Lectures Érotiques (23). Guillaume Perrotte : « Proposition Perverse » (Editions Blanche, 2005)

Dans ces fiches de lecture, j’ai déjà parlé de deux romans de Guillaume Perrotte :

• « Lectures érotiques (18). Guillaume Perrotte : « Sex Addict » (Editions Blanche, 2008) ». La fiche de lecture a été publiée le 22 mai 2019

• « Lectures érotiques (4). Guillaume Perrotte : « Vengeance conjugale » (Editions Blanche 2007) ». Malgré la numérotation, la fiche n’a été publiée que le 18 août 2019 !

Je renvoie donc à ces précédentes fiches de lectures pour la présentation de l’auteur.

RESUME

Thriller érotique d'une rare perversité, « Proposition perverse » nous entraîne dans les tourments d'un couple sans histoire confronté à la puissance du sexe. Pierre est un scénariste en mal d'inspiration qui doute de lui et, surtout, de sa virilité. Claire, son épouse s'est accoutumée à cette vie monotone de couple bourgeois.

Par dépit, par défi aussi, Pierre va contacter par annonce un homme, Thierry, à qui il demande de séduire sa femme afin de tester sa fidélité : «Homme marié cherche amant pour séduire sa femme.»

Thierry, homme à femmes et bête de sexe, va accepter. Chaque soir, il doit téléphoner à Pierre pour le tenir informé des ses avancées.

De son côté, le mari renseigne son complice sur les goûts, les horaires de travail de son épouse. Au cours du roman, nous apprendrons que le couple avait toutefois déjà vécu un trio, une expérience candauliste, au cours de laquelle Claire s’était offerte au parrain de leur fille, en présence de son mari. Celui-ci racontera dans le moindre détail cette séance à Thierry, comme une séance d’amour par téléphone entre Claire et Evelyne.

Pierre note scrupuleusement sur son ordinateur, l'évolution de la situation qu'il a initiée. Il attise le feu de sa femme en laissant son ordinateur ouvert, lui permettant ainsi d'accéder à ses fantasmes. Lit-elle les délires de son mari ? Accepte-t-elle de rentrer dans son jeu ?

En devenant réalité, le fantasme déclenche une relation destructrice.

Dès la première rencontre « fortuite » dans le RER, Thierry sait que sa proie est « ferrée ». Dès la seconde rencontre, Claire ne cache pas son attrait pour Thierry.

C’est seulement au bout de quatre jours que Claire cède à cet inconnu. Ca se passera dans une boite échangiste et, dès la première fois, Claire se fera sodomiser par son amant, en présence de voyeurs.

Aux mains de cet homme, véritable Priape, Claire se révèle d'une lubricité incontrôlable. L'amant la livre à ses amis, l'entraîne dans des boîtes échangistes, s'installe dans le foyer conjugal qui devient rapidement un lupanar...

Entre délices et abjection, le metteur en scène de cette fureur érotique ne peut plus maîtriser cette situation diabolique.

Pour finir, Claire, qui vit désormais avec Thierry, lui fait assister à une vraie séance candauliste, ou plutôt cuckold. Et ensuite elle le chassera. Pierre, avec son jeu pervers a tout perdu.

COMMENTAIRES

Avec une terrible perversité, soutenue par une plume torride et efficace, Guillaume Perrotte nous fait entrer dans l'intimité de ces trois personnages qui tissent les fils d'une relation immorale et destructrice. Un roman contemporain troublant et dérangeant dans la veine des grands textes érotiques qui provoquent excitation des sens et malaise moral.

C’est avec des termes choisis que l’auteur décrit la descente aux enfers de Claire, son personnage principal. Parfois presque malsain, ce livre titille et interroge en permanence les notions de bien, de mal, d'acceptable ou d'inacceptable

Quelle perversité, quelle obsession de sa virilité défaillante pousse cet écrivain à offrir Claire, son épouse, à un inconnu ?

QUELQUES EXTRAITS POUR INVITER A LA LECTURE

• Une première expérience candauliste : Claire se fait baiser par Alex, le parrain de leur fille, en présence de Pierre.

« Je le retrouve directement derrière elle en train de la prendre en levrette tandis qu’elle est à quatre pattes devant moi et que je m’efforce d’enfoncer ma queue dans sa bouche alors qu’elle gémit à chaque nouveau coup de rein du copain.
Vu les grimaces extatiques qu’elle fait, son gland doit percuter son col. Il la lime comme un automate (…)
Je me souviens tout de même de certains tableaux choquants : elle, sous lui, en train de faciliter l’intromission du gland dans son con ; lui, sur elle, la défonçant sans mollir (…) ; moi spectateur effaré de leur copulation, la quéquette à la main ; lui, dévorant le bout de ses seins ; elle le suçant à moins de dix centimètres de mon visage. »

• Premier gang bang : Thierry partage Claire avec trois amis. Il raconte tout au mari candauliste :

« Chacun pénètre un moment l’une des trois ouvertures de ta comburante épouse. Puis ils se relaient dans ses profondeurs (…) Sous mes directives, mes amis lui élargissent tous les trous pour son plus grand plaisir. A se demander si, à l’avenir, elle pourra jouir autrement qu’en étant prise par plus sieurs queues à la fois. (…)
Ta femme est une reine de la fellation. Si tu voyais avec quelle aspiration elle pompe ses apollons : une vraie Messaline ! (…)
Ils se présentent devant elle, la queue bien raide à la main, et déchargent sur sa figure en bramant. Quelle saucée elle se prend ! (…)
Rarement encore ils ont baisé une femme mariée avec autant de satisfaction. (…) Ils se souviendront longtemps de ses beaux seins, pleins de désir, avides de baisers, de succions. Ainsi que de sa chatte, élastique, confortable, profonde, bouillante (…) Et de son petit trou de balle, aussi élastique qu’un anus de gay rompu aux plus extrêmes pénétrations rectales. »

• Thierry raconte l’adultère au domicile conjugal

« Qu’est-ce que ça te fait qu’elle m’ait longuement sucé pendant que j’étais assis sur ton fauteuil ? «
Thierry va faire profiter à distance le mari cocu de ce qui se passe dans le lit conjugal. Thierry a laissé son portable et va donc en « faire profiter » Pierre.
« J’entends Thierry demander à ma femme comment elle trouve sa queue.
- Monstrueusement excitante, lui répond-elle d’une voie étouffée.

- Tu vas être accro, ajoute-t-il pour me martyriser un peu plus
- C’est déjà fait, lui rétorque-t-elle (…)
- Dis-moi si tu veux encore la sucer ma queue monstrueusement excitante
- Je meurs d’envie de la sucer (…)
- J’ai tellement envie de toi, ânonne-t-il.
- Doucement, doucement, bredouille-t-elle toutefois à son pur-sang qui semble pressé d’enfoncer ses centimètres en elle.
- Monte-moi à crue, ma belle, l’incite-t-il.
Geignement de Claire. Sans doute à cause à cause du gland qui peine à entrer en dépit de sa dilatation extrême. Je me sens pâlir d’excitation. (…)
- Défonce-moi le cul comme jamais mon mari ne le défoncera, insiste-t-elle, comme stimulée par ses propres trivialités. (…)
L’orgasme anal de Claire m’explose à la tête avec la puissance d’une bombe artisanale. Si elle en prend plein le derrière, j’en prends plein les oreilles.
- Reprends-moi par devant, l’implore-t-elle presque. »

• Thierry fait découvrir à Claire les plaisirs saphiques

« Son visage s’est incendié quand mon amie a enfoncé sa main fine jusqu’au poignet. Si tu avais pu la voir se contorsionner de plaisir sous les va-et-vient de son avant-bras (…)
Les deux vulves imprégnées d’essence intime ont fini par se toucher, puis par se frotter, jusqu’à déclencher l’étincelle de leur orgasme respectif. »

• Dernière séance candauliste

« - Maintenant, baise-moi devant ce moins que rien, dit-elle à Thierry. Montre-lui comment un homme, un vrai, fait jouir sa femme, une vraie.
D’emblée, elle s’empale sur son érection colossale. Elle coulisse lentement sur son pieu majestueux en geignant de douleur et de bonheur. (…) Il envahit son ventre. Elle en prend plein le cul. Gémit plus fort à chaque nouveau coup de rein de mon épigone surdimensionné. S’agrippe aux barreaux du lit.
Il finit par l’enculer jusqu’à la garde.
Il retire sa bite tumescente du derrière écartelé de mon épouse pour l’enfoncer d’une unique poussée dans sa fente béante.

- Regarde un peu comme il me baise comme un Dieu avec sa queue de centaure. Ecoute un peu comme il me fait gueuler ! Ahhhhhhh (…)
Il accélère la cadence. (…) Ses Testicules se contractent. Il s’arrête de la forer comme un puits de pétrole. Ejacule tout au fond de son con. Ses grosses couilels pleines se raidissent à chaque nouvelle éjaculation. J’en compte une demi-douzaine, jusqu’au moment où ses bourses se décontractent.
Il se retire de sa chatte tandis que Claire m’apostrophe :
- Allonge-toi que je m’assois sur ton visage.
Elle positionne sa toison noire maculée et sa fente écarlate juste au-dessus de ma figure. (…)
- Ouvre ta bouche et avale ! (…)
Le foutre laiteux de Thierry s’écoule alors par glaires épais dans sa bouche grande ouverte. (..)
- Maintenant, rhabille-toi et fous le camp d’ici. J’avais un moment espéré que tu redeviendrais l’homme que j’ai autrefois connu, épousé et aimé, mais tu es restée la loque suicidaire. (…) On ne réveille pas une femme qui dort sans en payer les conséquences au prix fort. Alors dégage ! s’exclame-t-elle, au bord des larmes. »

CE ROMAN ET MOI

Il y a d’évidence des points communs entre ce roman et mon vécu, puisque, comme Pierre l’a fait avec Thierry, c’est Philippe qui mit sur ma route Rachid.

Pierre, comme Philippe, est un mari candauliste.

Ce que nous avons vécu ensuite s’apparente à la longue descente aux enfers de ce couple, avec des nuances, en particulier le fait que la séance candauliste est arrivé bien plus tôt et n’a pas marqué une fin, mais une étape.

Un autre point commun évident est que le roman décrit une situation dite de « cuckold », celle où le mari candauliste accepte, recherche même une forme humiliante de candaulisme.

Heureusement pour nous, nous avons su, après une longue période, sortir de cette situation et faire sortir Rachid de notre vie. Nous y sommes parvenus grâce à Hassan et cela a provoqué d’autres conséquences.

En refermant ce roman, je suis heureuse que nous ayons pu, au final, ne pas connaître le destin cruel, tragique, de Pierre et de Claire.

Quand le candaulisme et l’hypersexualité ne sont pas maitrisés, les choses peuvent aller loin, trop loin. Avec Philippe, nous avons vécu cette dérive, mais avons eu la chance d’en sortir. J’ai entrevu, avec ce roman ce à quoi nous avons au final échappé.

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