10 Un Jeune Boulanger

Ce matin je me suis levé en pensant à toi. C'est dingue comme tu habites mes pensées alors que je te connais à peine. C'est fou comme je me suis branlé en pensant à toi avant de m'endormir au soir du premier jour que je t'ai aperçu derrière ton comptoir à la place de l'ancien boulanger. Ce jour là, en apercevant ta silhouette de loin, j'ai presque pilé en passant en voiture devant la vitrine de la boulangerie du village. Une fraction de seconde, une image incomplète captée du coin de l'œil, en roulant, débordé par mes pensées... pensée d'où tu as eu le pouvoir de me décrocher instantanément...
Oui, je possède un radar détecteur de bogosses . Et là, franchement, tu ne pouvais pas passer à travers. J'ai avancé jusqu'au rond point 500 mètres plus loin et même si je n'avais pas prévu d’acheter du pain ce jour là, je suis revenu et je me suis garé devant la boulangerie. J'ai pris mon temps pour descendre de ma voiture, faisant mine d'être au téléphone: je t'ai longuement regardé à travers la vitrine et je t'ai trouvé extrêmement beau. Je suis rentré et tu étais là, débout derrière ton comptoir. Je t'ai trouvé charmant. Tu m'as serré la main et tu t'es présenté. Avec un sourire à tomber des remparts de citadelle fortifiée, tu m'as expliqué que tu t'appelais Morgan P., que tu venais de reprendre le fond de commerce avec ton père, qu'il allait t'aider pendant deux ans et ensuite te laisser l'affaire. Morgan, voilà un prénom à la sonorité si excitante et qui te va comme un gant... Là je t'ai trouvé à la fois sexy et touchant.
Putain, c'était inattendu. Habitué à un vieux boulanger gros et aux t-shirts délavés et souvent crasseux, ça changeait un max de voir un jeune homme soigné, bien propre sur lui, les cheveux châtains très clairs avec des reflets dorés comme le blé au mois de juin, façonnés par un brushing avec une petite crête impertinente à la Cristiano Ronaldo des première années; des yeux gris magnifiques, un regard charmant, un t-shirt blanc immaculé plutôt moulant, tendu sur une chute d'épaules à l'angle parfait, un col en V laissant dépasser quelque poils de mec et une chaînette aux mailles si viriles, le tout posé sur un relief de pectoraux exactement comme je les aime, juste saillant, une silhouette bien dessinée et extrêmement harmonieuse… bref, un physique tonique mais pas trop musclé, élancé, svelte, d'une fraîcheur à se damner.

..
Alors qu'au temps de l'ancien boulanger je passais au magasin une fois par semaine et que je congelais mon pain, depuis que tu es installé je trouve facilement le temps de passer presque tous les jours chercher ma baguette, ou des boules, faute évidemment de pouvoir accéder aux tiennes de boules, à ta réserve perso. Car tu as ce pouvoir magique de m'apporter un bon moment, parfois le seul bon moment de la journée.
Oui, ce matin je me suis réveillé en pensant à toi, ti boulanger. La journée s'annonçait chargée et emmerdante et j'ai eu envie de mettre un peu de baume au cœur avant de la commencer. Je m'arrête devant la boulangerie, je te regarde à travers la vitrine, derrière ton comptoir, en train de voltiger devant les étagère pour servir tes clients, dans ton "uniforme" de ti boulanger charmant, ce t-shirt blanc col en V tendu sur ton torse délicieux, ce sourire magnifique sur ton visage… Je suis à la bourre pour mon rendez vous mais j'ai quand même envie de prendre mon temps.
Il y a deux femmes qui attendent, et un monsieur au comptoir que tu es en train de servir. Avec un peu de chance, aucun autre client arrivera après moi et pendant un petit moment je pourrai traîner un peu à discuter avec toi, mon joli. J'adore quand on n'est que tous les deux dans la boulangerie. Tu te lâches et tu t'enhardis davantage, tu me taquines parfois, et je te rend la pareil; ça reste vraiment bon , mais j'adore ce petit jeu par lequel j'arrive parfois à te subtiliser des infos, comme ton âge, le village et le quartier où tu habites, l'existence d'une Stéphanie dans ta vie (hélas, personne n'est parfait...), d'un frère cadet (aussi mignon que toi?)... tes entraînements au foot avec tes potes, les matchs gagnés, les matchs perdus... Oui, j'adore ce petit jeu où tu fais parfois mine de t'intéresser un peu à moi aussi…à ma journée, à mon labrador... oui, toi aussi tu en as un, ça nous fait au moins ça comme point commun...
Et ce sourire... Oui, ce sourire est parfois le seul que je verrai, et que bien d'autres verront, dans la journée, un véritable cadeau du ciel.
Et arriver à le déclencher est à la fois un plaisir et une victoire, même si on peut penser que ce n'est que le sourire complaisant d'un commerçant envers un client à fidéliser, un client comme un autre... mais ce sourire est tellement charmant qu'on se prend à rêver qu'il doit être plus authentique et pur que ça... et que tu es bien trop jeune et frais pour être aussi cynique...
Et je m'arrête alors, souvent exprès et sans besoin réel, rien que pour vivre cet instant délicieux, quand mon regard croise le tien, quand tu me serres la main, quand on peut échanger deux mots, quand j'arrive à te faire sourire, quand tu me fais un commentaire drôle sur ma coupe de cheveux à zéro, quand tu me demandes comment ça va, quand je te vois m'écouter, tes yeux droits dans mes yeux, quand j'arrive à peine à soutenir ton regard clair et rieur, quand je te fais des blagounettes inoffensives... ou presque...
J'ouvre la porte, je lance un “bonjour” appuyé, les deux dames répondent discrètement, tu lèves à peine les yeux, tu me vois, tu lances à ton tour un "bonjour” rapide, concentré sur le ticket de caisse de ton client. Putain que tu es beau, avec ton sourire mi ange mi canaille, et ton regard à mi chemin entre Matt Pokora et Rayane Bensetti… à chaque fois c'est un choc. Chaque fois je te trouve plus beau que la veille.
Et comment ne pas se sentir emporté devant ce jeune homme toujours souriant, pétillant, plein de vie et d'énergie, fringuant, toujours de bonne humeur et qui a l'air de prendre un plaisir fou à ce qu'il fait et qu'au passage il délivre autour de lui un bonheur sans égal, avec sa beauté incroyable, sa jeunesse insouciante et ce regard d'ange à craquer, à croquer... Franchement, tu es beau à en pleurer... c'est pas possible...faudrait que ce soit interdit d'être aussi beau et charmant...
Tu rends la monnaie au vieux monsieur, avec une gentillesse et une grâce étourdissantes. La boulangerie est saturée d'odeur de pain chaud, de croissants, de chocolatines, les narines sont ravies, et la vue aussi, se perdant devant cette vitrine bien dressée et ces étagères pleines de bons pains qui sortent du four.
Cette boulangerie est à l'image du boulanger, on adore la regarder, ça sent bon, et ça donne faim...
Le monsieur prend congé en te remerciant, saisit sa baguette, faute peut-être de saisir la tienne, se retourne et dit bonjour aux clients à venir. On avance tous d'un pas vers toi. C'est le chemin vers le bonheur, on s'approche du soleil, tels Icare, attention aux ailes...
La première dame te demande une boule tranchée. Et tu lui souris...
Une boule tranchée, c'est parti... - je t'entends lancer, gai comme un pinson.
Qu'est ce que c'est beau de te regarder évoluer...tu as le charme, l'insouciance de tes 20 ans, la fraîcheur de cet âge où tout paraît simple avant que la vie ne se charge d'emporter à jamais ce sourire nonchalant. Ce sourire qui fait paraître le monde un peu plus beau, qui égaie la vie de tes clients pendant un instant qui est déjà beaucoup, un beau cadeau, et qui fait revenir le soleil dans une journée qui s'annonçait grise et morose. Ce sourire est la joie, la beauté du monde, le bonheur qui renvoie à quelque chose d'insaisissable, de fugace mais tellement sensible, presque divin. Tu as cet âge, 23 ans, où l'ado et l'homme se côtoient... un âge magnifiquement capturée dans les vers de Pascal Sevran et délicieusement chantée par Dalida: Il venait d'avoir 18 ans, il était beau comme un , fort comme un homme... Cet âge où, jour après jour, le garçon cède la place au jeune homme en devenir, où la virilité s'installe dans le regard, dans l'attitude, dans la voix d'un mec.
Adorable ti boulanger, qu'est ce que tu aimes dans la vie? Qu'est ce que tu n'aimes guère? Quels sont tes gouts? Qu'est ce qui te met en colère? Qu'est ce qui te rend heureux? Quel est le truc le plus dingue que tu n'as jamais fait? Quel est le truc le plus dingue que tu as envie de faire aujourd'hui ou un jour?
Charmant jeune homme, tu aimes quoi au lit? Est ce que Stéphanie te fait jouir comme tu le mérites? Est ce qu'elle suce bien? Dans quelle position lui fais-tu l'amour? Est ce que tu te branles entre deux coïts avec ta belle? Combien de fois par jour et à quel moment? Et surtout, quelles images coquines se bousculent dans ta jolie tête pendant que ta main coulisse sur ta queue? Te caresses-tu les couilles? L'entre-jambes? Te pinces-tu les tétons?
Je me suis toujours dit: oh combien j'aimerai être dans la tête des beaux garçons pour savoir ce qu'ils imaginent pour s'exciter, connaitre la sensation que ça leur fait que de lâcher leur semence dans une bouche, dans un sexe offert.
.. dans quelle position ils aimeraient se faire sucer, quel genre de nana les excitent... Ahhhh là là, voilà un de mes plus grands fantasmes : lire dans les pensées de ces putains de beaux mecs hétéros... et surtout les plus machos...
Je donnerais cher pour savoir ce que tu portes sous ton pantalon...je t'imagine rentrant chez toi, te déshabillant, posant ses fringues, laissant négligemment ton boxer par terre, allant sous la douche, te savonnant le torse, les pecs, puis te lavant la queue... peut-être vas-tu te branler sous la douche, ou juste après, débout devant le miroir de la salle de bain? Ou alors plus tard, allongé sur le lit, en attendant qu'elle rentre, éclabousses-tu ton torse un peu velu? L'as-tu fait aujourd'hui ? Vas-tu le faire ce soir ? Je voudrais te voir jouir, voir ta belle p'tite gueule submergée par l'orgasme, voir ta queue cracher ton jus de p'tit mâle...voir jaillir le fruit de cette branlette qui prive un cul ou une bouche bien accueillants...
Quelle frustration de penser que ce genre de mec soit obligé de se branler alors que j'aurai tellement de bonheur à leur offrir du plaisir avec ma bouche et mon corps tout entier; j'ai envie de crier "au vol!", en pensant à ce sperme qui se gaspille, à ce plaisir limité au potentiel limité d'une main... Ahhhhhhhhh, ce grand drame de l'existence... Le gâchis de ce foutre d'hétéro perdu dans leur branlette solitaires, alors que nous les pd on aurait tellement d'idées...et nous serions prêts a faire preuve d'entraide, de soutien et de dévouement à une cause d'intérêt national... Oui, Nico, là je reconnais l'esprit philanthrope et désintéressé qui ta bite... soutenir la queue d'un bel hétéro, quoi de plus généreux et louable ? Ça mérite le Nobel de philanthropie!
Et pendant ta branlette, pendant que tu serres ta queue entre tes doigts, pendant que tu te caresses là où tu es le plus sensible (laisses-tu parfois tes doigts s'aventurer jusqu'à ton ti trou?), penses-tu à un truc qui t'a fait ta copine ou à un truc qu'elle ne t'a jamais fait? Un truc que tu lui a demandé et qu'elle a refusé de faire? Ou alors un truc dont tu as envie mais que tu n'oses même pas lui demander? Est ce que tu mouilles ton doigt avant de le faire disparaître dans ta rondelle?
Ou bien, penses-tu à une autre nana? A cette cliente qui te fait les yeux doux et qui te dragouille ouvertement? A son décolleté, à ses hanches? A ses fesses, à ses jambes que tu reluques quand elle te tourne le dos en quittant la boulangerie? A ses yeux, un sourire, un parfum qui te fait fantasmer? Derrière ton comptoir, toute la journée, six jours sur sept, du monde tu dois en voir défiler un paquet... des regards intéressés de nanas jeunes ou moins jeunes, en veux-tu, en voilà... Y a-t-il, parmi ces regards, certains qui te troublent et qui te font respirer plus fort que d'autres, qui te font tromper à rendre la monnaie? Des regards que tu as du mal à soutenir? Des réflexions qui te troublent ou te mettent mal à l'aise? Tu sais bien que le soir, quand ton père est parti, il te suffirait d'un mot pour en lever certaines qui s'arrêtent exprès parce qu'il n'y a plus que ton Ibiza blanche sur le parking devant la vitrine... mais Stéphanie t'attend à la maison, et tu n'as pas vraiment envie de la tromper...
Oui, des regards accrocheurs tu dois en voir... mais tu dois avoir l'habitude de te faire draguer, beau comme tu es, les nanas ont du commencer de bonne heure à s'intéresser à toi... Depuis toujours tu as été convoité... Déjà au lycée elles te rodaient autour, en boite de nuit, dans la rue, à la plage... A quelle âge as-tu couche la première fois? Ça a été comment? Où, dans quelle situation, elle t'a fait quoi? C'est qui la nana qui a eu le privilège de te dépuceler, de te faire jouir, de te voir jouir pour la toute première fois?
On t'a souvent maté, certes, mais jamais tu n'as été autant exposé directement à la vue et au désir... derrière ton comptoir tu es comme sur un podium, tous les regards convergent vers toi, et on ne voit que toi...Ça te fait quoi d'être autant désiré? Grisant? Gênant, saoulant à la longue?
Tu es timide mais coquinou à la fois... sont-telles vraiment si innocentes tes tenues...ta coiffure de bogoss, tes t-shirt blanc ultra moulants, cette chaînette de mec pendouillant sur tes pectoraux...tu n'as pas quand même un brin envie qu'on te remarque? Envie de plaire, envie qu'on te désire? Tu aimes ça, n'est pas? Avoue p'tit voyou sexy... Tu aimes que les nanas s'intéressent à toi...
Tu rends la monnaie à la première dame; elle discute avec toi, je la sens parler de son week-end à venir, son projet de partir à la mer une dernière fois en ce début d'automne si étonnamment chaud. Tu lui souris, et elle semble s'attarder. Qu'est ce que c'est beau de se trouver en face de lui, n'est pas ma grande? On n'a vraiment pas envie d'en partir... mais là, voyez-vous madame, il y a des gens qui attendent... Elle finit par prendre congé en s'excusant d'avoir pris son temps.
La deuxième dame avance de deux pas, jusqu'au comptoir, jusqu'à toi. Et moi derrière elle.
Une baguette et deux tartelettes aux fruits, svp...
Ça devient chaud, j'approche du magma en fusion. Ça en devient insoutenable pour la vue. Mec, tu n'es pas seulement beau, là on touche à la perfection, au divin, a l'absolu, au "hors compétition". Ton sourire est à chaque fois un moment de bonheur dépassant l'entendement. Tu es scandaleusement, odieusement, épouvantablement, effroyablement, monstrueusement, diaboliquement attrayant, sexy, magnifique, et tu es d'un naturel tellement désarmant que ça en est presque insupportable. En plus t'as rien a faire : pas besoin de bouger de parler, de sourire, tu es juste là et tu es bandant. Alors quand tu souris, quand tu ris, alors là on a juste envie d'une chose : hurler et pleurer.
Ton t-shirt blanc près du corps est carrément un scandale tellement c'est simple et beau à la fois. Tu es vraiment l'archétype de ce que j'appelle le p'tit con a gifler tellement tu es beau. Ton regard d'ange coquin, mignon mais viril et assuré, choupinou mais mec a la fois, tellement beau que on a envie de te punir d'être aussi beau et d'avoir parfaitement conscience du pouvoir que ton charme exerce autour de toi... on a envie de te coller une amende avec retrait de points ou carrément retrait de ton permis de... séduire.
Oui, tu es pile ce genre de mec mi-ange mi-démon qui me fait délirer… ange car, devant ton sourire, on te donnerait non seulement le bon Dieu sans confession, mais aussi et surtout la bonne pipe sans protection; démon, car c'est diabolique d'être aussi beau et sexy. Comme quand on arrive à entrevoir cet élastique de boxer Calvin Klein qui dépasse de ton pantalon quant tu te penches pour attr certains pains spéciaux en bas de l'étagère... pains que je n'avais jamais goûtés auparavant, mais qui sont devenus depuis peu mes préférés…
Je remarque que la dame devant moi est en réalité une fille d'environ 25 ans, plutôt avenante et habillée de façon très féminine. Je te regarde, beau Morgan, et je trouve ton attitude à son égard bien différente de celle que tu affichais avec la cliente juste avant, faut dire qu'elle avait tout de même la cinquantaine... Ton sourire bon a laissé la place à un petit regard charmeur bien appuyé... Dis-donc mon mignon, tu serais pas en train de t'amuser? Ça doit t'arriver tellement souvent de te faire brancher par des nana de ton âge...
Et les mecs? Ça ne t'es jamais arrivé de te faire brancher par des mecs? Si... avoue petit coquin...Ça te fait quoi, ti mec à nanas, le regard de certains hommes qui traînent sur toi, qui s'accrochent à ton sourire, s'attardent sur ton visage, sur ton torse, sur ton t-shirt, pleins de désir et de frustration? Tu les remarques au moins? Fais-tu attention et lis-tu entre les lignes, à certaines allusions, certaines piques, certaines blagues à l'apparence si anodines qu'on te lance juste pour voir ce sourire illuminer ton beau visage, ce sourire dont tu n'es pas avare mais dont on ne se lasse jamais et qu'on a envie de voir, encore et encore. Te rends-tu compte du désir que tu inspires?
Ça fait quoi de voir sur soi le regard d'un homme intéressé, un regard qui dit tellement de choses, un regard qui déshabille, qui pénètre dans le tien, un timbre de voix qui te caresse... Te laisse-t-il indifférent? Le tolères-tu uniquement car un client est un client et tu te sens protégé par ton comptoir, ce rempart imprenable? En es-tu agacé? Il y en a pas un, de temps en temps, qui fait vibrer quelque chose en toi et qui te trouble?
Ne te dis-tu pas, de temps en temps, « putain, ce mec est bien foutu », en voyant un bel étalon? Il n'y a-t-il pas, parmi tes clients, un garçon qui te fait de l'effet? Et quand il rentre dans la boulangerie, tu sens ton cœur battre plus fort et tes tétons frotter contre ton t-shirt? Comme ce mec, un type que je me plais d'imaginer, ce mec qui vient parfois et qui a ce regard si magnétique et qui te fait de cet effet si bizarre dans le ventre... Tu ne le trouves pas beau et sexy? Tu te dis peut être que tu aimerais être à sa place, qu'un brun comme lui doit avoir un succès fou avec les nanas, surtout car il est plus dégourdi que toi, qu'il a su rester célibataire et profiter de sa jeunesse alors que toi tu t'es coincé trop jeune avec Stéphanie... Certes, tu ne supportais par d'être seul, mais aujourd'hui, avec tous ces regards qui te désirent à longueur de journée, tu te rends compte que cela te prive d'aventures qui sont vraiment à ta portée...
Penses-tu parfois à ce mec en te branlant? Ou à cet autre client qui ne te plaît pas forcement au premier abord mais qui te fait les yeux doux et qui te dragouille assez ouvertement? A ses t-shirt échancrées, à sa chute d'épaules? A ses fesses, que tu reluques quand il te tourne le dos pour quitter la boulangerie? A son visage, un sourire, un parfum qui te fait fantasmer?
Parfois je trouve qu'à la faveur de deux phrases bien enchaînées, une complicité semble s'installer entre nous... d'autres fois je te trouve froid et je me dis que je dois te soûler avec mes blagues à deux balles et mes regards trop appuyées et trop insistants, avec mon allure de pd de presque 10 ans ton ainé, quémandant ton attention et laissant transparaître un désir qui te dégoûte...car tu dois te dire que tu ne manges pas de ce pain là, et que, de toute manière, si un jour l'envie t'en prenait, tu pourrais taper dans bien plus jeune et charmant...Tu me plais énormément mais je sais que je n'ai aucune chance avec toi... Et puis, Stéphanie t'attend à la maison, et tu n'as pas vraiment envie de la tromper...et certainement pas ce cette façon là...
Mais au foot... à force de mater les copains a longueur d’entraînement et à poil sous les douche et dans les vestiaires... est-ce que ça ne finit pas quand même par donner des idées? Est-ce qu'il t'arrive de penser à tes potes en te branlant ?
Je me souviens d'un très beau brun au t-shirt noir que j'ai vu un jour devant ton comptoir te parler d’entraînements, de week-end, de déménagement, c'était ton pote... tu étais si beau, il était si sexy... t-shirt moulant noir vs t-shirt moulant blanc... je jalousais votre complicité, votre amitié si virile...ouais..., mes pensées se sont emballées illico... Je t'ai imaginé effleurant son torse avec le bout du nez, respirant son odeur de p'tit mec en sueur après l’entraînement, je t'ai imaginé aussi en train d'agacer délicatement ses tétons avec ta langue, t'attarder dans le creux entre ses pecs, en léchant sa sueur de p'tit mâle, descendre entre ses abdos tout en levant les yeux pour le voir rejeter sa tête en arrière, se laissant faire, arriver à son nombril que tu titillerais avec le bout de ta langue... et avec la main pincer légèrement ses tétons l'un âpres l'autre, lécher sa ligne de poil entre le nombril et la queue, avant d'attaquer le déboutonnage de sa braguette, découvrir son boxer rempli de sa virilité qui commence a se réveiller, embrasser son gland a travers le tissu, sentir sa queue chaude se raidir... L'entendre gémir doucement, te laisser poser ses mains sur ta tête qui te guident et t'obligent à rester sur sa queue jusqu'à ce qu'il te dise « ouais, vas-y bouffe-moi la queue »...
Je continue mes divagations en me demandant si plus jeune, quand cette envie inattendue monte violemment du caleçon, apportant avec elle l'adolescence et scellant par la même occasion la fin de l'enfance, n'as pas tu profité d'une occasion fortuite pour te soulager au touche pipi avec un pote?
Tu es la définition, le modèle parfait du mec qui a du faire se damner un camarade de classe tombé amoureux de toi, le bel hétéro de service, le mauvais mec, pile ce qu'il ne faut pas faire... mais l'histoire se répète à chaque génération, dans chaque classe... Ti mignon, as-tu remarqué ce camarade de classe qui baissait les yeux quand tu t'adressais à lui ou tout simplement quand il croisait ton regard? Ce même gars qu'il t'a peut-être proposé de t'aider à réviser en fin d'année pour préparer le bac? Tu t'es demandé pourquoi il l'a fait? Sait-tu à quel point il t'avait dans la peau, à quel point il avait envie de se retrouver seul avec toi? Même s'il le savait d'avance, pauvre idiot, qu'il n'aurait rien osé tenter avec toi car il te croyait hors de sa portée, trop beau, trop désiré, trop hétéro. Oui, de toutes les époques, des mecs comme moi sont tombé amoureux de types juste pas possibles, comme toi, comme Jérémie.
C'est l'histoire éternellement recommencée de ces années d'école, des premiers émois, des amours impossibles d'un jeune pd pour un mec à nanas. Tu n'as peut-être même pas remarqué comment ce petit mec à lunettes avait le souffle coupé pendant qu'il essayait de t'expliquer un passage de philo, comme il avait du mal à soutenir ton regard... Ou alors, au contraire, tu l'as bien remarqué, ça t'as flatté, tu en as un peu joué, un brin profité mais tu n'as pas donné suite... Ou alors, t'as eu envie de satisfaire ta curiosité et tu l'as séduit, tu te l'es tapé quelques fois avant le bac, entre deux nanas, et ensuite tu es parti dans l'apprentissage et lui dans le sien, tu ne l'as plus jamais revu ni pensé à lui; mais lui, lui il lui a fallu des années pour se remettre de ce qui s'est passé entre vous, il a en a bavé un max, et encore aujourd'hui, il ne t'as pas oublié.
Mon beau petit boulanger, n'as tu donc jamais imaginé un truc avec un mec? Ça ne t'as donc jamais chatouillé l'idée que ça pourrait te plaire, que même en gardant ton rôle de mec, il est de choses qu'un garçon te ferait ou te laisserait faire ou se laisserait faire, des trucs devant lesquels souvent une nana rechigne? As-tu déjà ressenti ou même imaginé le bonheur d'une langue d'homme s'enroulant goulûment autour de ta queue ? Une gorge bien disposée à accueillir loin, très loin, ton gland excité? Des lèvres chaudes et bien serrées? As tu déjà eu occasion de goûter à cette sensation magique, d'une bouche qui accueille ton éjaculation et qui la fait disparaître au fond d'une gorge gourmande? Et ta rondelle, a-t-elle connu la sensation électrique d'une langue qui s'insinue d'abord délicatement et ensuite vigoureusement entre ses parois? As-tu déjà ressenti l'excitation extrême de ta queue serrée dans l'intimité chaude et humide d'un anus? Le bonheur de répandre ta semence dans ce lieu interdit que ce soit chez les nanas, qui souvent n'en veulent pas, tout comme chez les mecs, avec qui je me plais d'imaginer que tu n'as pas encore essayé... tout comme je me plais à contrario imaginer que tu as déjà peut être essayé après une soirée bien arrosée...Imagines-tu les trucs que tu pourrais demander à un mec? Imagines-tu à quel point tu pourrais tout, vraiment tout demander, car il serait incapable de te refuser quoique ce soit... tellement tu es un fantasme sur pattes, hors de portée et sujet d'excitation pendant bien de moments de plaisir solitaire...
Ou alors, n'as tu jamais envisagé qu'en laissant un jour un mec être plus mec que toi, tu pourrais découvrir le bonheur de tenir une queue dans la bouche ou de te faire déflorer ce petit trou inviolé?
Oui, toutes sortes de spéculations concernant ta vie sexuelle traversaient mon esprit quand tu m'as tendu la main et tu m'a souri...absorbé dans mes délires, je ne m'étais même pas aperçu que la fille devant moi avait enfin foutu le camp.
Mec, putain que tu es beau! Ça a failli m'échapper...Je m'avance alors d'un pas et je suis devant toi, désarmé par ton sourire, et par la poignée de main que tu m'offres, chaleureuse et virile.
Nous sommes seuls dans la boulangerie, personne n'est encore rentré après moi et ton papa n'est pas là, ou alors au fond de l'arrière boutique. J'étais parti tellement loin dans mes pensées que je me trouve dépaysé devant ta présence: j'en perd les moyens, comme si j'étais resté trop longtemps en apesanteur et que me jambes avaient du mal à me porter. Faut dire à ma décharge, que tu m'as salué avec ton sourire d'adorable petite fripouille, de tête à claques... Putain, j'ai failli tomber dans les pommes... pour dégainer un sourire comme le tien, il faut le port d'armes!
Tu as remarqué que j'étais à l'ouest et tu m'as lancé:
Mauvaise nuit?
Oui, mauvaise nuit - je t'ai répondu.
Tu me racontes alors que toi non plus tu n'as pas assez dormi et que tu n'arrives pas à émerger ce matin. (Trop baisé mon mignon? ... ça aussi ça a failli m'échapper...). Joignant le geste à la parole, tu t'étires en plissant tes paupières, tu lèves les bras, l'un puis l'autre, les allonges de toute leur envergure en serrant les poings, tu portes tes mains derrière la nuque; et au même temps, sans y prêter gare, tu as un petit mouvement de rotation du buste qui m'offre la chance de voir à la fois ton côté pile et ton côté face...continuant ton étirement, tu ramènes les épaules en arrière, tu bombes le torse faisant émerger un peu plus tes pecs du coton blanc de ton t-shirt, on voit tes tétons pointer...; toute cette manœuvre, d'un naturel et d'une nonchalance désarmantes, a pour effet immédiat et magique de soulever le bas de ton t-shirt, un geste qui me rend totalement dingue, découvrant cette ligne de petits poils bruns et fins qui descend depuis ton nombril comme à indiquer le cheminements vers ton sexe... et l'élastique de ton boxer Calvin Klein qui dépasse malicieusement...J'ose en fait a peine imaginer ce qu'il peut y avoir dans ce boxer, comment est ta queue...
Depuis toujours, quand je peux voir ça chez un mec, lorsqu’il lève les bras et que son t-shirt se soulève, que ce soit un mec inconnu dans la rue, ou un gars que je côtoie et qui fait ça devant moi, ça me rend totalement dingue, ça me fait un effet juste pas possible, tout comme ça me rend dingue de voir le sous-vêtement dépasser du jean, voir l’élastique du slip ou du boxer. Et ce qui rend la chose super-excitante c’est que souvent le mec n’en a pas conscience…c’est comme si je découvrais un secret sur sa vie, savoir ce qu’il porte, ce qu’il a enfile ce matin comme sous-vêt en s’habillant et ce qu’il va poser le soir…
Ça va? - me demandes-tu, m'arrachant de mes rêveries..
Oui, ça va... - je réponds.
Oui, ça va, surtout maintenant que tu m'a montré un peu de ton intimité, mon mignon... (ça encore ça a failli m'échapper).
Qu'est ce qu'il fallait? - me demandes-tu devant mon hésitation.
Résistant à la tentation de te demander la baguettes et les deux boules que tu caches dans le boxer que tu viens de me montrer à moitié, je réponds sagement:
Deux croissants...
Un autre client est déjà rentré et je le sens piétiner derrière moi. Je te dis au revoir en te souhaitant la bonne journée. Je m'en vais en emportant ton sourire avec moi. Oui, ce matin, tu as bien ensoleillé, voire chauffée ma journée. Ton petit étirement impromptu m'a excité comme pas permis... en sortant de la boulangerie j'ai carrément envie de me taper une branlette en pensant à ton coté sexy et viril... Hélas, j'ai été tellement accaparé toute la journée par le taf que je n'ai pas pu donner suite à mon envie, pourtant pressante...de toute la journée je n'ai cessé de penser à ce petit bout de peau, à ces poils fins en dessous de ton nombril... au bonheur que ce serait d'y poser mes lèvres, ma langue, à l'odeur de ti mec qui devait dégager de cette porte d'entré, de ce chemin du trésor vers ton sexe...
Alors, ce soir, rentrant à la maison après une journée de travail épuisante, en passant devant la boulangerie et en voyant l'Ibiza blanche garée devant, j'ai eu envie de m'arrêter pour revoir ton sourire. C'est environ 19h45, juste avant la fermeture. En me garant, j'ai remarqué avec plaisir à travers la vitrine que tu es seul dans ta boulangerie: et ça m'a mis de bonne humeur. Je suis rentré d'un pas assuré, bien intentionné à discuter un peu avec toi, à trouver des mots pour te faire rire, à rester un peu devant toi pour me réjouir de ta beauté et de ton charme.
En m'approchant du comptoir, j'ai pu percevoir une légère odeur de transpiration, mélangée avec une fragrance entêtante de ce qui devait être le déodorant "bien à mec" que tu avais dû mettre le matin. Et voilà ton sourire, aussi touchant qu'un coucher de soleil, aussi enivrant qu'un lever de jour.
Je te demande si ta journée s'était bien passée... tu me réponds que oui, ça peut aller... tu me parles d'un client pénible que tu appelles "tout neuf". C'est un mec la cinquantaine passée, qui vient souvent avec maman et qui, de par son allure empattée, a vraiment l'air d'un mec "tout neuf", n'ayant jamais servi à aucune nana. Tu me demandes ce qu'il en est de ma journée, je te parle d'un rendez vous pénible que j'ai eu à la banque... on aime rigoler sur nos petites déboires, ces petits trucs qu'on tourne en moquerie, tout en en rajoutant un peu pour en rire davantage...
Tu finis par me demander: Qu'est ce que je vous sers?
Résistant à la tentation de te demander la baguettes et les deux boules que tu caches dans le boxer que tu viens de me montrer à moitié, je réponds sagement:
Deux baguettes...Mais d'abord, j'aimerais que tu me serves un “tu”, d'accord j'ai presque 10 ans de plus que toi, mais rien n'empêche de se tutoyer…
Tu trouves ça drôle et... putain, là tu ne fais pas que sourire, là tu rigoles… mes mots te font rire... j'adore te faire rire...

Tu atts les baguettes avec un geste gracieux et viril à la fois. Quand tu me rends la monnaie, j'essaie de trouver un contact furtif et à l'apparence accidentel avec ta main. Et quand mes bouts de doigts effleurent la peau chaude de ta paume, je n'y tiens plus, j'ai envie de me lâcher:
Tu sais, Morgan, ton pain est plutôt bon...
Merci...
Tu sais, Morgan, je crois qu'il pourrait être dégueulasse que les client viendraient quand même...
Ah, non, je ne pense pas... - me réponds-tu, tout souriant.
Je crois que si...
Et pourquoi ça? - tu t'étonnes.
Ne joue pas au petit con avec moi...
Je ne joue pas... - là tu t'étonnes encore davantage.
Arrête un peu ton baratin, tu veux? Les gens continueraient à venir pour toi, pour ton sourire, ta gueule d'ange charmeur, tes t-shirt moulants...
An bon...? - là tu es visiblement mal à l'aise.
Je ne t'apprend rien, tu le sais que tu es bogoss...
Si vous le dites...
Tu me vouvoies encore une fois je crois que je vais te frapper...
Pardon..
Allez, fais pas le timide, tu dois te faire mater à longueur de journée...
Pas tant que ça...
Je suis sûr que tu ment...en tout cas moi je te trouve super charmant...
Silence de sa part et sourire gêné.
Ça te met mal à l'aise que je te dise ça?
Non...
Si, je le vois...
Je ne suis pas si mignon...
Je peux te dire que c'est vraiment dommage que tu sois hétéro, sinon je t'aurai bien montré à quel point je te trouve mignon et montré par la même occasion deux ou trois trucs que les nanas ne font pas en général...
Comme quoi ? - le mec s'est enhardi d'un coup, se délestant de toute sa gêne... il a l'air intrigué, ce coquin...
Bah, comme sucer à fond, avaler ton jus, lécher la rondelle : on t'a déjà fait tout ça?
Plus ou moins...
Plus ou moins... c'est quoi au juste?
Bah, plus ou moins...
Faudrait qu'on discute calmement de tout ça...
Je ne sais pas...
Je ne vois qu'un solution pour mettre tout ça au clair...
Laquelle?
Je souris de ta coquinerie effrontée et je réponds: Te montrer par des travaux pratiques...
Un quart d'heure plus tard la boulangerie est fermée. Je l'attend en voiture comme convenu. Stéphanie n'est pas là ce soir, on pet aller chez lui. Il tourne la clef dans la porte du magasin, se dirige vers son Ibiza et me fait signe de le suivre.
Cinq minutes plus tard, nous sommes a son apart, la porte d'entrée claquée derrière nous: je lui rentre dedans sauvagement, je l'embrasse fougueusement.
Oui, petit con, tu me fais un effet dingue, j'ai envie de sentir toutes les parties de ton corps, ton t-shirt, sous tes bras, titiller et pincer tes tétons a travers le tissu du t-shirt... Te voir en t-shirt blanc moulant est déjà un supplice en soi… et cette tenue, à mon avis, est bien loin d'être innocente...je te l'enlève enfin, je lèche la peau douce de ton torse, entre tes pecs, je mordille tes tétons, tu gémis...on ne t'as jamais fait ça, n'est ce pas? Je me mets a genoux colle mon nez contre ton jean et la bosse de ta queue… Je baisse le pantalon, vois apparaître un boxer, qui commence à être tendu...Je suis fou d'envie, envie de toi...j'ai envie de tout avec toi, j'ai envie de tout ce dont tu as envie...
Pendant que je parcours ton corps avec mes mains et avec ma langue, je repense à toutes ces fois que je t'ai mâté en attendant mon tour à la boulangerie qui ne désemplit pas. A tous ces matins où me suis levé en pensant à toi.
Oui, ce soir, après un rude journée de travail, j'ai vraiment envie de toi, j'ai envie de tout avec toi, j'ai envie de tout ce dont tu as envie... j'ai surtout envie de te proposer un plan comme celui là, envie de te faire du rentre dedans, envie de réussir à aller au delà de la phrase: "Tu sais, Morgan, ton pain est plutôt bon...". Te sortir tout ce jeu de drague que je me suis imaginé mille fois dans ma tête mais qui finit toujours par s' au fond de ma gorge.
Hélas, j'en ai pas le cran; alors, après t'avoir félicité pour ton pain, j'ai fini par te parler de la pluie et du beau temps. Ta dernière cliente de la journée rentre dans la boulangerie, elle attend déjà, l'occasion est passée. Je prend congé de toi, la mort dans l'âme.
En retournant à ma voiture, je ne peux te quitter du regard à travers la vitrine: et là c'est un déclic. Tu ne fais pas de madeleines, mais il est d'autres moyens qu'une madeleine pour retrouver un bout de son passé... En te regardant faire avec ta dernière cliente de la journée, un souvenir, surgi de nulle part, remonte en moi avec une force inouïe, me frappe comme un coup de fouet, faisant bondir mon cœur dans la poitrine...
D'un coup, je prend conscience. Mec, tu as une façon de soulever les sourcils, une façon de plisser les paupières, un truc inexplicable mais qui jailli de ton attitude à certains moments, comme un éclair, intense et fugace, un truc qui me ramène bien d'années en arrière, l'année de mon bac. Tu n'étais qu'un à l'époque mais moi, moi j'étais déjà en âge de ressentir les premiers émois sentimentaux… Et quels émois, avec ce beau brun, ce rugbyman tatoué, cette bête de sexe, cet adorable, insupportable petit con de Jérémie.
Bien sur, tu ne lui ressembles en rien, tu es presque blond, avec un regard clair et lumineux, lui il était brun profond, avec un regard de braise; tu as un petit physique plutôt harmonieux, lui il était sculpté par des années de rugby; mais chez toi, exactement comme chez lui, une même attitude nonchalante de jeune loup, une insupportable et irrésistible assurance dans ton pouvoir de séduction. Et ta jolie silhouette habillée avec ce coton blanc moulant qui me fait penser à sa tenue le premier jour que j'ai eu accès à son intimité, la première fois qu'il a joui dans ma bouche.
Oui, tu as la même attitude de jeune mec charmeur et insouciant qui était la sienne quand il avait à peu près ton âge, attitude que les coups de la vie ont par la suite assez précocement emporté pour faire de lui un jeune homme se posant des question sur l'existence, amenant dans sa personnalité une humilité et une pudeur telles à transformer son charme en charisme.
Je réalise à cet instant précis les années écoulées entre le moment où Jérémie a brutalement fait irruption dans ma vie, c'était la dernière année où l'on payait encore les baguettes en francs, et le moment présent, en cette année de coupe du monde gagnée par l'incroyable Allemagne, en ces derniers jours du mois d'octobre où l'été, jouant les prolongations à outrance, permet encore un dimanche après midi de voir de beaux garçons se balader torse nu dans la rue. Et j'en ai presque le vertige...
La nuit amenait une légère fraicheur dans l'air, un petit vent s'était levé. Où est tu, mon Jérémie? Les platanes bordant la rue devant la boulangerie se laissaient arracher les dernières feuilles... Ce soir le vent qui frappe à ma porte/Me parle des amours mortes/Devant le feu qui s' éteint/Ce soir c'est une chanson d' automne/Dans la maison qui frissonne/Et je pense aux jours lointains/Que reste-t-il de nos amours/Que reste-t-il de ces beaux jours/Une photo, vieille photo...

Ps: Merci à mon premier lecteur, ainsi que complice dans ce petit crime narratif; toi, qui au fil d'échanges de mails plutôt sympathiques, a largement contribué à ce texte et à certains passages d'autres épisodes à venir. Salut le lyonnais, tu te reconnaîtra.

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