S.M.S.

Ma vie c'est métro, boulot, dodo. Une routine qui me rendrait fou s'il n'y avait pas le soirée du samedi où je me bourre la gueule... Et Mélanie.

Que devient-on avec un diplôme de philosophie ? Dans mon cas un employé subalterne dans une grosse société. Un machin énorme qui fait beaucoup d'argent en vendant des trucs inutiles a des gens qui ne peuvent pas s'en passer. Où du moins qui le pense. Pour eux je ne suis rien. Un pion. À peine un rouage. Je suis dispensable. Je le sais. Je fais donc le moins de bruit possible. Le moins de vagues. Je fais mon travail. Et j'attends le week-end.

S'il n'y avait pas Mélanie, je serais devenu fou. Ou alcoolique. Mélanie travaille dans l'open-space, a quelques mètres de moi. Nous nous croisons dans l'ascenseur, dans les couloirs, à la machine à café. Nous échangeons des banalités. Nous n'avons jamais eu de vraie conversation. Je ne joue pas dans la même catégorie qu'elle. Elle préfère trainer avec les cadres. Ceux qui ont une petite parcelle de pouvoir. Les types de la compta, Bertrand le DRH, ou Thierry le directeur adjoint du marketing. Je les hais tous. En silence. Je leur en veux de pouvoir passer du temps avec Mélanie. De pouvoir lui parler. Rire avec elle. La toucher.

Mes potes de beuverie sont les réceptacles de ma haine et de mon amour. J'ose dire amour. Même si elle ne me voit pas. Si en deux ans nous avons échangé moins d'une centaine de mots, je l'aime. J'aime l'odeur de son parfum. La façon qu'elle a de rire. La simplicité de ses tenues. Le noir de ses cheveux qu'elle attache en queue de cheval. Le noir profond de ses yeux. Ses lèvres pulpeuses qu'elle rehausse d'un rouge lumineux. Le son de sa voix. Ses dents blanches qu'elle révèle quand elle sourit. J'aime tout chez elle. Tout ce que je connais. Et ce que je ne connais pas. Que j'espère connaitre. Mes amis m'écoutent tous les samedis. Ils savent qu'une fois que j'en aurais fini avec ma complainte, après un dernier shoot de vodka, je m'effondrerais sur le canapé.



Le dimanche, je passe la journée à soigner la gueule de bois devant les programmes débiles de la télévision. Et j'attends le lendemain. De la croiser, de respirer son parfum. De la regarder de loin sans oser lui dire tout ce que je ressens pour elle. Je comate. Le dimanche comme les autres jours je ne suis qu'un légume.

Mélanie est assise à son poste comme tous les jours. Elle fait son boulot. Je l'observe de l'autre bout de la pièce. Elle parle avec je ne sais qui au téléphone tout en tapotant sur son clavier. Il n'y a rien d'érotique dans ses gestes, son attitude pourtant je trouve que c'est le spectacle le plus excitant du monde à ce moment là.

Mon téléphone vibre. Je sors de ma rêverie. Je lis le message. Aujourd'hui je ne porte pas de culotte. M... Je relis, et relis les quelques mots que je viens de recevoir. Je lève les yeux au-dessus des cloisons. Mélanie est toujours au téléphone. Toujours devant son écran d'ordinateur. Je n'y crois pas. Ce n'est pas possible que ce soit elle. Je reprends mon téléphone. Je ne reconnais pas le numéro. J'appelle. Je tombe sur la messagerie. Impossible d'identifier le propriétaire, l'annonce n'est pas personnalisée. J'envoie à mon tour un SMS: qui êtes-vous ? Pas de réponse.

Une heure se passe. Je n'arrive pas à me concentrer. Je jette un œil toutes les deux minutes vers l'espace de Melanie. Elle bosse. Téléphone. Discute. Je commence à penser qu'un de mes potes me fait une mauvaise blague.

Je passe la pause déjeuner à l'extérieur. Dans le petit parc à côté du bureau. Je mange un hamburger bien gras en regardant passer les gens qui font comme moi. Ma poche de pantalon vibre. Aujourd'hui je ne porte pas de culotte. Et je mouille en pensant à toi. M... Je manque de m' avec une frite. Même numéro. Même signature. Mêmes questions. Mêmes troubles. Je regarde autour de moi. Je cherche Mélanie parmi la foule de la pause midi. J'imagine que si c'est elle qui m'envoie ces messages, elle doit vouloir observer mes réactions.
Je ne la vois nulle part autour de moi.

J'arrive en retard après la pause. Personne ne s'en aperçoit. Mélanie n'est à pas sa place. Je m'assois et reprend le boulot à la con pour lequel je suis paye une misère. Les heures passent. J'attends un nouveau message. Mélanie est revenue. Pas un regard pour moi. Je l'observe. Je guette ses mouvements. À aucun moment elle ne semble faire autre chose que travailler.

L'heure de la débauche approche. Les plus pressés rangent leur bureau. Se lèvent. S'avancent. J'éteins mon ordinateur. Je vibre une nouvelle fois. Je suis seule dans l'ascenseur et j'ai glissé un doigt dans ma chatte humide. M... Levant les yeux de mon téléphone je découvre le fauteuil vide dans l'espace de Mélanie. Je cours vers les escaliers. Je dévale les marches au risque de tomber et de me rompre le cou. J'arrive dans le hall essoufflé. Les portes de l'ascenseur se referment. Par les portes vitrées, je vois Mélanie s'éloigner.

Je rentre chez moi. Je passe la soirée à lire les trois messages que j'ai reçus. À tenter de joindre celui ou celle qui me les a envoyés. Toujours la même messagerie. La même voix impersonnelle qui me débite le même message. J'envoie des SMS par dizaines. Sans avoir la moindre réponse. J'appelle mes potes, pour savoir s'ils sont derrière cette histoire. Ils nient tous. Je veux les croire. Je veux croire que c'est bien elle qui est l'auteure de ces mots, de ces phrases qui me troublent.

Vers minuit, alors que je venais juste de m'endormir, une sonnerie. Dans mon grand lit, nue sous les draps, mes doigts jouent avec mon clito, se glissent en moi, en rêvant que c'est toi. Bonne nuit. À demain. Mel... Je ne peux plus dormir.

C'est la même sonnerie qui me réveille. Bonjour. J'ai rêvé de toi. Je te veux. Dis-moi de quelle couleur tu veux que soit mon soutien-gorge aujourd'hui. À tout de suite. Mel... Sans réfléchir je réponds rouge. Je sais qu'elle en a un. Elle le portait à la soirée de Noël.
Sous son chemisier blanc, je le verrais. Je saurais.

Je suis en avance. C'est la première fois que ça m'arrive depuis que je bosse. Je suis seul. J'attends qu'elle arrive. J'attends de voir si oui ou non elle porte son soutien-gorge rouge comme je le lui ai demander. L'espace se remplit peu à peu. Mélanie n'est toujours pas là. Il est neuf heures. Son bureau est vide. Je vibre. Une photo. Un message. Des seins dans un soutien-gorge rouge. Chose promise chose due. Mel... En même temps elle arrive. Elle porte un petit pull noir a col roule. Elle s'installe sans me prêter la moindre attention.

Je ne sais plus quoi faire. Comment réagir ? Que croire ? La journée se passe sans que je reçoive le moindre message. Sans qu'elle me dise quoi que ce soit. Sans qu'elle change d'un iota son attitude envers moi. Je décide de partir plus tôt. Je n'en peux plus. À peine les portes de l'ascenseur se sont-elles refermées que je reçois un SMS. Une photo. Un sexe de femme. Un message. Si mon soutien-gorge était rouge, aujourd'hui encore ma chatte était libre. Mel... L'ascenseur descend. Je serre le téléphone dans ma main. Arrive en bas j’appuie sur le bouton de l'étage de notre open-space. Le trajet dure une éternité. Bien entendu elle n'était plus là. Déjà descendue, par les escaliers.

Rentré chez moi, j'ai ouvert une bouteille de vodka et me suis défoncé les neurones avec application. Je n'ai pas mis longtemps avant de sombrer dans un sommeil alcoolise. Et rêver de Mélanie. Pas un rêve érotique. Un rêve de . Douce mentale à base de mots doux écrits sur les murs de mon appartement, sur toutes les pages de mon agenda. Je me suis réveillé en sueur à trois heures du matin. Deux SMS m'attendaient. Je n'ai pas eu le courage de les lire. Pas avant le matin. Envoyé a 23h. J'ai un vibro entre les jambes. Je ferme les yeux et je rêve que c'est toi Mél... Envoyé une heure plus tard. J'ai joui. Mel...

J'ai longtemps hésité avant d'aller bosser le lendemain.
À cause de la gueule de bois. À cause d'elle. J'ai eu envie de tout plaquer. De jeter mon téléphone. D'en finir. Je n'en ai rien fait. Ce n'est pas du tout moi. Je n'ai pas ce genre de courage. Je suis incapable de parler à une fille qui me fait rêver. Et qui m'envoie des SMS chauds comme la braise. Alors, quitter un boulot pourri sur un coup de tête.

Ce n'était pas un SMS qui m'attendait en arrivant au bureau. Mais une enveloppe. Un mot manuscrit. Une belle écriture. Un rendez-vous. Le soir même. 18h. Un hôtel. Une signature. Mélanie. Son prénom écrit en entier. Pas une initiale. Pas un diminutif.

Toute la journée j'ai regardé ma montre. Comptant les heures. Les minutes. Elle est partie la première. Juste après qu'elle a pris l'ascenseur un nouveau message à fait vibre mon portable. Ne pars pas tout de suite. Attends un peu. J'ai besoin de me préparer. M... J'ai obéi. J'ai attendu.

J'ai couru vers cet hôtel. J'ai imaginé tous les scénarios. La chambre vide. Ou pire les potes qui m'y attendent. Pire encore les collègues. Tous riant de me voir essoufflé franchir la porte. Et les plus beaux. Elle m'attendant. Sur le lit. Attendant mes mains, ma bouche, mon sexe. Attendant ma peau contre la sienne. Mes caresses. Mon étreinte.

Devant l'hôtel ma poche vibre. Chambre 124. N'allume pas la lumière. Déshabille-toi. Allonge-toi. Mel... Je monte les escaliers. Cherche la porte. La trouve. Reste un moment devant. Reprenant mon souffle. Écoutant. Guettant des signes de présence dernière l'huis. Je pose ma main sur la poignée. L'abaisser. Entre.

Les rideaux sont tirés. La chambre semble vide. Je remarque au bout d'un moment de la lumière sous la porte de ce qui doit être la salle de bains. J'essaie de l'ouvrir. Fermée. Un papier apparaît à mes pieds. Quelques mots de la même écriture que ce matin. Non. Déshabille-toi. Allonge-toi. J'arrive. Je m'exécute. Nu sur le lit je l'attends. Tendu comme un arc. La porte s'ouvre. Je ne vois qu'une silhouette en ombre chinoise. Elle s'avance vers moi. Je la devine nue. La lumière s'éteint. Le noir total. Une main se pose sur moi. De longs doigts fins remontent le long de mon torse. Je frissonne. Je sens enfin sa peau sur la mienne. Elle s'asseoir sur moi. Sur mon ventre. Ses mains agrippent mes poignées. Je sens alors deux cercles de métal se refermer sur eux. Elle vient de me menotter au lit. Je me débats. Elle pose un doigt sur mes lèvres. Puis me voile les yeux d'un bandeau.

Je suis à sa merci. Je suis sa chose. Prisonnier. Ses mains continuent leurs caresses. Elles explorent le moindre centimètre carre de ma peau. Puis sa langue se joint à elle. Je gémis quand elle glisse sur ma queue. Sur mes couilles. Elle joue avec mon sexe. Ma bitte avant de l'avaler. De la sucer. Elle m'offre la plus belle fellation de ma vie. Celle dont j'ai rêvé des nuits et des nuits. Elle sait jouer de ses lèvres, de sa langue. Change de rythme. S'arrête pour me prendre dans sa main. Me branler avec douceur avant de me reprendre en bouche avec fougue. Elle sait doser mon excitation. S'arrête quand elle me sent sur le point de jouir. Me calme. Et se relance. Puis me sentant sur le point d'exploser, me libère. J'éjacule dans sa bouche. Je la sens avaler mon foutre. Lécher les gouttes qui dégoulinent sur ma bitte, sur mes couilles.

J'attends qu'elle me détache. Je le lui demande. Elle n'en fait rien. Hon, hon. Et elle rit. C'est la première fois que j'entends le son de sa voix. Elle prend mon sexe flasque entre ses doigts et entreprends de lui redonner de la vigueur. Quand peu de temps après je rebande, elle vient s'empaler dessus. Sa chatte est délicieuse. Humide. Chaude. Ferme. Elle commence à me baiser. Me chevauche comme si j'étais un simple gode. Elle me prend tout d'abord avec application. Sans se presser. Tout doucement. Puis au fur et à mesure que la chaleur monte en elle, elle se fait plus sauvage. Accélère le rythme de ses ondulations, pousse des cris, s'accrocher a moi, plante ses ongles dans ma poitrine. Elle jouit une première fois. Retombe sur moi haletante. Je sens sa chatte dégouliner sur moi. Le repos est de courte durée. Elle revient à la charge. Plus déchainée encore que la première fois. Elle jouit plus rapidement. Elle hurle de plaisir. Je voudrais arracher mes liens et la prendre dans mes bras. Me libérer et lécher la sueur sur ses seins. Je lui demande une nouvelle fois de me détacher. Comme réponse elle me gifle et reprend sa danse sur ma queue.

Elle jouira encore trois fois avant de retomber morte de fatigue à cote de moi. Elle quitte le lit sans m'avoir détaché. Je m'entends prendre une douche. Je me débats en vain. Elle revient vers moi. Ôte mon bandeau. Elle s'est rhabillée. Elle sourit. Entre ses dents ce que je devine être la clef de mes menottes ! Elle se penche vers moi. Ses lèvres sont à quelques millimètres des miennes. Elle se détourne avant qu'elles ne se touchent. Défais un lien. Me jette la clef et quitte la chambre.

Je me détache. Me douche. Me rhabille. Je rentre chez moi. Je me couche sans me doucher. Pour garder sur moi son odeur. Je me tourne et me retourne dans mon lit n'arrivant à trouver le sommeil. Je ne sais pas quoi penser de cette expérience. Excitante. Oui. Troublante. Aussi. Frustrante. Un peu. Satisfaisante. Pas tout a fait. Le sommeil finit par m'attr. Je rêve d'elle. De tout le bien qu'elle m'a fait. De tout le mal aussi.

Mes poignes ne font mal au matin. Je me prépare. Je pars au boulot. Sur la route ma poche vibre. Pas un SMS. Un appel. Elle. Je décroche. Je n'ai pas le temps de parler. J'ai aimé de baiser ce soir. Ne m'appelle pas. Ne cherche pas à me parler au boulot. Je déciderais du jour et de l'heure de notre prochaine rencontre. S'il y en a une autre.

J'ai éteins mon téléphone. L'ai jeté dans la première poubelle que je trouve sur le chemin. Je passe devant l'immeuble de mon bureau sans m'arrêter. Je n'irais travailler. Je ne veux pas la revoir. Ni aujourd'hui, ni les autres jours. Je vais chercher une autre routine. Sans Mélanie.

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