Deuxième Épisode : La Vengeance

Quelle semaine ! Heureusement, demain Pierre sera là.
Étendue nue sur un transat dans les bras de Julien, mon esprit est envahi par les images de la semaine qui vient de s’écouler.

Solange n’a pas eu besoin de beaucoup insister, inconsciemment, j’étais d’accord pour renouveler la soirée de l’an dernier, mais là elle s’est surpassée. Moi aussi.

Je ne pensais pas revoir Julien. Cela m’a fait plaisir de le voir arriver sur sa belle moto, à peine une heure après le départ de Pierre. Juste une bise, mais son regard en disait long.

Solange a décidé de me préparer pour la soirée.
Elle m’a d’abord montré sa nouvelle tenue, une combinaison complète noire en latex, moulante, avec des talons hauts. Pour moi, une simple cape rouge.

Elle a juste le temps de me raser le minou, mon téléphone sonne. Un coup d’œil me permet d’apercevoir mon sexe lisse, je décroche. Pierre vient d’arriver à Paris, il veut me rassurer, la route a été bonne, pas trop d’embouteillages.
« - Je suis contente que ton voyage se soit bien passé.

Fascinée par le spectacle que me renvoie le miroir de la salle de bain, je bafouille.
« - Je te sens stressée ma chérie, y a un problème ?
« - Non, j’ai toujours peur d’un accident quand je ne suis pas avec toi.
« - Rassure-toi, je suis prudent, je t’aime.
« - Je t’aime aussi, je ne voudrais pas te perdre.
« - Ne dis pas de bêtises. Je t’embrasse, bonne soirée, bonne nuit.

Je tremble en l’entendant prononcer ces mots alors que je suis nue, sachant ce que Solange prépare pour ce soir :
« - Bonne nuit. Je t’embrasse aussi mon chéri, je t’aime.

S’il savait…
J’ai mauvaise conscience, mais impossible de refuser quoi que ce soit à Solange. Sachant que Pierre n’en saura jamais rien, m’enlève tout scrupule.

Un frisson me parcourt, c’est la première fois que je me trouve aussi nue :
« - Tu es superbe, tu vas avoir du succès ce soir.



Quelle soirée !
Qu’ai-je fait ? … Les paroles de Solange résonnent encore dans ma tête « Allez-y », « Messieurs, elle est à vous ». Comment ai-je pu ? Baiser avec Vincent d’accord, avec Julien d’accord, mais avec tous ces inconnus. J’ai voulu fanfaronner. Pourtant, je n’en menais pas large, j’essayais surtout de ne pas flancher… Un défi est un défi.

Je pensais que dès lundi, Julien repartirait. Il est resté. Sous la direction de Solange, nous avons baisé tous les quatre le reste de la semaine. Ce matin, quand Vincent est venu m’annoncer qu’ils devaient s’absenter pour la journée, je n’ai posé aucune question, je suis restée seule avec Julien.

Nous avons beaucoup parlé, Julien m’a raconté comment il était tombé sous la coupe de Solange et de Vincent, ce couple de pervers comme il les appelle. Mais il n’a ni la force, ni le courage de les quitter, de s’en aller.
Je lui ai raconté comment j’en étais arrivée à tout accepter de Solange, que j’aimais ça. Je lui ai dit combien je culpabilisais par rapport à mon mari.
Julien a été compréhensif. Nous avons passé la journée en copain, ravis de pouvoir enfin être nous-mêmes, sans avoir besoin de s’embrasser ou de baiser ensemble, nous n’en éprouvions le besoin ni l’un, ni l’autre.

Ce soir, il m’a emmené dans un petit restaurant au village, nous avons beaucoup ri, le vin devait y être pour quelque chose.
En rentrant, nous nous sommes baignés, nus. Il m’a embrassé, nous en avions envie tous les deux. Nous avons baisé sachant que c’était la dernière fois, comme deux amants qui se quittent… Et me voilà à la belle étoile, en train de chercher le sommeil.

Depuis plus d’un an, je me suis conduite comme la pire des salopes, j’étais infidèle, mais je n’ai jamais eu l’impression de tromper mon mari. Julien, j’aime ses mains, j’aime sa peau, j’aime sa bite, j’aime quand il me fait jouir, mais c’est Pierre que j’aime, je ne voudrais pas lui faire de peine.


Demain tout va rentrer dans l’ordre. Julien va partir, je ne le reverrais jamais plus. Solange et Vincent vont revenir, il faudra que je leur parle, ils comprendront. Demain, tout aura repris sa place quand Pierre arrivera, il ne saura jamais.
Comme l’an dernier, notre nuit d’amour sera inoubliable. Je l’aime.

Je m’endors au bord de la piscine, le corps chaud de Julien contre le mien, un sein emprisonné dans sa main.

---o O o ---

PIERRE

Immobile sur leur canapé, l’ordinateur encore allumé devant moi, je réalise enfin ce que je viens de découvrir. J’ai l’impression de sortir d’un mauvais rêve… C’est pourtant la réalité. C’est bien Muriel… J’enrage… Première réaction, me venger, de Julien, de ma femme, mais surtout de Solange et de Vincent qui se disaient mes amis.

Il est plus de cinq heures, le jour va se lever. Ils risquent de se réveiller, je ne veux pas qu’ils me trouvent ici.
Comment me venger ? En regardant autour de moi, mes yeux tombent sur leur pouf marocain, le pouf de la honte. Une seule idée, le détruire. La cheminée me donne une idée…

Sans hésiter, je remplis la cheminée avec des bûches, j’ai laissé celles décoratives en plastique, tant pis, j’enfourne tout, le pouf par-dessus.
Pour allumer le feu, je prends tous les papiers que je trouve dans le salon, des journaux, des revues, des dossiers, … tout ce qui peut brûler.
Je gratte une allumette, deux, petite flamme, les papiers se consument plus qu’ils ne brûlent. Une idée, je monte rapidement dans leur chambre, dans l’armoire, la combinaison noire de Solange et la cape rouge de Muriel…Les détruire… Le feu va couver avant de tout brûler, le latex et le plastique devraient fondre.
Regardant les flammes faire leur œuvre destructrice, enfin je me calme. La fumée épaisse qui commence à envahir le salon devrait causer plus de dégâts que le feu. Je prends soin de fermer le conduit grâce à une petite clé sur le côté qui protège le foyer en cas de pluie.


Avant de partir, je n’oublie pas de fermer toutes les issues, la porte, les fenêtres, personne ne pourra rentrer.
Sans bruit je regagne mon véhicule, et démarre en silence. Je vais me garer sur une petite butte pour me permettre d’observer la suite des évènements.

Est-ce le jour, l’odeur de brûlé qui prend à la gorge ou les fumées qui commencent à s’échapper de la maison, Muriel et Julien se réveillent brusquement. Pas le temps d’une petite bise, ils sont sur pied rapidement, ils courent autour de la maison. Affolés ils constatent que les portes et les fenêtres sont closes, je les entends jurer « merde, que s’est-il passé ? ». Tandis que Muriel se saisit d’une serviette qu’elle noue autour de sa taille, Julien appelle les pompiers, avant de joindre nos amis pour les informer.

Le temps de réveiller toute la caserne, quelques minutes plus tard, j’entends le pimpon caractéristique. Rapide évaluation de la situation, les pompiers n’hésitent pas, une hache, ils cassent la porte et les fenêtres, tandis que les lances à incendie sont mises en batterie. L’appel d’air des portes ouvertes ravive le feu, la fumée est noire, épaisse, sûrement le plastique qui brûle. Elle envahit tout, impossible de rentrer, l’atmosphère est irrespirable.
Les tonnes d’eau déversées ont raison du feu en moins d’une demi-heure. Mais la maison doit être dans un sale état.

Innocemment, j’appelle Vincent pour lui dire que j’arrive bientôt, je les informe que parti tôt de Paris, je serais sur place dans moins d’une heure, je voudrais faire une surprise à Muriel.
Il bafouille, semble paniqué, bien sûr il comprend que je risque d’être là avant eux. Ils doivent être sur la route depuis que Julien les a prévenus.

Ils informent Muriel. Le téléphone à la main, elle aussi panique, comment expliquer la situation quand je vais m’apercevoir qu’elle est nue dans le jardin, seule avec Julien. Elle tente d’entrer dans la maison, les pompiers la repoussent, trop dangereux.


Curieux de savoir comment elle va se sortir de ce mauvais pas, une heure après je me décide, je vais les rejoindre.

Je joue les étonnés, surpris de découvrir les pompiers en action. Muriel se jette dans mes bras en pleurs :
« - Oh mon chéri, ce que j’ai eu peur.
« - …
« - Je ne comprends pas ce qui s’est passé.

Justifiant sa tenue :
« - J’ai juste eu le temps de quitter ma chambre en courant, heureusement que j’ai trouvé une serviette au bord de la piscine ».

Julien est en caleçon, je ne fais aucune réflexion.

« - Où sont Solange et Vincent ?

Muriel se trouble :
« - Euh, ils sont partis avec les gendarmes faire leur déclaration pour l’assurance, rassure- toi, ils vont bien, il n’y a pas de blessé.

J’admire sa présence d’esprit. Quelle imagination, quelle comédienne. Toujours confiant et faux cul, je crois tout ce qu’elle me dit, et essaie au mieux de la rassurer.

Vincent et Solange arrivent enfin. Julien leur a téléphoné pour les informer du mensonge de Muriel. En arrivant, ils jouent le jeu.
Ils sont effarés, leur maison est ravagée, « que s’est-il passé ? ».

Les pompiers sont partis, mais les dégâts sont énormes. Vincent fonce dans la fumée qui ne s’est pas encore totalement dissipée, il patauge dans l’eau qui a permis d’éteindre le feu mais a multiplié les dégradations. Solange se lamente, une suie grasse et épaisse recouvre tout.
Je les accompagne pour leur donner un coup de main, condescendant, toujours hypocrite. Les meubles et les murs sont noircis, recouverts de plastique fondu. Les gravures, souvenirs de famille de Solange, sont noires et gorgées d’eau, irrécupérables. Le canapé et les fauteuils sont brûlés par les flammèches enflammées qui ont sauté dans la pièce.

Muriel me présente Julien, un ami, « tu dois te souvenir de lui, il était à leur anniversaire de mariage ».
Est-ce là qu’ils se sont connus ?

---o O o ---

Très compréhensif, je propose mon aide. Muriel est nerveuse, elle ne veut pas s’éterniser « nos amis ont assez de problème, ne les dérangeons pas plus », « Julien va rester pour les aider ».

Je monte avec elle dans sa chambre, tout est noir dans l’escalier, la fumée a fait son œuvre. Les chambres sont un peu épargnées, mais l’odeur est partout, et les pompiers ont tout inondé.

Je ne fais aucune réflexion face au lit. Nous rassemblons rapidement ses affaires, et nous partons après un rapide « au revoir » à nos amis. Muriel après une courte hésitation fait la bise à ces trois traîtres :
« - Bon courage, à bientôt.

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Après quelques minutes, j’arrête la voiture au bord de la route. Muriel me regarde, étonnée.
« - Explique-moi, que s’est-il passé ?
« - C’est un bête accident, je ne comprends pas.
« - Qu’as-tu fait cette nuit ?
« - …
« - Ton lit n’était pas défait. Quand tu es sortie nue en courant pour te sauver du feu, où étais-tu ? … J’attends tes explications.
« - …
« - Tu préfères que je te rafraîchisse la mémoire.

Je lui montre la photo d’elle nue dans les bras de Julien, dormant au bord de la piscine.
« - Quoi ? Tu savais ?
« - Je suis arrivé à 4 heures, directement dans ta chambre, vide, j’ai fait le tour de la maison, vide. Dehors, je vous ai vu. C’est ton amant ?
« - Non, la soirée d’hier soir a un peu dérapé.
« - Ne me prends pas pour un con, où étaient Vincent et Solange ? Ils sont complices de ta liaison avec Julien.
« - Julien est un de leurs amis, il est passé il y a deux jours. Ce matin ils ont dû retourner en urgence à Paris, ils devaient rentrer aujourd’hui. Je suis restée seule avec lui, et puis… je m’en veux mon chéri… je me suis laissée aller, on s’est baigné, j’ai dérapé… Pardonne-moi.
« - Depuis quand le connais-tu ?
« - Je ne le connaissais pas, c’est un ami de Vincent. Juste hier soir, nous étions seuls, j’ai un peu bu, je n’aurais pas dû, excuses moi mon chéri.

A ce moment, Muriel semble prendre conscience que je suis là depuis longtemps :
« - Mais… Quand tu es arrivé, il n’y avait pas d’incendie.
« - Non.
« - Mais alors… c’est toi qui …
« - Oui, c’est moi.

Elle s’étrangle :
« - Non ! Tu n’as pas fait ça… Pourquoi eux ? Juste pour m’avoir laissée seule avec Julien ?
« - …
« - Tu es fou, tu as vu leur maison ?

Je la regarde durement :
« - Tu ne me parles pas de votre petite soirée ?
« - Quoi ?
« - Tu sais, dimanche soir, dès que j’ai eu le dos tourné.

Elle se trouble, bafouille, cherche ses mots. Je vois bien que son esprit essaie de deviner ce que je sais.
« - Solange et Vincent ont invité quelques amis, Julien était avec eux, il est resté, c’est tout. Ils ne sont responsables de rien. Ce n’est pas leur faute si je me suis laissée aller avec lui.
« - Rien d’autre ?
« - Non, que veux-tu d’autre ? … C’est terrible, tu te rends compte de ce que tu as fait.
« - Et toi, tu te rends comptes de ce que tu as fait ?
« - …

Je prends l’ordinateur de Vincent.
« - Quoi ? Tu as pris son ordi, pourquoi ?

Muriel tremble, elle ne comprend pas. Je lance la vidéo.
Suivi de Solange tout en noir, elle apparaît avec sa cape sur les épaules au milieu du salon face à ses futurs amants.
« - Oh mon Dieu, non !
« - …
« - J’ai honte.
« - REGARDE…

La cape vient de tomber, elle est nue. Muriel retient sa respiration, détourne les yeux, faiblement je l’entends « Non » « Oh mon dieu ! » « Arrête ça », elle ne supporte pas de se voir, c’est plus facile de faire que de se regarder faire.

Je laisse le film se dérouler jusqu’au bout, il se termine sur « Messieurs, elle est à vous ».
« - Combien t’ont baisée ce soir-là ?
« - Beaucoup… trop…
« - C’était dimanche dernier. Tu devais attendre que je parte avec impatience, tu t’es bien foutue de moi. Je t’ai téléphoné en arrivant à Paris, pour te rassurer. Tu m’as dit « je t’aime, bonne soirée… ». Quelle trahison !
« - Mon chéri, je n’ai jamais cessé de t’aimer. Ils m’ont proposé cette soirée, je ne me doutais pas… Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté, je m’en veux, c’est la première fois, ce sera la dernière.
« - As-tu entendu ce que Solange t’a dit ?
« - …

Je relance le film et monte le son :
« - Écoute : « c’est d’accord, comme l’an dernier, tu arrêtes quand tu veux, on ne t’en voudra pas, c’est toi qui décides ».
Comme l’an dernier ? Ce n’est donc pas la première soirée …

Muriel est blême, son mensonge s’étale au grand jour, la preuve que je suis cocu depuis plus d’un an :
« - C’est vrai je t’ai menti, je ne voulais pas te faire de mal.
« - J’aurais pu comprendre que tu aies un amant, que tu tombes amoureuse de Vincent ou de Julien, ou même de Solange, mais comment as-tu pu avec tous ces hommes, tous ces inconnus. Toi, une femme respectable, la mère de mes s.
« - …
« - Ils ne t’ont pas e.
« - Je sais, ce que j’ai fait est épouvantable, presque impardonnable et que j’aurais du mal à te le faire oublier…
« - Crois-tu que je puisse oublier ? Explique-moi comment tu en es arrivée là.

Alors elle me dit tout, Solange sous la douche, Vincent avec sa caméra, Julien et les soirées préparées par Solange.
« - Tu t’es transformée en salope. Tu veux que je te montre les vidéos que Vincent a eu le vice de faire, il y en a beaucoup avec toi depuis un an ? Tu me trompais sans aucun état d’âme. Pourtant tu étais libre de dire Stop.
« - Je voulais, je n’ai jamais pu.
« - Soumise à Solange, tu ne pouvais plus te passer de ces relations malsaines.
« - Oui, peut-être, mais… avec toi… on pourrait… si tu voulais bien…

Sans un mot, je fais demi-tour.
« - Que fais-tu ? Où allons-nous ?

Je m’arrête devant la maison de nos amis :
« - Toi tu descends là, va retrouver tes amis, ils vont avoir besoin que tu les consoles. Bonne nuit avec ton Julien.
« - Non ne m’abandonne pas avec eux, j’ai peur, ce sont des pervers.
« - Tu as mis du temps à t’en apercevoir, c’est trop tard maintenant.
« - Je veux rentrer avec toi à Paris.

Je sors sa valise, et lui ouvre la porte :
« - N’oublie pas de leur dire comment j’ai lavé mon honneur. Adieu.

Elle descend en essayant encore de me convaincre, je reste sourd à ses larmes.

En regardant la fumée noire qui s’échappe encore des fenêtres, je vois Muriel dans le rétroviseur, les bras ballants à côté de sa valise.
Elle semble paralysée, incrédule. Elle ne devait pas penser que je l’abandonnerais.

Écœuré par sa trahison, je ne pourrais plus jamais vivre avec elle, plus jamais la toucher.

Je roule sur l’autoroute, trop vite… si je pouvais avoir un accident, je n’aurais plus de problème, j’appuie sur l’accélérateur. Le téléphone sonne, c’est Muriel :
« - Pierre, je suis à la rue.
« - Ce n’est pas mon problème.
« - Je sais, même si je suis coupable, aides moi.
« - …
« - Ils m’ont foutue dehors. Je ne veux pas rester avec Julien, il n’est rien pour moi.
« - Qu’est-ce que tu veux ?
« - Je n’ai pas d’argent. Peux-tu au moins me ramener à Paris ?
« - Je ne vais pas faire demi-tour.
« - Julien est d’accord pour m’emmener… Vincent et Solange sont furieux, leur maison est dévastée.
« - Moi, c’est mon couple qui est dévasté.
« - Pierre… Je suis fautive… Ils m’ont piégée…
« - Piégée ? Un an que tu me trompes, ce n’est pas un simple dérapage. Tu savais ce que tu faisais, tu as la mémoire courte.
« - Je sais, je n’ai aucune excuse.
« - Passe-moi Julien.

« - Oui, c’est moi.
« - Tu peux amener Muriel ? Je rejoins la prochaine aire d’autoroute, ce n’est pas très loin.

---o O o---

Cela fait bientôt deux heures que j’attends sur ce parking, un peu à l’écart. Pour passer le temps, je regarde les photos que j’ai prises, les vidéos de Vincent. Un an de mensonges, combien en ai-je avalé pour expliquer ses retards, ses soirées, trop confiant trop bête.

Je ne regrette pas d’avoir dévasté la maison de Vincent et Solange, ils le méritaient. Mais Julien aussi doit payer.

Les voilà.
Julien gare sa moto. Muriel se dirige vers moi, baisse la tête. Je sors le visage fermé. Sans un regard pour Muriel, je fais un signe de la main à Julien :
« - Merci pour elle.

Il semble rassuré.
« - C’est normal, je ne pouvais pas la laisser tomber.

Muriel s’approche, timidement :
« - Tu veux bien m’emmener à Paris.

Désignant Julien du menton :
« - Tu ne préfères pas rester avec lui.
« - Non mon chéri, il n’y a jamais rien eu entre nous. C’est toi que j’aime.

Le regard dur :
« - Monte. Viens à la maison débarrasser tes affaires, je ne veux rien garder de toi.

Muriel s’installe, tassée sur son siège comme si elle ne voulait pas se faire remarquer.

Au volant, je regarde Julien, il ose me faire un signe de la main :
« - Bye, sans rancune.

J’ai la rage, je serre les dents. J’enfonce l’accélérateur, la voiture fait un bond en avant en va percuter la moto de Julien. Super vol plané, elle atterrit 10 mètres plus loin dans un fracas de ferraille, une tache d’huile et de carburant se répand sur la chaussée.
Julien reste figé, il n’en croit pas ses yeux, il regarde sa moto qui s’en conteste va marcher beaucoup moins bien.

J’ouvre ma fenêtre :
« - Bye, sans rancune.

Muriel a sursauté sous l’effet du choc :
« - Tu es fou.
« - Si tu n’es pas contente, vas le rejoindre.
« - Tu te rends compte du prix de sa moto.
« - Le prix d’une soirée avec toi.
« - Oh ! tu me prends pour qui ?
« - Pour ce que tu es… Et ce tatouage qui te lie à lui.
« - Non pas à lui.
« - A eux alors… Dire que tu m’as fait croire que c’était le symbole de notre amour. Tu as bafoué ce qu’il y a de plus sacré, tu as joué avec mes sentiments.
« - Il fallait que je trouve une explication.
« - … c’est la pire des trahisons.

Muriel ne dit plus rien. A quoi, ou à qui pense-t-elle ?

Je redémarre en trombe, frôlant Julien qui fait un bond en arrière. Nouvelle réaction de Muriel :
« - Attention ! … Tu as failli le renverser.
« - C’est mon cadeau pour t’avoir enculée lors de la soirée.
« - …
« - Quelle honte. Pendant que Vincent te baissait la gueule.
« - Oh !
« - Tu étais tellement en manque pendant ces vacances ?
« - Mais non mon chéri…
« - Lui non plus ne t’a pas e. Tu aimes ça.
« - …

Qu’est-ce qui m’a pris, il faut que je me calme, je risque d’avoir un accident. Pauvre Julien, déjà je regrette pour sa moto. Ce n’est pas lui le responsable, c’est Muriel.

En conduisant, je deviens grossier :
« - Tu es la pire des salopes. Une pute fait ça pour de l’agent, toi tu as baisé avec tous ces mecs uniquement par plaisir, pour ton plaisir malsain.
« - Oh ! … Tu ne m’aimes plus ?
« - Je ne suis pas maso, j’aimais Muriel, la femme qui m’a juré fidélité devant monsieur le maire, la mère de mes s, pas cette femme obéissant aux quatre volontés d’un couple pervers.
« - Que comptes-tu faire ?
« - Je te l’ai dit, la semaine prochaine je consulte un avocat. Tu devrais le faire aussi, tu vas en avoir besoin.
« - Tu veux vraiment me quitter ?
« - Tu n’es plus ma femme. Tu n’es plus la mère de mes s.
« - Non, tu ne vas pas me les enlever ?
« - Je veux les protéger d’une femme vicieuse. Que serais-tu capable de leur faire ?

Horrifiée :
« - Non, pas avec les s.
« - Je m’attends à tout. Il y a une semaine, tu aurais juré ne jamais me tromper.
« - …

Le reste du trajet, nous restons silencieux, chacun ruminant ses pensées.

---o O o---

Arrivée chez nous, tandis que nous rangeons nos valises chacun de notre côté, mon téléphone sonne, c’est Vincent, il crie :
« - Salaud, ça ne va pas se passer comme ça, je vais porter plainte contre toi. Tu verras ce que ça va te coûter, tu as tout détruit chez nous.
« - Tu sais que j’ai trouvé plein de films intéressants sur ton ordinateur. Aimerais-tu que j’en envoie quelques-uns à ton patron, ou encore mieux à ta famille.
« - Salaud, c’est du chantage.
« - Tu as trouvé le mot juste. A toi de choisir.
« - Rends-moi mon ordinateur, je n’ai pas de copie. Tous mes dossiers professionnels et toutes nos photos de famille.
« - Comment pas de sauvegarde ? Tu seras toujours aussi nul.

J’entends Solange derrière lui :
« - Toutes nos photos, depuis plus de 10 ans, nos vacances, la naissance des s, notre mariage.
« - Dommage, je crois que je vais effacer tout ce qui ne m’intéresse pas. Je ne garde que les vidéos de cul, celles avec Muriel et les vôtres bien sûr.
« - Salaud, nos souvenirs.
« - Envolés…

Muriel s’approche, elle a reconnu la voix de Vincent, il hurle :
« - T’es un vrai dégueulasse.
« - N’inverse pas les rôles, tu as baisé ma femme pendant plus d’un an, c’est qui le plus dégueulasse ?
« - Alors, c’est pour te venger.
« - Bien deviné, c’est réussi non ?
« - L’incendie, enfin surtout la fumée, a ravagé toute la maison, le salon mais également les chambres au premier, tout est noir, la suie colle partout.
« - Arrête, tu vas me faire jouir… Ah !
« - Solange est furax, ses gravures anciennes sont fichues, pas une n’est récupérable, la petite table en marqueterie gondole sous l’effet de la chaleur, le canapé est brûlé.
« - Râle pas, tu es assuré.
« - Pas pour les œuvres d’art de Solange, impossible à chiffrer, leur valeur est surtout sentimentale. Elles étaient dans sa famille depuis tant d’années.

Ironiquement :
« - On le sait, Solange est une grande sentimentale.
« - Marre-toi. La maison est entièrement à refaire, les parquets se décollent, le papier peint est à changer, j’attends l’expert qui va ment nous poser des questions, comment croire à un feu de cheminée en plein été ? Le rapport des pompiers est accablant.

J’entends Solange derrière Vincent, elle s’adresse à son mari :
« - Avec ta manie de tout filmer… Je t’ai dit cent fois d’arrêter.

Encore une fois, j’en rajoute :
« - C’est vrai que sans tes films, je n’aurais jamais rien su.

Solange et Vincent se disputent sans se préoccuper que nous les entendions.
J’interpelle Vincent :
« - Je ne vous lâcherais pas, je vais vous pourrir la vie, comme tu as pourri la mienne… Passe-moi Solange.

Elle prend le combiné, reprend sa respiration avant de crier :
« - T’es un vrai porc. Nous étions amis.
« - Tu as une drôle de notion de l’amitié.
« - Ça n’a aucun rapport.
« - Je voulais te dire Solange, je ne veux plus vous voir.
« - Nous non plus, rassure-toi.
« - Je veux dire que vous devrez changer vos s d’école.
« - Quoi ?
« - Je n’ai pas envie que mes s jouent avec des fils de pute.
« - Impossible, tu sais bien que je suis responsable de l’association de parents d’élèves. Je ne peux pas partir, je me suis engagée.
« - Alors, tu vas te désengager, il n’est pas question que des s soient éduqués par une vicieuse comme toi.
« - C’est ce qu’on verra.
« - C’est tout vu, à moins que tu préfères que j’envoie quelques petits films au directeur de l’école et aux membres de ton association… tu vois l’effet ?
« - Salaud. Tu ne ferais pas ça.
« - Ne me mets pas au défi… Et tant que vous y êtes, vous pouvez déménager, loin d’ici.
« - Où veux-tu qu’on aille ?
« - Je ne sais pas moi… Tombouctou, ce serait bien non ?

Je raccroche. Muriel a suivi notre conversation :
« - Tu sais bien que cette association c’est toute sa vie.
« - Toi aussi, tu étais toute ma vie.

Muriel semble choquée, elle regarde devant elle sans bouger :
« - Je n’ai jamais eu l’intention de te tromper, je t’ai toujours aimé. C’était une bulle hors du temps, hors de notre couple, hors de notre famille.
« - Comment as-tu pu ?
« - Je te l’ai expliqué, d’abord Solange, puis Vincent, l’engrenage.
« - Pendant un an, combien de fois ? 20, 50 fois, plus ?
« - Souvent.
« - Toutes les semaines ?
« - Parfois moins, parfois plus. Quand tu étais en déplacement, sinon le soir au lieu d’aller faire du sport, ou à midi pendant la pause déjeunée. Suivant leur bon vouloir.
« - Dire que je ne me doutais de rien, je te faisais une confiance aveugle, je n’avais aucune raison de te surveiller, tu étais irréprochable, la femme idéale, la mère idéale. Tu t’es bien foutue de ma gueule, je ne te suffisais pas.

Muriel s’accroche à moi, suppliante :
« - Non, cela n’a rien à voir avec toi. J’ai toujours été la même. Mes sentiments pour toi n’ont jamais changé. Tu as toujours été le mari parfait, le meilleur des pères. J’aime toujours autant ta tendresse, tes caresses. Tu m’as toujours fait jouir, tu me combles depuis notre rencontre.
« - Je ne devais pas te combler tant que ça, si tu es allée chercher ailleurs.
« - Je n’ai pas cherché, je n’y pensais pas. C’est venu petit à petit comme je t’ai dit, je ne sais pas comment j’en suis arrivée à faire tout ce que Vincent et Solange me demandaient, sans discuter, sans réfléchir.
« - Sans penser à moi, sans penser à ta famille, tes s, sans état d’âme. Tu es allée jusqu’à te déshonorer comme ils te le demandaient.
« - Non voyons.
« - Et ces soirées ?
« - Ce n’était qu’un jeu, un défi.
« - Un jeu ? Te donner en spectacle et baiser avec des inconnus ?

Muriel baisse les yeux, elle sait que j’ai raison.

« - Pourquoi avoir pris un amant ?
« - Julien n’est pas mon amant. Encore un jeu de Solange, un jour elle m’a offerte à lui. Elle regardait et Vincent filmait, c’est idiot. Je l’ai revu dimanche, je ne savais pas qu’il devait venir. Nous ne nous sommes jamais rencontrés seuls.
« - Et hier, toute la journée ?
« - Nous avons beaucoup parlé, il m’a raconté sa vie, comment il est tombé dans les griffes de Solange. Il m’a fait prendre conscience que j’étais manipulée. Il a eu pitié de moi, il m’a dit « sauve-toi », « éloigne-toi d’eux, ils sont malfaisants ». Prenant conscience que la soirée avait été beaucoup trop loin, j’ai décidé de leur dire que c’était fini, en espérant que tu ne saches jamais rien.
« - Mais hier soir,
« - Hier j’étais bien avec Julien, il m’a emmené au restaurant, nous nous sommes baignés en rentrant, l’ambiance, notre complicité naissante. Il m’a prise dans ses bras, nous nous sommes embrassés « juste pour nous ». Cette fois, nous n’avons pas baisé, nous avons fait l’amour, tendrement. Il faisait chaud, fatigués nous nous sommes endormis. Si j’étais remontée dans ma chambre, tu n’aurais jamais rien su.

Je suis couché depuis longtemps cherchant le sommeil quand Muriel se glisse dans notre lit. Je lui tourne le dos.

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Dans la nuit, je suis réveillé par Muriel qui tourne et retourne dans le lit, elle parle en dormant, je comprends à peine ce qu’elle dit, « … non, … regarde pas, non … pas moi, …mon dieu !... Je ne veux pas … tu ne dois pas voir ça …non ».

J’allume la lampe de chevet, Muriel secoue sa tête de droite à gauche. Je la touche légèrement :
« - Muriel… tu dors.
Elle transpire, les yeux ouverts elle ne me voit pas, toujours très agitée.

Enfin, elle me regarde, elle me fixe, mais me voit-elle ? :
« - Oh mon dieu !... Non, c’est pas moi, … Non, ne regardes pas.

Elle se recroqueville sur elle-même, elle tremble. J’entends encore faiblement :
« - Non… non … non …

Délicatement, je lui essuie le front. Je lui caresse doucement les cheveux, que se passe-t-il dans sa tête ? Y a-t-il deux Muriel… la femme que j’aime, la mère de mes s et une salope qui ne pense qu’à baiser … peu à peu sa respiration redevient normale. Enfin elle se rendort.

Au matin, elle dort encore quand je me lève.
Elle arrive dans la cuisine, le café est prêt. Machinalement, elle me fait une bise avec ces seuls mots « pardon mon chéri », après un petit bonjour timide je ne réponds pas.

Elle prend son petit déjeuner comme une automate. J’ai l’impression qu’elle a tout oublié, elle ne se souvient plus de sa nuit, du cauchemar qui l’a agitée.
Moi je n’ai rien oublié.

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Nous faisons chambre à part, Muriel s’est installée dans la chambre d’amis en attendant le divorce.
Nous avons parlé aux s, ils sont très jeunes, difficile de leur expliquer. Pour eux, nous faisons semblant. Nous nous côtoyons, nous dînons ensemble, nous regardons la télé ensemble sur le canapé, côte à côte. Parfois Muriel se laisse aller en posant sa tête sur mon épaule, je ne bouge pas.
Après chacun rejoint sa chambre, sans même une bise, sur un simple ‘bonne nuit’.

Peu à peu ma colère est retombée. Je suis toujours perturbé, mais je souffre moins, l’amour que je portais à Muriel s’est envolé, reste juste un peu de tendresse, souvenir des jours heureux.

Solange a prévenu l’association qu’elle démissionnait, ses s ayant changé d’école. Mes menaces ont porté, elle a eu peur, sous le coup de la colère je n’aurais pas hésité.
Je les ai à l’œil, ils n’ont pas déménagé, mais je sais où leurs s sont maintenant inscrits. Solange a tenté de se faire élire dans l’association de parents d’élèves de cette nouvelle école, un coup de téléphone l’a vite dissuadée de maintenir sa candidature. Je ne les lâcherais pas.

Le dossier de divorce avance, mon avocat a un dossier béton, j’aurais la garde des s, je n’ai aucune pitié. Le temps n’a pas atténué ma détermination.
Nos avocats se sont mis d’accord, tous les deux étonnés des conditions que j’impose, conditions que Muriel ne conteste pas. La juge aussi a été surprise lors de l’audience de conciliation. Muriel n’a rien dit, elle subit en silence, je n’ai rien dit de sa conduite.

Demain, ce sera fini, l’audience est prévue à 10 heures au Palais de Justice. Muriel a déjà déménagé ses affaires. C’est sa dernière nuit « chez nous ».

Alors que j’ai du mal à trouver le sommeil, j’entends la porte s’ouvrir sans bruit. Je devine Muriel dans la pénombre, elle s’approche du lit, s’assoit à côté de moi :
« - Tu ne dors pas ?

Je ne réponds pas. Elle me caresse le visage, je devine son sourire un peu triste :
« - Laisse-moi faire.
« - Que veux-tu ?
« - Une dernière fois.
« - Tu as envie que je te baise comme Julien ou comme Vincent.
« - Non, c’est toi qui me manques.
« - …
« - Fais-moi l’amour une dernière fois, comme avant, comme mon mari.
« - …

Elle s’allonge nue à mes côtés. Je la caresse. C’est fou, demain on divorce, et je suis en train de faire l’amour avec mon ex.
Impossible de réfléchir, elle me suce, je lui caresse les seins, goûte son clito… une dernière fois, son odeur m’enivre. Nous retrouvons nos gestes d’antan, je la pénètre, nous nous connaissons tellement, je sais ce qu’elle aime, elle sait ce qui me fait plaisir, nous jouissons à l’unisson … cela nous manquait à tous les deux.

Je la serre dans mes bras.
« - Aie.
« - Je t’ai fait mal ?

Je regarde son bras, à la place de son tatouage, une plaie qui a du mal à cicatriser. Mon regard est interrogateur :
« - J’ai effacé le passé.

Muriel, se lève, me murmure à l’oreille « je n’ai jamais cessé de t’aimer ». Elle s’en va, en arrivant à la porte, je lui dis « Je t’en veux, on était heureux ».
J’entends couler la douche de la chambre d’amis.

Le lendemain, nous allons ensemble au tribunal, ses parents sont là pour la soutenir. Nos avocats nous briefent chacun de notre côté.
La juge lit les conditions décidées d’un commun accord. J’ai la garde des s, elle ne pourra les voir qu’un week-end par mois, dans un lieu protégé, la honte :
« - Vous êtres bien d’accord ?

Muriel acquiesce de la tête.

Moi, sans la regarder :
« - Pas tout à fait.

Muriel ne m’a pas entendu, elle regarde le sol devant elle. La juge et les avocats intrigués lèvent la tête, tout paraissait bouclé.
« - C’est-à-dire ?
« - Je demande la garde alternée classique. Un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. C’est comme ça d’habitude non ?

Muriel sursaute en m’entendant.
Sans me poser de question, la juge s’adresse à son greffier :
« - D’accord, vous pouvez notifier en ce sens.

Nous attendons une demi-heure, le temps que le document sorte de l’imprimante. Nous le signons tous les deux. C’est fini.

De retour dans le hall du tribunal, Muriel discute avec son avocat et ses parents.

Je m’éloigne, le cœur gros. Elle me ratt :
« - Pierre, merci, … Mais pourquoi ?
« - Les s n’ont pas à pâtir de notre séparation, ils ont besoin de leur mère. Leur mère c’est toi, malgré tout.

Elle a les larmes aux yeux. Elle me fait une bise. Je tourne la tête, j’ai aussi les larmes aux yeux, on ne tire pas un trait sur une vie sans émotion.
Je m’en vais.

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J’ai laissé notre l’appartement à Muriel, les s avaient leurs habitudes, et elle voulait retrouver nos souvenirs, des souvenirs que moi je voulais oublier, que je voulais fuir.

J’ai acheté un appartement pas très loin, afin que les s gardent la même école.

Je n’ai rien pardonné. Je ne lui en voulais plus. J’espère que le temps lui a fait prendre conscience de ce qu’elle a fait, de ce qu’elle a perdu et comment elle s’était faite manipuler.

Les mois, les années ont passé, j’apprends par les s qu’un monsieur vient régulièrement à la maison voir maman. Je comprends que Muriel a refait sa vie. J’espère qu’elle a compris, qu’elle ne fera plus de conneries, et qu’elle sera heureuse. On a tous droit à une seconde chance.
De mon côté, je suis resté quelques mois avec une femme qui voulait aussi refaire sa vie après un divorce difficile, mais je ne pouvais plus faire confiance. Depuis je me contente d’aventures sans lendemain. Peut-être un jour…

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Un soir dans une boîte avec des collègues, j’aperçois Julien, enlacé sur la piste de danse avec une femme mature, pour ne pas dire vieille, il la pelote ouvertement, ça m’écœure un peu. Il la raccompagne à sa table sous les remerciements du mari qui les regardait danser.

Julien passe à une autre table, même manège. Nos yeux se croisent, il baisse les yeux pas fier de lui. Je comprends ce qu’il est devenu, un gogo boy qui vend ses faveurs à des couples.

Je vais le voir, je ne lui en veux plus. Je m’excuse pour la moto, ce n’était pas lui le responsable. Il balaie mes excuses d’un revers de main, c’est de l’histoire ancienne. Il a compris que l’ayant vu avec Muriel, j’avais pu péter les plombs.

Il n’a jamais revu Muriel. Il est désolé en apprenant notre divorce, une lueur de nostalgie passe dans ses yeux.
Il en a bien profité, sans jamais comprendre comment une femme belle et intelligente comme Muriel, mère de famille rangée, avait pu devenir une marionnette entre les mains de Solange. Descendre aussi bas, pour lui les femmes sont un grand mystère. Pour moi aussi.

Sans rien lui demander, il me parle de Vincent et de Solange. Ils se sont séparés il y a plus d’un an. Depuis l’incendie et mon chantage, ils n’en finissaient pas de se disputer. Solange n’a pas pu se remettre de la perte de ses meubles et de ses gravures anciennes, ni surtout de ces photos-souvenirs, 10 ans de sa vie disparus.

J’explique à Julien que j’avais la haine contre eux. Des amis aussi proches, ils ont perverti Muriel, ils ont trahi notre amitié. Je crois que si je les avais eus en face de moi, j’aurais été capable de les . Je voulais leur faire du mal, d’où le feu, et ce chantage avec le contenu de leur ordinateur.

Tension dans le couple, Solange rejetait la faute sur Vincent avec sa manie de tout vouloir filmer. Elle est partie un jour avec les s, il ne l’a pas retenue, il n’y avait plus rien entre eux.
C’est Vincent qui a fourni à Julien ce travail dans cette boîte, il ne sait rien faire d’autre.

Il doit retourner travailler … le voilà de nouveau sur la piste.

En le regardant danser dans les bras de ces femmes, je prends conscience de ce que Muriel aurait pu devenir si je n’avais pas trouvé ces satanées vidéos.


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La suite dans le prochain épisode : « L’amour ».

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