Le Contrôleur Est Une Contrôleuse

Dans mon travail, je prends le train assez souvent. En règle générale, je tombe sur des contrôleurs insignifiants, des gros cons ou personne. Le voyage que je fais entre Bordeaux et Montpellier est très différent.

J’ai le PC sur la tablette avec un film d’humour et le casque sur les oreilles quand on me demande mon billet. C’est une tape sur l’épaule qui me fait réagir. Je prends machinalement le billet, retire le casque et regarde le… la contrôleuse.

« Ouah ! » est le bruit qui s’échappe de ma bouche sans même faire attention que je manque de respect à une superbe nana. Aussitôt, je m’excuse avec toute la maladresse qu’un mec peut avoir face à une femme.

Je crois qu’elle a vu qu’il n’y avait rien de désobligeant car elle me sourit et me remercie même d’avoir été aussi sincère.

Je m’excuse encore et j’explique que c’est la première fois que Miss France me contrôle dans un train. Sur le coup, c’est de l’humour et je me permets cela car je crois déceler comme une connivence familière possible.

La femme regarde dans le wagon ne contenant qu’une dizaine de personnes. Elle me sourit et me traite de charmeur.

Après m’avoir dit que je n’aurais aucune réduction à faire du charme comme ça, elle me demande ce que je regarde de si intéressant sur le PC. Je lui dis le nom du film.

Elle me dit qu’elle ne l’a pas vu et que se serait cool de le voir plutôt que de passer le reste du voyage avec ses collègues… qu’elle traite de lourdaud. Sans rien avoir avec la SNCF, j’ai vu assez de spécimen pour la croire !

Elle me répond avec un sourire éblouissant qu’elle a bientôt fini son travail et qu’elle veut bien m’accompagner pour le visionner.

Je reste coi et elle m’explique qu’elle a accès à un compartiment où on peut être à l’aise pour regarder un film. De plus, c’est en première et il y a une prise électrique sur le réseau du train.

En fait, pourquoi pas.

Elle est très agréable et si je peux voyager en première, dans un compartiment privé… Pourquoi pas.

Elle me demande de la suivre et me voilà, avec ma valise comme un petit chien, à la suivre. Les regards se portent sur moi comme si je suis un voleur qui doit suivre le policier.

A moins que ce soit sur cette bombe qui me précède. Je profite de la petite promenade jusqu’en première pour mater le dos et le derrière de cette jeune beauté. J’ai du bol !

On arrive en bout de wagon des premières et elle ouvre avec sa clef la porte d’un compartiment. Je découvre un lieu très cossu avec deux beaux fauteuils et une petite tablette où trône un sac à main.

Ma guide ferme la porte avec le verrou et elle la bloque avec une barre posée sur le côté. Elle me dit que c’est la solution pour être tranquille.

Je pose ma valise sur le rangement en hauteur pendant que la miss retire sa veste d’uniforme.

Elle me propose de mettre en route mon ordinateur en branchant le secteur. Le PC est branché et je le mets en route.

C’est une journée chaude et la température dans le compartiment est très correcte. Pour une cabine privée en première, je pense qu’une climatisation pourrait être installée mais, apriori, ce n’est pas le cas.

Je lui montre le répertoire où se trouvent quelques films mais la miss ne semble pas vraiment être intéressée. Elle me propose de faire connaissance avant de mettre le film.

Je lui dis que je suis en mission pour le travail et que je prends le train assez souvent. Je lui dis aussi que c’est la première fois que je découvre une contrôleuse aussi charmante.

Elle me demande si je suis célibataire. Ma réponse va dans ce sens en expliquant que mon travail ne me permet pas d’avoir le temps de construire une relation durable et stable. Pour le moment, c’est vie monacale avec le boulot comme seul compagnon.

Sans que je lui demande, elle me dit que le métier de contrôleur ne va pas durer car elle ne trouve aucun intérêt à faire ce métier entouré de collègues fainéants, sexistes et cons comme des ânes.
De plus, elle n’a pas de facilités avec les passagers qui la considère comme responsable de chaque aléa de transports.

Je lui demande si elle arrive à concilier une vie de famille avec les déplacements. Elle rigole en me disant qu’elle a largué son mec trois mois auparavant et qu’il n’est pas question, pour le moment, de construire quoi que ce soit.

Son regard plonge dans le mien comme si elle attendait quelque chose. Je n’ose penser avec mon cerveau accroché à ma taille sinon, je lui proposerais bien un sujet qui se joue habituellement à deux !

Elle me dit qu’elle est de Bordeaux et qu’elle s’appelle Nicole. Je lui réponds que je suis aussi de Bordeaux, enfin… à côté et que mon prénom est Pascal.

Habitant tous les deux Bordeaux, je lui propose de pouvoir se revoir après le voyage pour faire quelques sorties entre nos déplacements.

Elle semble réfléchir avant de me répondre que c’est une bonne idée. Elle pose sa main sur la mienne, ce qui a tendance à me provoquer une érection assez rapide.

Dans ces situations, je crois que les organismes n’agissent plus comme d’habitude. La respiration est courte. Les yeux cherchent des réponses chez l’autre. Le sang afflue par à-coup dans les trempes. Le temps se crispe et perd de sa consistance.

…

Je ne sais plus qui a bougé en premier entre sa main qui a serré la mienne, ma main qui a pris la sienne ou le PC qui s’est mit en veille.

Quoi qu’il en soit, nous nous avançons et nous nous embrassons d’un baiser très doux. Au début, pas de langues, juste un petit baiser sur la bouche échangé.

Puis nos lèvres s’ouvrent et le contact est plus brûlant. Le sang n’afflue plus, il est carrément injecté à force faisant monter la température ressentie de la pièce.

Très rapidement, nous nous enlaçons et nous appliquons nos corps l’un contre l’autre.

Le contact devient plus caressant et les vêtements deviennent gênants.
Nos respirations s’emballent entre nos baisers et notre désir. Nicole, entre deux baisers, me demande si j’ai une protection.

Je n’en ai jamais acheté car je ne suis pas le style baiseur de la bonne affaire à la sauvette ! Me voilà bien coincé avec cette magnifique jeune femme, un désir partagé et… pas de capote !

En deux mots, je lui explique que je ne prévois jamais ce genre de scénario. Elle est dépitée autant que moi. Elle gémit un « nonnn » qui semble venir du plus profond de son être.

Nous nous embrassons encore malgré tout. Elle me demande si je suis un mec bien. La question me fait rire intérieurement car je me pose la même question à son sujet. J’arrête le doux contact de ses lèvres et je la regarde dans les yeux en lui disant que je me demande la même chose.

Pouvons-nous avoir confiance l’un envers l’autre ? Est-ce une aventure ? Cette femme me rentre dans la peau depuis que j’ai croisé son regard. Elle me fixe avec une lueur dans la pupille soulignée par une larme qui semble vouloir venir.

Elle me dit trois mots « J’ai confiance » et enchaîne par quatre autres mots « Tu peux avoir confiance ».

Deux phrases sans preuve, ni pour l’un, ni pour l’autre. Deux énormes mensonges, deux vérités ou un mixte des deux. Pour moi, c’est difficile car j’ai mon pénis qui hurle dans ma tête de prendre cette femme, sans réfléchir. D’un autre côté, il y a ce « je ne sais quoi » dans les yeux de Nicole qui sonne la sincérité.

Je ne trouve rien à dire car il n’y a rien à dire ! Soit tout le monde repart dans son coin et on oublie cette drôle de rencontre amoureuse, soit le couple se forme et l’amour prend possession de la pièce.

Un baiser de Nicole scelle la décision et le deuxième choix semble s’imposer. D’un coup d’esprit, tout s’envole. Les risques sont oubliés. La confiance ou la bêtise, prend le pas sur tout le reste. Le désir est trop fort, autant chez Nicole que chez moi. La folie prend place et les gestes commencent à devenir clairs.


La chemise stricte SNCF de Nicole s’ouvre rapidement sous les doigts experts de la miss. La mienne prend des plis pour devenir un vrai chiffon qui fini sur le coin de la banquette. J’ai à peine le temps de regarder le soutien-gorge de Nicole que nous nous collons l’un contre l’autre. Elle est bouillante et la pression de sa poitrine me donne le vertige.

Mes mains tentent de trouver, de mémoire, comment s’ouvre un soutif. A ma grande surprise, le premier essai est le bon et les seins de la belle sont libérés de leur prison de tissu. Je l’embrasse sur la joue, les épaules et j’arrive à déposer un lot de baiser sur les très beaux seins exposés.

Sans vouloir être vantard ou avoir des mots déplacés, j’ai l’impression d’être avec la plus belle femme du monde. La poitrine de Nicole a une forme parfaite comme dans les magazines. Le galbe est constitué d’une courbe juste et profonde. Ce ne sont pas de gros seins, ni des poires, ni des petits nénés, juste une poitrine ronde, généreuse et dessinée par un artiste.

A chaque baiser déposé sur sa poitrine, Nicole respire bruyamment et semble courir un marathon. Elle m’att la tête avec ses deux mains et m’attire vers sa bouche. Après un baiser humide et gourmand, elle me replace la tête sur un de ses seins pour que je lui att un téton. Je m’exécute tellement le jeu est délicieux.

Comment ? Je ne sais plus mais les pantalons ont rapidement disparu. Je me retrouve assis sur la banquette froide avec Nicole à califourchon sur moi. Sa culotte est juste écartée pour que mon sexe entre en elle. Nous ne bougeons plus. Nous profitons de cet échange pour écouter le temps défiler. Ce moment d’immobilité m’aide à ne pas exploser en elle trop vite.

Les mouvements du train résonnent dans la banquette et remontent en nous. Nicole souffle un « Je t’aime » avant de fermer ses jambes autour de moi et de resserrer l’étreinte. D’un coup, elle bande ses muscles et mon sexe fait un petit bond en elle. La pression de son corps sur mon pénis ultra sensible me fait jaillir en elle presque aussitôt. J’att ses fesses et je la plaque bien contre moi.

Entre mes spasmes de plaisir, Nicole frissonne en poussant de petits gémissements étouffés. Son bassin bascule d’avant en arrière et je sens mon sexe basculer en elle pour frotter le vagin sur les extrémités.

Le temps est arrêté pour nous. Le PC aussi et seul, le train, semble doué d’une vie pour nous emmener vers Montpellier. Je repense à cette rencontre extraordinaire et je suis heureux d’être avec Nicole. Elle m’a offert ce qu’une femme a de plus précieux et de plus difficile à atteindre. Je suis tout simplement heureux.

Sans vouloir dire que j’aime cette femme, je lui trouve une force qui l’auréole d’une aura bénéfique. Sa présence dans mes bras, hormis le côté purement sexuel, me ressource. Je pourrais rester des heures ainsi. En fait, maintenant que mon sexe a eu ce qu’il voulait, je peux réfléchir avec plus d’aisance. J’analyse la situation et l’imbroglio de sentiments confus.

Que va-t-il se passer ensuite ? Je n’ai aucune envie de lui dire au-revoir ! Je n’ai pas envie d’ouvrir mes bras ! Pour faire plus simple, je veux garder Nicole pour moi et, pourquoi pas, vivre avec elle et faire des s. Cette succession d’aveux dans ma petite tête me fait pouffer tellement je me surprends à délirer de cette sorte. Nicole me demande, avec une toute petite voix, ce que j’ai.

Voyons, comment lui dire ? … Je décide d’être concis : « Je crois que je t’aime et je ne veux plus te quitter ! »

Nicole reste silencieuse et je l’entends renifler.

« Snif »… pour la deuxième fois. Je me recule pour la regarder car j’ai un doute sur la scène. Je regarde Nicole avec deux grosses larmes dans les yeux. La troisième coule le long de la joue en direction de son menton et je l’arrête dans sa course. Je lui demande pardon si je l’ai choquée.

Elle tente un sourire et renifle encore une fois avant de dire : « Non… Je suis heureuse, c’est tout ! »

- « Donc, tu pleures quand tu es heureuse ! Je vais prendre des notes pour ne pas m’y perdre ! »
- « C’est malin ! »

Sans la quitter des yeux, je lui demande ce qu’elle fait dans les trente prochaines années.
- « Pourquoi trente ? Tu prévois déjà la fin de l’histoire ? »
- « … Ok, vas pour cent ans, c’est un chiffre rond ! »

Nicole m’enlace et me sert fort. Je lui caresse doucement le dos que je trouve très doux. Le train ralenti et Nicole regarde sa montre.
- « Mince, on arrive en gare ! »

Nous nous habillons rapidement et tentons de retrouver une allure acceptable. Je me rends compte que je vais devoir quitter le train pour aller travailler. Cette perspective m’arrache le cœur et je suis dans l’impossibilité de quitter Nicole.

Je la regarde se refaire une beauté rapide devant le petit miroir de la pièce. Elle doit sentir mon regard sur elle car elle se retourne et me regarde. Elle me sourit avec beaucoup de tendresse. Elle me demande quand je rentre sur Bordeaux. Nous ne pourrons pas être ensemble pour le retour mais elle m’attendra sur le quai à mon arrivée en gare Saint Jean.

Elle reste forte et très professionnelle. Elle m’impressionne par la force qui est complètement à l’opposé de la sensibilité de notre rencontre amoureuse. Sur le quai, entouré par les autres voyageurs, elle me glisse une amende en me disant que je devrais m’acquitter de l’amende le plus tôt possible.

Je regarde le papier et reconnais un numéro de téléphone avec deux petits cœurs comme signature. Sans attendre, elle siffle pour informer son collègue que le train est prêt au départ. Elle m’ignore alors que je la regarde monter sur le marchepied. Le train démarre doucement.

J’ai envie de monter pour la rejoindre. Elle est déjà à une dizaine de mètres quand elle se retourne pour me regarder. Elle pleure et arrive tout juste à me mimer un baiser avant de remonter dans le train pour fermer la porte.

Le train n’est plus visible et je reste sur le quai, seul. Un personnel de la SNCF vient à ma rencontre et me demande si je suis perdu. Je le regarde, l’air hagard, avant de répondre que je dois juste aller prendre une voiture de location.

La journée avance avec une lenteur démoniaque. Je tente, à trois reprises, le numéro de l’amende. Je sais qu’elle ne peut pas être chez elle à Bordeaux puisque le train finissait sur Nice mais je ne peux m’en empêcher. J’enrage car elle n’a pas de répondeur et je reste sans avoir le moyen de lui dire… lui dire… finalement, c’est pas plus mal qu’elle n’ait pas de répondeur !

Le soir, je me fais chier dans le resto et la nuit est horrible car je me sens terriblement seul. Je repense à la journée et à la rencontre avec Nicole. Extraordinaire ! Je suis accro à cette inconnue avec seulement une heure passée ensemble. Certes, l’heure a bien été occupée mais, ce n’est pas raisonnable d’être à ce point adicte d’une femme sans la connaître !

La nuit passe, longue, la matinée est chargée en travail et cela m’aide à moins penser. Le voyage de retour, en train, est horrible. A chaque bruit de porte, à chaque passage, à chaque gare, je sursaute en cherchant si Nicole est là ou non.

Dès la gare d’Agen, je tourne dans ma tête la perspective de retrouver, ou non, Nicole à la gare. Elle n’a pas mon numéro de wagon. Je tente d’appeler encore une fois mais personne ne répond. A chaque kilomètre, c’est de plus en plus dur !

Le train arrive, la vitesse se réduit et je suis le premier à la porte. Dès que le train aborde le quai, je tente de regarder si une silhouette me rappelle Nicole. Le train stop et j’ai l’impression que la porte est bloquée. Enfin, elle s’ouvre !

Je risque de m’écraser sur le quai en m’emmêlant les pieds avec ma valise mais tout finit bien, je suis debout et je cherche. A droite, A gauche, … rien !
Je prends une grande respiration pour retrouver mon calme. Je ne me reconnais plus. Allez, on va se diriger vers le bout du quai sans avoir l’air de se précipiter.

Je décide d’aller vers l’extrémité du train de moins éloigné pour, ensuite, longer complètement le quai. Je traine ma valise comme le bagnard traîne son boulet. J’ai les épaules voutées avec un mal fou à me redresser. Arrivé à côté de la locomotive, je me retourne et j’avance vers la queue du train.

J’y crois sans vraiment y croire. Une colère monte en moi car je me trouve con ! Je relève la tête et je cherche parmi les gens qui reste encore là. Finalement, je dois bien me rendre compte que Nicole n’est pas là. Je prends le passage souterrain.

Arrivée en bas des marches, j’entends la voix de Nicole qui crie mon prénom. Mon cœur s’emballe et je regarde le fond du passage où Nicole court vers moi. J’accélère le pas sans courir mais j’ai envie de jeter ma valise pour la rejoindre plus vite.

Nicole je jette à mon cou et nous nous embrassons. Elle arrive à dire : « Oh ! tu m’as manqué ! … ça va ? »
- « Oui, mais j’avais peur que tu ne sois pas là ! »
- « Pour rien au monde… »

Nous sortons de la gare et elle m’entraîne vers sa voiture garée dans l’espace réservée au personnel.

La suite est aussi folle que la première journée. Nous avons emménagé ensemble en moins d’un mois.

Notre mariage a eu lieu l’année suivante et notre couple est sous une bonne étoile avec la flopée d’anges qui veillent sur nous.

Si aujourd’hui, on me demande de croire à cette histoire, je dis « oui, c’est possible ».

Si, à l’époque, on m’avait raconté cette histoire, jamais je ne l’aurais cru.


Et vous ?

Y croyez-vous ?

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