Frédérique et Julie et quand nous seront toutes les quatre d’accord, nous en parleront à Lucile.
***
Nathalie, préoccupée de sa rentrée, de ses nouveaux collègues et surtout de ses nouveaux élèves, mit quelques jours à trouver la réponse de l’énigme. Elle déboula dans la chambre de Fanny qui acquiesça en souriant.
– Il est temps d’appeler Frédérique et Julie dit la jeune femme brune en embrassant la rousse.
Dix secondes, c’est le temps qu’il fallut à Frédérique pour découvrir la solution.
– Le mieux, dit Fanny, serait que ce soit toi qui appelles Lucile. Hormis toi, nous sommes toutes libre ce week-end mais comme ta présence est indispensable, il te sera plus facile de trouver un créneau commun cette semaine ou la prochaine. L’important, c’est que lui ne sache rien de cette rencontre…
– Mercredi prochain dit Julie qui, curieusement, n’ignorait rien des emplois du temps de ses consœurs. Frédérique n’a pas de rendez-vous et c’est le jour de bibliothèque de Lucile…
Frédérique acquiesça en lançant à Julie un regard étonné.
– Il faudra que vous montiez à Paris, j’ai un rendez-vous à dix heures que je ne peux pas remettre. Frédéric sera en réunion de chantier au cabinet de l’architecte mais comme il n’est pas impossible qu’il se déplace jusqu’à la fabrique pour voir l’avancée des travaux, pas question de se voir là-bas.
Il n’avait pas fallu à Lucile plus de temps qu’en avait mis Frédérique et elle avait sa petite idée sur la façon de réaliser ce projet.
Ce ne serait pas simple et demanderait sans doute de mentir un tout petit peu à Frédéric mais, tant que c’était pour la bonne cause…
***
En cette mi-septembre, les « 4 Temps » quittaient déjà leurs habits de rentrée pour revêtir ceux de Noël. Lucile leur avait donné rendez-vous au centre commercial afin de pouvoir prétexter une séance shopping si Frédéric l’interrogeait sur sa journée. Ce que, naturellement il ne manquerait pas de faire tant il était avide de tout savoir de ses occupations même s’ils n’étaient séparés que quelques heures.
Julie et Frédérique arrivèrent les premières rapidement suivies de Fanny et Nathalie. Toutes quatre papotèrent de l’avancée des travaux et se gaussèrent de Lucile qui, comme de juste, habitant le plus près arriva bonne dernière. Les retrouvailles furent joyeuses bien que Frédérique lançât par moment des regards jaloux à Lucile qui fit semblant de n’en rien voir.
Elles papotèrent quelques minutes puis Nathalie, habituée à respecter le timing serré de ses heures de cours, lança la discussion. En posant simplement la question :
– Comment allons-nous procéder ?
***
Vers dix-sept heures, alors que Lucile s’apprêtait à quitter la Défense après avoir dit au revoir à Fanny et Nathalie, elle reçut un texto de Frédéric lui demandant ce qu’elle faisait. « Shopping » répondit-elle, « Aux 4 Temps ». « Retrouvons-nous Chez Camille à Suresnes. J’ai de bonnes nouvelles ! » Lucile brûla d’envie de lui dire qu’elle aussi mais elle se contenta d’un « OK » passe-partout. Elle voulait rentrer à pied mais opta finalement pour le 275 qui la déposerait à deux pas de chez elle.
***
Lucile hésita longtemps entre une robe bleue à motif et une robe verte unie. Elle opta finalement pour une courte jupe rouge surmonté d’un caraco de la même teinte qui mettait en valeur son bronzage. Elle se dispensa de dessous et appela une voiture.
Frédéric était déjà là lorsqu’elle fit son entrée. Les quelques convives masculins s’interrompirent en la voyant et la suivirent des yeux tandis qu’elle se dirigeait vers son amant. Frédéric se leva en souriant et l’invita à prendre place à ses côtés afin que tous pussent l’admirer. Certes, cette position serait moins commode pour discuter mais Lucile n’en eut cure, elle était d’humeur coquine et entendait bien communiquer cette caractéristique à son bien-aimé.
***
– Oh Mon chéri, c’est merveilleux dit-elle en posant sur la cuisse de Frédéric une main caressante. Fin juin ou début juillet, c’est un timing parfait pour emménager. On n…
Frédéric l’interrompit d’un baiser tandis qu’il guidât la main de la jeune femme de sa cuisse à son entrejambe.
– J’ai eu envie de toi toute la journée lui dit-il à l’oreille. Je ne tiens plus et ta tenue n’arrange rien.
– Est-ce cela que tu veux ? répondit-elle en reprenant sa place après avoir libéré le sexe de son conjoint de la double prison de tissu où elle était enfermée et commencé à doucement le caresser.
– Exactement affirma-t-il sur le ton du badinage, je ne pouvais espérer meilleure suite à cette journée que j’ai tout de même passée entouré d’hommes plus barbus et revêches les uns que les autres. Ta douceur m’enchante.
– J’aurais fait plus si nous n’avions été qu’entre nous… Rien que d’y penser, j’en ai l’eau à la bouche.
– Dommage que nous ne puissions pas nous éclipser ensemble vers les toilettes, j’aurais offert à ta bouche un liquide plus savoureux que de l’eau.
Sous la table, la main de Lucile se raffermit sur le membre dur de son chéri et, tout en restant aussi discrète que possible, elle amplifia les mouvements de son poignet.
– À ce rythme, je ne vais pas résister bien longtemps assura-t-il en se cachant derrière le menu.
As-tu fait ton choix ?
Le serveur s’avançait dans leur direction, pour se donner une contenance, Lucile porta à ses lèvres le verre commandé pour elle par Frédéric avant son arrivée. Elle avala une gorgée de Cuba libre (avec très peu de rhum) et commanda sans cesser ses caresses masturbatoires. Frédéric, dont la contenance était moindre, choisit une entrée et un plat et réserva sa décision pour le dessert. Il fit accompagner le tout d’une bouteille de Bourgueil.
– Je vais jouir, tu sais ! dit-il en explosant dans la main de sa Douce.
Lucile éclata d’un petit rire cristallin et porta à ses lèvres sa main souillée. À petits coups de langue discrets, elle lapa le liquide qui parfumait ses doigts puis se laissa amoureusement aller contre l’épaule de son amant.
– J’aime le goût de ton sperme, il te ressemble : âpre au début mais merveilleusement parfumé. Tu devrais me laisser l’avaler plus souvent.
– Si tu continues sur ce ton, je ne vais pas tarder à bander de nouveau. Méfie-toi jeune fille, il pourrait bien t’en cuire…
– Des promesses, des promesses mais j’attends toujours que tu me fesses. Alors, comme tu dis, je vais continuer sur ce ton. Après tout, moi, je n’ai pas joui.
Frédéric plaqua sa main sur la cuisse de Lucile, ouvrit la bouche pour parler et marqua un temps d’arrêt. Il pesait le pour et le contre. Enfin, il se décida.
– Relève ta jupe et écarte les jambes.
Lucile fut surprise. Elle regarda Frédéric dont les traits s’étaient durcis. Elle avait pour la première fois affaire au Maître, elle obéit.
La main de Frédéric remonta lentement du genou au pli de l’aine. Il sourit en sentant le sexe de Lucile exempt de culotte. Il lui fit part de son plaisir et caressa du bout des doigts l’entrée de sa vulve et son clitoris. Une violente coulée de cyprine les accueillit tandis que la belle ne pût retenir un soupir.
– Ne compte pas jouir ici. Je réserve cela pour la maison où tu pourras t’exprimer tout à loisir. Je vais juste t’amener au bord du gouffre et t’imposer quelques piqûres de rappel tout au long du dîner. J’espère que ce programme te convient parce que nos plats arrivent et que j’ai choisi une blanquette pour garder une main libre à ton intention.
Lucile n’estima pas indispensable de répondre immédiatement. D’autant que le serveur était maintenant à portée de voix et qu’elle voulait éviter que les soupçons – qu’il ne pouvait qu’avoir – ne soient confirmés par des paroles trop évidentes.
Elle attendit l’éloignement du serveur qui s’était éternisé en attendant que Frédéric daigne goûter le vin et donner son assentiment pour déclarer :
– Oui Maître, ce programme me convient.
– Bonne fille ! murmura Frédéric – frémissant de plaisir – avant de porter une bouchée à ses lèvres.
Ils dînèrent en silence, n’échangeant que de rares et brefs commentaires sur la qualité des mets qu’ils dégustaient. Cependant, Lucile était bien moins sereine que ne le laissait voir son calme apparent. Les doigts de Frédéric tantôt fouillaient sa chatte, tantôt pinçaient son clitoris, tout cela de façon fort irrégulière et totalement imprévisible. Il se tint durant tout le repas à sa promesse de la maintenir sur le fil du rasoir. Elle exulta lorsqu’elle l’entendit refuser un dessert et demander qu’on lui commandât une voiture.
– Monsieur désire-t-il un taxi ou une voiture de place ? Nous avons des accords avec les deux.
– Une voiture de place serait parfaite. Merci beaucoup.
Il régla l’addition et, galamment, aida Lucile à se lever.
***
L’habitacle de la voiture était spacieux et séparé du chauffeur par une vitre opaque. Un interphone servait au client à donner ses directives. Frédéric en usa. Il donna l’adresse de Courbevoie en précisant que rien ne les pressait. Lucile le foudroya du regard : elle, ressentait comme une urgence.
Frédéric la calma d’un baiser et l’enlaça. Il la serra contre lui, la joue de la jeune fille reposant sur son torse puis, délicatement, il poussa son visage vers son entrejambe.
– J’ai très envie que tu me suces dit-il d’une voix normale, sans crainte d’être entendu du chauffeur. Tu veux bien faire ça pour moi, petite chienne ?
– Oui Maître répondit-elle sur le même ton.
– Allonge-toi sur la banquette et écarte les cuisses, je veux pouvoir te doigter pendant que tu me suces.
Lucile obtempéra sans remarquer qu’un point rouge très discret venait de s’allumer derrière le capiton du plafond. Elle était excitée, bien plus qu’elle ne s’y serait attendue. Maintes fois elle avait pensé à la façon dont se déroulerait la première fois où Frédéric et elle joueraient à ce jeu dangereux, jamais elle n’avait soupçonné que cela se produirait aussi naturellement. Pas plus qu’elle n’avait imaginé la plénitude qu’elle ressentirait à se soumettre ainsi aux désirs de son amoureux. Elle sentit un doigt puis deux glisser lentement sur les lèvres de sa vulve. Son plaisir fut si vif qu’elle poussa le sexe de son homme un peu plus profondément dans sa gorge, lui arrachant un râle de bien-être.
– Tu es divine dit-il en prenant possession de son vagin.
Elle sentit la cyprine s’épancher et resserra encore son étreinte sur la hampe. Très lentement, sa langue se mit à caresser la tige et le gland de son homme alors qu’elle conservait encore son sexe profondément enfoncé dans sa bouche. Enfin, elle fit refluer le vit pour mieux l’aspirer de nouveau. Frédéric ne put retenir un soupir d’extase.
– Oooh que j’aime ta bouche dit-il en guidant son pouce sur les renflements musculeux de l’anus de la jeune fille.
Elle en éprouva surprise et plaisir : par ce geste il prenait totalement possession d’elle. Elle en rêvait, il le faisait. Elle avait réservé pour lui cette ultime virginité, enfin, elle allait la lui offrir. Peut-être pas tout de suite, peut-être attendrait-il une situation plus confortable… peu importait. Elle était prête. L’émotion fût si forte qu’un court instant, elle s’interrompit. Une très légère claque sur la tête la ramena à la réalité.
– J’ai toujours eu envie de te fesser, tu sais. Je crois bien que tu viens de m’en offrir l’occasion.
Nouveau vertige. Lucile redoubla d’attention et tenta d’expulser de ses pensées la vague de désir qui la submergeait. Ses lèvres se firent plus tendres, sa langue plus active. Elle voulait le faire jouir avant leur arrivée afin qu’il pût enfin s’occuper d’elle l’esprit serein. Être fessée par lui, elle en rêvait depuis le soir de leur premier dîner et elle en éprouvait une insupportable frustration depuis qu’elle avait vu s’abattre la main de Frédéric sur la croupe de Nathalie : « dans un instant, se dit-elle, je ne serais plus jalouse de Nathalie, Frédérique et Fanny » qui avaient joui de ce jeu érotique dont elle était jusqu’alors privée.
Elle goba à nouveau le sexe dans son entier et Frédéric râla. Il l’encouragea d’une caresse, elle fixa son rythme sur celui du pouce enjôlant son anus. Sa bouche montait et descendait sur la tige qui se mit à vibrer, à grossir encore. Elle sentit perler une goutte de plaisir et le corps de son amant se tendre. Le premier jet la surprit néanmoins, sans doute parce qu’il coïncida avec une pression plus forte du pouce de son amant sur sa porte étroite. Le pouce s’enfonça en elle tandis que Frédéric exprimait sa jouissance dans la bouche de Lucile.
Ils eurent à peine le temps de se rajuster que la voiture se garait déjà au bord du trottoir, juste devant le pavillon.
– Pars devant dit Frédéric, je règle le chauffeur et j’arrive.
***
C’est à cette soirée que pensait Lucile en couchant Gé. Une soirée merveilleuse qui alimentait encore, dix mois plus tard, nombre des fantasmes et des désirs de la jeune femme. Une soirée qui ne s’était jamais renouvelé dont le point d’orgue avait été l’annonce par Lucile de sa future maternité ce qui, dans l’esprit de Frédéric, avait apparemment tout changé. Depuis, Frédéric n’était que tendresse et douceur avec elle et même quand ils faisaient l’amour, Frédéric ne procédait plus avec Lucile qu’avec d’infinies précautions.
Au début, elle avait pensé qu’il agissait ainsi à cause de sa grossesse mais depuis deux mois que Gé était née, rien n’avait changé. Or, maintenant qu’ils étaient installés à la fabrique, elle avait bien l’intention de lui signaler son besoin d’action. Il n’était pas question qu’elle soit la seule de son harem à être traitée en princesse. La jalousie qu’elle avait naguère éprouvée repointerait son nez de buse et elle n’en voulait à aucun prix. Pas plus qu’elle ne voulait abandonner l’espoir de revivre une soirée aussi intense. Elle se surprit à en rêver.
***
Elle avait attendu debout dans le salon, désemparée par l’abandon dont elle était victime.
« Pars devant, je règle le chauffeur et j’arrive » lui avait-il dit. Mais il n’arrivait pas et l’attente se prolongeait, les idées se télescopaient. « Il avait peur d’être ainsi avec moi, est-ce qu’il aurait fui… Il en a l’habitude… » Elle n’osa pas aller voir ce qui le retenait. Par peur qu’il ait disparu ? Sans doute pas. Plutôt par crainte qu’il arrivât et fût mécontent de sa tentative d’espionnage. « Tu ne me fais pas confiance » aurait-il pu lui dire. Elle ne souhaitait pas que cela arrivât. Elle prit donc son mal en patience et resta debout face au canapé tout en gardant un œil sur l’entrée.
– Tu aurais pu te mettre nue, cela nous aurait gagné du temps ! affirma-t-il sans un mot d’explication pour son retard.
Lucile se dévêtit sans attendre et resta les bras ballants, impatiente d’entendre ses ordres.
– On attend son maître à genoux, généralement face à la porte par laquelle il va entrer. À moins, bien sûr, d’avoir reçu d’autres consignes. Ce n’était pas le cas ce soir et je veux croire que tu ignores tout du protocole des soumises. Cependant, nous en avons assez parlé pour que tu puisses deviner ce que j’attendais de toi. Nous allons donc reprendre de zéro ; agenouille-toi !
Lucile fut un peu prise au dépourvu par ces reproches mais elle obéit ; n’avait-elle pas décidé de jouer le jeu ? N’avait-elle pas désiré ce jeu ? Si ! Bien sûr ! Alors elle se plia aux exigences de celui qui, ce soir-là, était son maître.
– Tiens-toi droite lui enjoignit-il lorsqu’elle fut en position. Je constate que tu ne sais pas quoi faire de tes bras, croise les dans ton dos, tu verras que cela t’aidera. Écarte un peu les jambes, je dois pouvoir voir ton sexe et constater d’un seul regard si tu mouilles et si tes lèvres sont ouvertes. Maintenant, assieds-toi sur tes mollets…
Non, pas comme ça. Laisse descendre tes fesses, tends tes pointes de pieds. Voilà, c’est mieux.
Je sais que cette position n’est pas la plus confortable mais c’est celle qui me plaît et, si elle fatigue les chevilles, elle a le mérite d’épargner le dos. Comme il peut arriver qu’une soumise reste ainsi plusieurs dizaines de minutes, il vaut mieux prendre soins des muscles les plus porteurs pour qu’elle puisse ensuite se lever sans aide. Comprends-tu ?
Il attendit un signe d’assentiment de Lucile avant de poursuivre :
– Bien ! Passons aux choses sérieuses. Ne t’ai-je pas promis une fessée ?
Allons mademoiselle, en position, sur le canapé.
En l’absence de directives précises, Lucile prit place sur le canapé dans la position exacte que Frédéric venait de lui apprendre. Elle avait bien conscience que celle-ci ne correspondait pas à la demande du maître mais comme elle ne voulait commettre aucun impair en prenant une initiative malheureuse, elle préféra patienter ainsi et que les mains de Frédéric la poussent à modifier sa tenue. Docilement, elle suivit les indications tactiles. Ses mains, entre lesquelles elle appuya sa joue, vinrent se poser sur l’appui tête tandis que son dos se cambra pour offrir ses fesses au bon plaisir de son amant.
Le doigt qui vint caresser les lèvres de sa vulve la surprit. Telle n’était pas la sensation à laquelle elle s’attendait. Elle frissonna.
Patiemment, Frédéric caressa Lucile. Il le fit sans douceur en concentrant son attention sur les lèvres et le clitoris de sa patiente. Simultanément, il lui prodigua conseils et consignes.
– D’ordinaire, je conseille à ma soumise de compter les coups qu’elle reçoit. Cela lui permet de détourner son attention de la douleur pour se concentrer sur la façon dont ils sont modulés ainsi que sur leur nombre afin de n’en pas perdre le décompte. De toi, je ne vais rien exiger de tel. Je te demande en revanche de me raconter ta soirée et les sensations qui l’ont accompagnée. Je veux que tu le fasses en détail car je poursuivrai la fessée tant que je ne serai pas satisfait de ton récit. As-tu bien compris ce que je te demande ?
Lucile, plus préoccupée du doigt qui massait son clitoris que des paroles de son compagnon, ne répondit pas. Frédérique, Fanny, Nathalie et même Julie auraient été giflées pour un tel manquement. Il n’agit pas ainsi avec Lucile ce soir-là. D’un claquement de doigt il éveilla son attention et, patiemment, répéta ses instructions.
– Je ne vais pas te laisser jouir, pas maintenant reprit-il quand elle eut répondu par l’affirmative à sa question. Je vais juste t’amener au bord du plaisir. Ton récit devra commencer juste après que ma main ait frappé ta fesse pour la première fois…
– J’ai compris répondit-elle à la question qu’il n’avait pas posée.
Le coup ne fut pas long à s’abattre mais Lucile eut quand même l’impression que son attente durait des siècles. Elle ne savait comment réagir : devait-elle préparer mentalement le discours qu’elle allait tenir ou se laisser bercer par le plaisir qui montait lentement en elle ? La première claque mit fin à son dilemme.
– Après ma douche… j’ai longuement hésité sur la tenue que j’allais porter. Je voulais être à la fois belle et aguicheuse, pour toi. J’ai choisi cette te… nue et je n’ai pas mis de dessous. Je voulais que tu… sache que je… suis à toi.
À chaque claque, elle marquait un bref temps d’arrêt et reprenait le fil de son discours. Elle s’interrompit plus longtemps lorsqu’une série de coups plus rapprochés la heurta. Elle la ponctua d’ahanements et mit quelques instants à retrouver ses esprits.
– Dans le taxi, j’ai rêvé à ce que nous ferions ce soir. Je voulais être mouillée, je voulais que tu le sentes, que tu le saches. J’aurais aimé a… voir le courage de… me caresser mais je n’ai p… as osé. J’avais envie de toi. Tellement envie que quand tu t’es levé pour m’accueillir, le désir de m’agenouiller et prendre ta queue dans ma bouche m’a envahie… Là encore je… n’ai pas osé. Je me suis assise. Le désir me brûlait. J’avais… envie de… sentir ta queue… en moi. Et tu as pris ma main, tu l’as guidée. C’était plus qu’une demande, c’était un ordre ! Et… j’ai adoré ça. J’a… ttendais ce moment depuis si longtemps que j’aurais pu en jouir si je n’avais pas… dû me concentrer pour res… ter discrète. Alors je t’ai branlé. J’aurais voulu pouvoir me glisser sous la table pour te sucer. J’en avais tellement envie… mais j’ai juste essayé de…
– Viens t’allonger sur mes cuisses l’interrompit-il. Je veux te fesser dans une position plus classique.
Lucile bougea. La peau de ses fesses s’était tendue sous les coups, elle éprouva une vive douleur en se mettant debout, une larme coula sur sa joue.
« Ne te déconcentre pas se dit-elle en s’allongeant sur les cuisses de son amant, surtout ne perds pas le fil. » A peine fut-elle en position que la première gifle claqua lui arrachant un cri. Il lui fallut faire un effort herculéen pour reprendre le cours de son récit.
– J’ai essayé de rendre mes doigts aussi doux que mes lèvres et pendant qu’ils coulissaient sur ta verge, je rêvais que c’était ma bouche qui te pompait. Quand tu as éjaculé, je n’ai pas résisté à l’envie de te boire, comme si, fi… nalement, je t’avais vrai… ment sucé.
Et puis tu t’es mis à me caresser et j’ai cru que j’allais mourir tellement c’était bon dit-elle très vite de peur d’être interrompue. Quand tu m’as dit que tu ne voulais pas que je jouisse j’ai bien cru que ça allait arriver tellement ça m’a excitée.
Lucile marqua une pause. La main de Frédéric ne la frappait plus, elle la caressait tendrement. Que cachait cette douceur ? Était-ce un temps de repos comme celui qu’il avait imposé à Nathalie ou cela signifiait-il la fin des hostilités alors qu’elle n’avait pas, loin s’en fallait, terminé son récit ?
– Continue ! ordonna Frédéric impatient.
– Nous sommes sortis du restaurant. Je calculais le temps qui nous séparait de la maison. Vingt minutes ! Dans vingt minutes il va me prendre. J’étais chaude, prête à tout mais à mille lieues d’imaginer ce qui allait se passer.
Tu as voulu que je te suce ! Ça ressemblait à une demande mais en vrai, tu exigeais, tu commandais. D’ailleurs tu m’as traitée de chienne. Et je voulais l’être, ta petite chienne. Alors j’ai obéi. J’ai relevé ma jupe et écarté les cuisses. J’ai exhibé ma chatte en pensant que, peut-être le chauffeur pouvait la voir. J’avais honte mais j’ai quand même gobé ta queue. J’en avais trop envie. Je l’aurais même fait si nous avions été à pied.
Je t’ai sucé et tu m’as caressée, la chatte mais surtout l’anus. Tu prenais possession de moi. Sentir ton pouce masser mon cul c’était… C’était magnifique. Tu avais deux doigts dans mon con, ta queue dans ma bouche, quand tu as enfoncé ton pouce dans mon cul, j’ai joui. En même temps que toi. J’ai joui en te buvant et c’était l’instant le plus merveilleux de ma vie. Maintenant, non seulement je t’aime mais je suis à toi.
Considérant la confession comme terminée, Frédéric invita Lucile à se lever. La jeune femme senti la peau de son fessier se contracter de nouveau et par un jeu de miroir elle put constater son éclatante teinte écarlate. Curieusement, elle ressentit de la fierté de s’être pliée sans faillir aux exigences de son Maître. Elle décida de taire encore la nouvelle qui pourtant lui brûlait les lèvres afin d’aller jusqu’au bout de cette soirée de rêve. C’est Frédéric qui prit la parole.
– Il faut éteindre le feu de ce joli petit cul. Allons vite dans la salle de bains, j’ai faim de toi.
Lucile grimpa en vitesse. Frédéric avait raison, son postérieur était en feu et chaque marche avivait sa douleur. Elle s’engouffra dans la salle de bains et alluma l’eau de la douche. Elle régla la tiédeur sur sa main et quand les deux températures lui semblèrent égales, elle doucha abondamment ses fesses en prenant soin de casser le jet sur la cambrure de ses reins. C’est le moment que choisit Frédéric pour entrer. Il était nu, déjà. Et il s’engouffra sous la douche. Il enlaça Lucile, elle sentit aussitôt le sexe de son amant s’insinuer entre ses jambes. Malgré son envie, elle n’osa pas gigoter pour le glisser entre ses lèvres. En tant que soumise – n’était-ce pas ce qu’elle était ce soir ? – elle savait ne pas en avoir le droit. Mais même en tant qu’amoureuse, elle n’aurait pas osé. C’eut été trop érotique. Elle réprima son désir et Frédéric le sentit.
– Je t’aime ! lui dit-il en glissant peu à peu vers le bas. Je t’aime et j’ai faim de toi.
Déjà les lèvres de Frédéric ébauchaient un baiser sur le ventre de Lucile. Et il s’accroupissait, il descendait toujours plus bas. Nombril, mont de vénus, il se perdit autour du clitoris. Lucile ondula comme le roseau de la fable face à un vent violent. Les lèvres, la langue, les dents de Frédéric ne laissèrent pas un instant de répit à Lucile. Il lui avait dit avoir faim, il la dévora. Lucile se laissa aller. Elle sentit la boule de désir se diluer en plaisir qui envahissait son corps. C’était comme un orage sec plein d’éclair merveilleux qui lui voilaient la vue, comme les lazzis d’un violon qui inondaient son ouïe. Puis peu à peu elle s’affaissa. Les décharges de jouissance ne la soutenaient plus. Frédéric prit le relais. Il l’emmena dans la chambre.
Elle aurait dû se taire mais lorsqu’elle la déposa sur le lit, alors qu’il se penchait sur elle pour l’embrasser, elle lui révéla son secret, la nouvelle qu’elle brûlait de lui annoncer.
– Je suis enceinte mon Amour.
Le visage de Frédéric changea en un éclair, il s’adoucit et sa main caressa la joue de Lucile. Il la fit ensuite glisser jusqu’au ventre de sa femme et le remplaça rapidement par son visage. Il déposa un baiser sur la peau frémissante et commença à parler à son . Sans le vouloir, Lucile avait mis fin à la débauche. Dix mois plus tard, elle regrettait encore d’avoir eu la langue si bien pendue.
Lucile s’ébroua pour laisser derrière elle les derniers fragments de souvenir, se pencha pour embrasser Gé qui se trémoussa en ronronnant et sortit en sautillant pour aller retrouver son amoureux.
***
Franck riait à gorge déployée. A bientôt quatre ans, il avait fait la connaissance de sa petite sœur et en était immédiatement tombé amoureux. Maintenant qu’il allait la retrouver et vivre à ses côtés, il ne pouvait cacher sa joie. « Quand on arrive ? » demandait-il à tout bout de champs à Frédérique et à Julie qui lui répondait aussi sereinement que possible. Désormais, il restait moins de deux heures avant les retrouvailles et le gamin sautait de joie dans son siège .
À l’avant, Frédérique conduisait. Elle était un rien anxieuse de la plongée dans l’inconnu qu’elle allait opérer. Certes, elle s’entendait bien avec toutes les filles et ses rapports avec Frédéric étaient au beau fixe mais entre s’entendre bien et vivre tous ensemble, il y avait quand même une sacrée différence. Elle s’était tout naturellement ouverte de ces inquiétudes auprès de Julie qui lui avait ri au nez.
– On ne va pas s’installer dans un dortoir mais dans un appartement. Si tu ne veux voir personne, rien ne t’empêchera de t’enfermer chez toi. Je ne vois vraiment pas ce qui t’inquiète. À moins que tu ne sois encore un peu jalouse de ne plus être la seule mère de l’équipe ajouta-t-elle, perfide.
Frédérique rit de mauvaise grâce et tira la langue à son amie.
***
Fanny et Nathalie mettaient la dernière touche à l’appartement de Frédérique et Julie. L’une comme l’autre pensa que les deux filles ne manqueraient pas de place dans leurs huit pièces : il y avait de quoi se perdre mais aussi la possibilité de se faire la gueule sans risque de se croiser.
Au cours des mois passés, les deux filles étaient devenues amies, c’est donc tout naturellement qu’elles faisaient équipe sur l’agencement de l’appartement. Elles envisageaient l’avenir immédiat sous les meilleurs auspices et attendaient avec impatience l’arrivée des deux dernières habitantes du lieu. Elles firent de leur mieux pour rendre la place agréable. Fanny rajouta un bouquet dans le salon, Nathalie mit la dernière main aux chambres, elles se retrouvèrent devant la porte et, bras dessus bras dessous, sortirent se promener.
***
– Je suis un peu nerveux avoua Frédéric dès que Lucile eut refermé la porte de leur chambre.
– Monsieur souhaite que je le détende répondit-elle en ébauchant un effeuillage. Je suis aux ordres de Monsieur…
Une lueur de concupiscence dans le regard et un sourire au coin des lèvres de son homme suffirent à Lucile pour comprendre qu’elle avait opté pour le comportement approprié à la situation. Elle poursuivit son strip-tease en se déhanchant aux sons languides d’une musique imaginaire. Puis, quand elle fut nue, elle prit la position agenouillée qu’il affectionnait.
– Je vois que vous n’avez pas oublié vos leçons dit-il en se levant du lit sur lequel il était allongé. Voyons quels autres souvenirs vous restent ajouta-t-il en s’approchant jusqu’à l’effleurer.
Lucile glissa ses bras dans son dos se préparant ainsi à la fellation qu’il allait sans doute exiger d’elle. Frédéric, auquel ce geste n’échappa pas, posa délicatement sa main sur la chevelure de sa jeune femme.
– Est-ce là une façon de me dicter ma conduite ou simplement un geste d’anticipation ? demanda-t-il d’une voix douce.
– Une anticipation Monsieur répondit Lucile qui ne se doutait pas de ce qui allait suivre.
Frédéric lui tendit la main et, lorsqu’elle la saisit, attira violemment Lucile à lui tandis que dans le même mouvement, il lui administrait une claque sèche et sonore sur les fesses.
– Personne, que je sache, ne vous a demandé d’anticiper mes désirs. Vous n’êtes là que pour les satisfaire, quels qu’ils soient et quel qu’en soit l’ordre. En position pour la fessée !
Lucile prit appui des deux mains sur le pied de lit et se cambra autant qu’il lui était possible afin d’offrir sa croupe à son tendre bourreau. Elle écarta les jambes, autant pour camper fermement sur sa position en prévision des coups à venir que pour permettre à Frédéric de ne rien rater de son excitation. Une fois encore, il la surprit. Il s’enfonça en elle d’un violent coup de rein et la besogna avec toute la puissance dont il était capable sans négliger de la traiter de chienne, de catin et de femelle sans pudeur.
Lucile accepta tout avec félicité. Il l’avait choisi elle ! Alors qu’il aurait pu, pour calmer ses ardeurs, avoir recours à Fanny. Ou même à Nathalie dont il s’occupait désormais assez souvent. Mais c’est à elle qu’il avait confié sa nervosité et pour ainsi dire sa faiblesse… désir, surprise, violence et surtout cette confiance dont elle était la seule dépositaire entraînèrent Lucile dans un maelström.
Frédéric dompta sa folie. Les sursauts du vagin de sa femme autour de sa verge étaient éloquents : elle jouissait. Il adapta son rythme afin que la douceur succédant au chaos pérennise le plaisir dans le corps de sa belle. Puis il cessa tout mouvement. Il s’abandonna aux ondulations anarchiques de Lucile qui le menèrent sur le fil du rasoir.
– Ta bouche ! exigea-t-il lorsque cessèrent les frissons.
Lucile, demie consciente, ne réagit pas.
– Ta bouche ! répéta-t-il en la quittant et en la réveillant d’une claque sur les fesses.
Lucile s’agenouilla, mit les mains dans son dos et ouvrit la bouche. Jamais encore elle ne l’avait sucé après qu’il l’eut baisée. (Elle ne l’avait d’ailleurs jamais fait pour personne.) Cela l’excita. Elle avança les lèvres et goûta ses sucs intimes sur la verge de son amant. Le mélange de leurs deux odeurs, de leurs deux saveurs, l’envoûta. Elle goba le sexe bandé et sortit sa langue pour caresser le point précis ou verge et bourses se joignent. Frédéric grogna. Elle réitéra sa caresse.
– Oooh Oui ! Comme ça, petite chienne ! la félicita-t-il en caressant la soie de ses cheveux.
« Petite chienne » c’était ainsi qu’il l’avait appelée ce soir-là. Elle décida d’en faire son surnom secret, celui qu’elle utiliserait lorsqu’il l’abandonnerait pour aller s’occuper d’une autre et que les images seraient trop fortes pour qu’elle puisse leur résister. Elle aspira la tige et sentit sur sa langue les prémices du plaisir. Une seconde elle hésita entre faire jouir son Maître dans l’instant ou faire durer sa fellation. Elle délaissa la verge pour les couilles. Un râle lui donna raison. Lentement, elle lécha le sac avant de le gober avec son contenu. Elle fit tendrement virevolter sa langue autour des testicules et attendit que Frédéric la contraigne pour reprendre entre ses lèvres le gland de son amant.
– Regarde-moi dit-il. Je veux voir tes yeux pendant que je jouirais. Je veux voir tes yeux quand tu avaleras mon sperme.
Lucile leva les yeux sans cesser de branler le vit de la langue et des lèvres. Les joues creusées, elle pompa le nœud désormais prêt à exploser. Un dernier râle et Frédéric s’épancha. Elle avala le premier jet en compressant le gland entre sa langue et son palais mais elle conserva les autres. Elle allait lui montrer qu’elle était une bonne « petite chienne » en n’avalant que sur son ordre et puis elle reprendrait la queue en bouche pour la nettoyer des dernières gouttes de plaisir.
L’ordre vint et elle obéit. Elle laissa couler le sperme dans sa gorge avant de déglutir. Et puis elle aspira le sexe un peu moins dur. Une caresse sur la joue lui commanda de s’arrêter.
Au retour, la main de Frédéric passa devant les lèvres de Lucile. Elle la lécha.
– Je suis votre « petite chienne » dit-elle. Dressez-moi ! Maître ! S’il vous plaît.
Elle n’avait pas baissé les yeux et regardait Frédéric bien en face. Il sut qu’elle ne plaisantait pas et que ces paroles avaient été mûrement réfléchies.
– D’accord dit-il. Désormais tu seras ma petite chienne chaque fois que j’en aurais envie.
***
Frédérique et Julie ne furent pas accueillies par Frédéric mais par Nathalie et Fanny.
– Ils doivent être en train de gâtiser autour du berceau. Même quand elle dort, ils ne peuvent pas s’empêcher d’aller admirer la merveille, leur confia Nathalie.
Frédérique sourit. Elle reconnaissait bien là le caractère surprotecteur dont savait faire preuve Frédéric. Elle déchanta néanmoins quand, à l’évocation de sa sœur, Franck se mit à brailler qu’il voulait la voir « tout de suite ». Les quatre amies tentèrent à tour de rôle de calmer le bambin mais ce fut Nathalie qui lui fit retrouver sa tranquillité. Que lui dit-elle pour obtenir ce résultat, mystère et boule de gomme et le petit comme elle conservèrent le secret malgré les questions répétées et pressantes de Frédérique et de Julie.
Le calme revenu, Fanny invita ses amies à se rendre dans leur appartement. Elles en connaissaient déjà la superficie excentrique ainsi que l’agencement des pièces mais ignoraient encore les aménagements commis par les piliers du lieu depuis l’arrivée de leurs meubles. Fanny et Nathalie s’éclipsèrent, flanquées de Franck, pour aller préparer la salle commune où se tiendrait le dîner.

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