Mister Hyde - 12

12-

Frédéric resta pour s’occuper de Franck mais se fit si discret que Frédérique, bien qu’elle sût qu’il n’était pas loin, ne le vit pas de tout le reste du week-end. Le dimanche soir, elle entendit la porte se refermer. Ce fut tout.
Durant la semaine qui suivit, elle fit la connaissance de ses nouveaux collègues et prit ses marques dans son nouveau poste de travail. Son esprit était tout sauf serein : elle pensait sans arrêt à son amant. A chaque erreur commise, elle se demandait quelle punition elle méritait et, le soir, après avoir couché le petit Franck, elle allait faire un tour dans le garage. Le lundi soir, elle en était ressortie très vite. Rien qu’un pas à l’intérieur et elle avait éprouvé un désir violent. Elle avait pris la fuite. Mais dès le lendemain elle s’imposa d’y rester et s’agenouilla longuement en position d’attente d’une punition, qui ne viendrait pas. Le mercredi fut semblable à la veille mais le jeudi, quand elle monta se coucher, elle ne put réprimer une caresse, puis deux… Allongée sur son lit, elle ferma les yeux et pinça ses tétons. Elle fit courir ses doigts sur sa vulve, remonta sur son ventre, redescendit, se pénétra sans attendre d’y être prête… Mais très vite elle abandonna. Le désir était là mais pas les sensations. Elle avait éprouvé tant de plaisirs sous les doigts experts de Frédéric qu’elle était désormais incapable de se satisfaire seule. En un clin d’œil, sa décision fut prise. Elle se leva et alluma son ordinateur.
***
Frédéric était lui aussi planté devant sa machine. Il jouait, à un jeu très con (mais addictif) dont le seul but était de faire éliminer par un personnage tous les démons et autres racailles qui se présentait à lui. Il jouait et cela lui vidait la tête de son unique pensée du moment : Frédérique. Sa technique fonctionna si bien qu’il n’entendit pas la petite musique qui annonçait l’arrivée d’un mail. Epuisé, il alla se coucher vers deux heures et demi, il ne découvrit donc le courriel qu’à son lever.

Il eut un coup au cœur rien qu’en lisant le premier mot du message ainsi libellé :

« Monsieur,
J’ai conscience d’avoir abusé de votre patience mais, comme vous le savez, la décision que j’avais à prendre n’avait rien d’évident. Désormais, elle est prise et n’attend plus que votre agrément.
Au cours des semaines passées, vous avez eu la bonté de me permettre de devenir votre soumise, j’espère qu’il en sera de même à l’avenir, selon les mêmes termes que vous avez énoncés en ce soir de juillet dernier. Naturellement, vous restez libre de les modifier selon votre vouloir et sachez que, pour ma part, je me soumets déjà à toutes les modifications que vous pourriez apporter à notre contrat.
Par souci d’honnêteté à votre égard, je me dois également de vous avouer que mon comportement de cette semaine n’a pas été exemplaire et que j’ai commis un certain nombre d’entraves aux règles que vous avez imposées. Les deux plus graves sont sans doute d’être entrée dans le donjon sans autorisation et de m’être caressée, juste avant de vous écrire.
J’attends impatiemment de vos nouvelles et je vous baise le pied en signe de soumission.
Frédérique »

La réponse arriva par texto aux alentours de dix-neuf heures :

« Tu m’attendras au donjon dès que Franck dormira. Tu seras nue, à quatre pattes, le dos tourné vers la porte. Veille à te bander les yeux et à te bâillonner. »

L’impatience et le désir de Frédérique montèrent en flèche.
***
Obéissante, elle l’attendit dans la position qu’il avait exigée. Et l’attente fut longue…

Il débarqua du dernier train et se rendit au loft sans se presser. Il aurait, sans problème, pu prendre le train de l’après-midi et arriver vers dix-sept heures mais Frédérique attendait de lui qu’il la punisse, user sa patience et ses genoux étaient incontestablement une mise en condition idéale pour ce qu’elle allait subir.

Il entra, jeta son sac au pied de l’escalier après en avoir sorti plusieurs objets puis extirpa ses attributs de son pantalon.
Voilà, il était fin prêt.
***
Frédérique s’attendait à bien des vicissitudes mais certainement pas à un sexe s’enfonçant en elle par la porte étroite. Elle avait senti une main entre ses épaules et avait aplati son torse sur la surface rêche de la moquette bon marché puis, sans autre forme de procès, le propriétaire de la main l’avait sodomisée. Non que cette entrée en matière lui déplût, bien au contraire mais ce n’est pas ainsi qu’elle avait imaginé leurs retrouvailles. Depuis le temps qu’elle était à quatre pattes sur cette fichue moquette qui lui râpait les genoux et les coudes, elle avait eu mille fois le temps de se représenter la scène pourtant, pas une seconde elle n’avait pensé à cette option. Elle en avait cependant envisagé un certain nombre mais toutes débutaient par une explication de la part de son Maître. A sa décharge il faut dire que toutes les punitions qu’elle avait eu à subir avait commencé ainsi, par un discours de Frédéric sur le « pourquoi », plus rarement sur le « comment ». Et, tandis qu’il la besognait et qu’elle y prenait du plaisir, elle comprit qu’elle venait de passer un cap : ce n’était plus un jeu.
***
Frédéric avait eu de Frédérique exactement la vision qu’il espérait : son cul. Depuis une semaine, il en rêvait toute les nuits avec une constance qui horripilerait le plus fidèle des amants. Alors… alors… Il n’avait pas résisté à l’envie de plonger dedans. Et il s’y sentait bien ! Bon sang qu’il s’y sentait bien dans ce cul ferme et avenant, accueillant et généreux. Il donna une plus grande amplitude de mouvement à son bassin et se mit à sourire. Il repensait à ce fameux soir, celui où elle lui avait offert de faire d’elle tout ce qu’il voudrait, celui où il avait trompé le désir de ses mains en caressant la cheminée. Ce soir, d’une certaine façon, il bouclait la boucle puisqu’il la ramonait de toutes ses forces.

A propos de bouclage, il se rappela la promesse qu’il s’était faite en enfournant dans sa poche le minuscule cadenas en or que Frédérique avait laissé à Paris lors de son départ précipité : ne pas la toucher sans avoir préalablement verrouillé son sexe grâce aux deux anneaux d’or qui infibulaient ses lèvres depuis bientôt dix jours.
Si la première partie de l’engagement était obsolète, rien ne l’empêchait de mener à bien la seconde mais, pour cela il fallait s’interrompre et cela ne l’enchantait guère. J’ai bien le temps se dit-il et, par-dessus tout, je tiens à ce qu’elle comprenne la signification de ce geste. Mieux vaut attendre qu’elle ait tous ses esprits…

La conclusion de ce court raisonnement lui convint suffisamment pour qu’il reprenne le cours furieux de sa besogne, arrachant un cri de surprise douloureux à la victime de ses assauts. Il n’en eut cure et poursuivit sa tâche. Oubliant son propre plaisir, il s’acharna jusqu’à ce que Frédérique, épuisée, demande grâce. Elle, étalée de tout son long, éructait encore sa jouissance tandis qu’il reprenait peu à peu contenance. C’est tout juste s’il ne s’excusa pas de son comportement en reprenant conscience. Heureusement pour lui, il en fut empêché par la langue de sa femelle qui, en bonne soumise, venait le nettoyer.

Bon sang qu’elle est douée se dit-il en constatant la résurrection de sa vigueur. Il l’aurait bien laissé poursuivre ses caresses mais son programme n’avait été que trop chamboulé et il tenait absolument à sa petite cérémonie. Il la repoussa donc tout en tentant d’être le plus doux possible afin qu’elle ne prît pas son geste pour du mécontentement. Elle leva néanmoins vers lui un regard interrogateur.

- J’ai un « cadeau » pour toi et je tiens à ce que tu le reçoives maintenant.

Attentive au moindre faux-pas qu’elle pourrait commettre, Frédérique repris aussitôt la pose d’attente. Son maître avait promis de la punir et, depuis son arrivée, elle n’avait pas le sentiment d’avoir été châtiée, bien au contraire ! Certes, il l’avait prise violemment par derrière mais n’était-ce pas ce qu’elle aimait par-dessus tout…? Au pire, elle pouvait considérer cela comme une réprimande, au mieux comme une récompense or, elle avait d’ores et déjà opté pour la seconde solution. Maintenant, il voulait lui offrir un cadeau ? Il valait franchement mieux qu’elle se tînt sur ses gardes pour éviter toutes déconvenues.
N’avait-il pas, par le passé, utilisé un stratagème consistant à présenter un véritable châtiment sous la forme d’une récompense ? Elle soupçonnait que ce serait également le cas cette nuit.
***

Il la fit lever et écarter les jambes, croiser haut les bras dans son dos puis la fit patienter. Allait-il la fouetter en l’obligeant à conserver cette position ? Elle était déboussolée et s’inquiétait surtout du poing serré qu’il levait lentement jusqu’à hauteur de ses yeux. Les seules fois où Frédéric l’avait battue, c’était avec le plat de la main et cela consistait en des gifles ou des fessées qui, pour être douloureuses ne laissait que des marques à l’effacement rapide. S’il décidait de lui coller un œil au beurre noir, les traces seraient visibles plusieurs jours. Elle eut peur !

Mais la main s’ouvrit, dévoilant un minuscule cadenas.

- Sais-tu ce que je vais en faire, demanda-t-il ?

Elle secoua la tête de droite à gauche en signe de dénégation. La peur ne s’était pas envolée, d’autant qu’il se tût un long moment.

- Je vais verrouiller ta chatte…
Car je suis le seul à avoir le droit de te prendre par ce trou !

Il s’accroupit et inséra l’objet dans les anneaux qui décoraient ses grandes lèvres. Elle entendit distinctement le petit clic qui lui interdisait désormais le plaisir vaginal. Aussitôt, elle sentit couler entre ses lèvres une vaguelette de cyprine et l’eau lui vint à la bouche. L’objet était plus lourd qu’elle le pensait et tirait sur les lippes de son sexe, une onde de désir tournoya dans son ventre accélérant encore la lubrification de son minou. Un soupir lui échappa. Souvent, il lui était arrivé de s’interroger sur sa réaction lorsque son Maître ornerait son cou d’un collier mais pas un instant elle n’avait songé qu’il marquerait ainsi sa propriété. Un sourire au coin des lèvres elle remercia son maître d’être doté d’une imagination qui lui faisait défaut. Elle le fit à haute voix, ce qui amusa Frédéric qui se redressait enfin.

- De rien dit-il.
Nous allons maintenant procéder à l’inauguration… Ne bouge pas, j’en ai pour deux minutes.

Il disparut par l’escalier et resta absent moins de temps qu’il ne l’avait suggéré. Du bas des marches, il lui demanda de fermer les yeux. Une nouvelle surprise pensa-t-elle en s’exécutant.

Il fallut moins de dix secondes pour qu’elle ressente entre les cuisses une sensation de froid désagréable. Elle n’eut pas le temps de s’interroger sur l’originalité de la nouvelle idée de son maître, elle sentit immédiatement le goulot pénétrer son intimité. Frédéric avait contourné l’obstacle du cadenas et enfoncé le col de la bouteille dans le vagin de sa femelle par l’arrière de celui-ci. Il faudra que je remédie à cette ouverture… et il inscrivit mentalement cette pensée dans sa liste de choses à faire.

Tout en tenant la bouteille, il guida Frédérique vers le canapé. Il la fit s’asseoir puis la fit basculer de telle sorte qu’elle se retrouva cul par-dessus tête. Instantanément, le contenu de la bouteille se vida dans le sexe de la jeune femme. Une sensation de froid et de picotements l’envahit. Le champagne s’écoulait en elle, lui procurant un plaisir inconnu et divin.

Patient, Frédéric attendit que le liquide ait cessé de s’écouler pour retirer, avec moult précautions, la bouteille de son fourreau. L’inévitable, néanmoins, se produisit et un flot de champagne se répandit, avant de finir sa course sur les coussins, sur le ventre et les seins de la belle qui frissonna de surprise, de plaisir et de froid. Qu’allait-il inventer maintenant qu’il l’avait emprisonné dans cette position dégradante ? Tout était possible puisque ses orifices étaient offerts et largement béants. Elle craignit un instant qu’il ne fasse subir à son anus le même sort, surtout lorsqu’il prit appui sur ses cuisses pour les repousser vers son torse. Puis il se pencha et, du bout de la langue, vint tutoyer la surface liquide. L’onde ainsi provoquée fit frémir Frédérique. Il va me lécher pensa-t-elle, il va boire… tandis que les lèvres de son maître se collaient à son sexe. Il aspira, à petites lampées, le champagne bonifié de désir qui imprégna sa bouche d’arômes merveilleux avant de le laisser couler dans sa gorge. Il avait absorbé la surface, il lui fallut s’enfoncer plus profond pour accéder au lac désormais souterrain. Avec lenteur, il engagea sa langue, comme s’il forait les chairs tendres. Frédérique n’eut d’autre choix que de gémir ? La bouche de Frédéric l’avait toujours menée rapidement à l’extase, celle de son maître était pire, elle lui imposait l’attente. Car il s’interrompait, sans doute pour déguster le breuvage divinisé qu’il lapait au fond de son sexe, mais à chaque fois à l’instant précis où elle se disait qu’elle allait s’envoler.

Cela dura longtemps, d’autant que Frédéric se resservit à deux reprises laissant sa femelle pantelante. Et puis, enfin il porta l’estocade : la langue, les lèvres, les mâchoires et les dents de son maître devinrent comme indépendantes les unes des autres, caressant, griffant, mordant ou pinçant Frédérique en des points improbables de son intimité. Du périnée au clitoris, pas un seul millimètre carré de sa chair n’était laissé en repos par la bouche avide de son maître. Le cri qui sortit de sa gorge commença en soupir pour se muer en ululement, en hurlement de louve.

Frédéric ne l’abandonna qu’une fois le plaisir passé. Sans faire de bruit, presque timidement, il s’installa à ses côtés, lui laissant reprendre son souffle. Machinalement, il caressa son sein, joua avec son téton. Il était souriant et détendu, elle fut heureuse de le retrouver ainsi.

- Merci ! lui dit-elle.

Elle n’avait pas besoin d’être plus expansive, ces deux syllabes étaient bien suffisantes pour exprimer la profondeur de sa reconnaissance.
***
C’est une chaleur inhabituelle qui la réveilla, une chaleur au goût de caramel et de biscuit, la chaleur de Franck. Le petit bout de chou était dans son lit, gigotant mollement à la recherche de son sein. Tout doucement, elle le guida. Les lèvres du bambin ventousèrent le téton. Il est bien le fils de son père se dit-elle en repensant à la bouche de Frédéric aimantée à son clitoris. Puis elle rougit, honteuse de la comparaison qu’elle venait de faire. Légèrement à sa droite, mais hors de son champ de vision, elle entendit un rire. De rosée, elle devint pivoine.

- Tu es vraiment la reine des salopes et, j’adore ça ! dit la voix dans un éclat de rire.

Etre la reine des salopes, ce n’était pas son ambition, elle voulait juste être sa salope, à Lui. Car, même si elle avait honte, elle aimait qu’il le lui dise, elle aimait qu’il l’humilie.

- Je mouille, répondit-elle en posant la main sur son ventre, tout près de son mont de vénus. J’ai sans doute besoin d’être fouettée…
- Tu ne perds rien pour attendre, chienne que tu es. Dès que Franck dormira, nous irons faire un tour en bas… Mais pendant qu’il te tète, toi, tu vas me sucer !

A cet instant précis, elle était dans son rôle de mère et donc, selon leur convention, il lui était possible de refuser. Deux choses l’en empêchèrent : son désir, bien sûr mais surtout le courriel qu’elle lui avait écrit dans lequel elle se soumettait par avance à toutes les modifications qu’il voudrait apporter à ce contrat initial. Elle avait décidé de lui donner tous les droits sur sa personne, il n’était pas question qu’elle se dédise dès la première difficulté.

Elle changea Franck de sein afin d’être dans une meilleure position et prit sans hésiter le sexe de son maître dans la bouche. Très lentement, pour ne pas déranger son bébé, elle entama des va et vient et, bien que ce ne fut guère facile, elle avala la verge dans sa totalité. Conscient des difficultés qu’il lui imposait, Frédéric vint au secours de sa soumise et prit la direction des opérations. D’une main ferme, il bloqua son visage et ondula doucement du bassin. Elle se laissa baiser durant quelques allers-retours puis sa langue entra en action. Elle resserra ses lèvres sur le membre tandis que son appendice buccal dansait autour en l’humectant de sa salive. Frédéric grognait de plaisir, Franck se repaissait de son lait ; elle satisfaisait en même temps les deux êtres qu’elle chérissait le plus au monde. Pour la première fois de sa vie elle conciliait ce qui était réputé inconciliable : être mère et amante. Et, même si elle éprouvait une honte certaine à mêler son à ce jeu sexuel, elle n’en ressentit pas moins une immense délectation.

De ce point de vue, Frédéric n’était pas en reste. Il savourait chaque seconde passée dans le fourreau chaud et humide de sa femelle. Elle était bonne et suçait de mieux en mieux. Les prouesses de sa langue étaient inénarrables. Il tenta de résister mais savait depuis le début qu’il ne tiendrait pas bien longtemps. Dans la nuit, il avait sacrifié son plaisir au profit de celui de Frédérique ; après plus d’une semaine d’abstinence, il avait l’impression de recéler des litres de semence et ses bourses le faisait souffrir. Il proféra quelques insultes dont il savait qu’elles l’aideraient à parvenir plus vite au paroxysme de sa jouissance et enfin, il éjacula. Les jets étaient si rapprochés et si copieux que, pendant un instant, Frédérique pensa qu’elle allait s’. Mais il n’en fut rien. Elle laissa le foutre se déverser sur sa langue en bloquant toute avancée du gland et l’avala à petites gorgées. Elle qui il y a encore deux mois avouait une aversion totale pour la fellation, savoura le liquide comme s’il se fut agi du meilleur des nectars ; qu’il lui en donna simplement l’occasion et elle le sucerait vingt fois dans la journée. Rien qu’à cette pensée, un flot de cyprine s’écoula dans son sexe.
***
Franck s’était endormi, repus. Avachi dans le rocking-chair, Frédéric siestait. Frédéric pour sa part n’avait plus rien à faire. Elle se déshabilla et, face à la psyché, prit la position que lui avait imposé son maître dans la nuit : debout, les bras remontés dans le dos, les jambes écartées. Elle se trouva belle quoique sa posture lui donnait le petit air martial qu’ont certains militaires quand ils sont au repos. La tête droite, la poitrine bombée et saillante, elle se trouva désirable nonobstant un léger détail : le cadenas qui lui pendait entre ses lèvres. Certes, elle trouvait ça excitant mais son trouble était lié à la signification de l’objet plus qu’à son esthétisme qu’elle trouvait très relatif. Elle resta ainsi plusieurs minutes à s’interroger. Un flot de questions ne cessait de l’assaillir, elle en dressa mentalement la liste :

1- Comment faire tenir cet engin dans une culotte ? (De toute évidence, il lui faudrait le faire pivoter pour l’enfermer entre ses lèvres…)
2- Devrait-elle cesser d’en porter ? (Ça, ce n’était pas à elle d’en décider, s’en rendre compte la soulagea)
3- Comment réagirait-elle si, un jour, il le lui retirait ? (Car, de toute évidence elle s’était prise d’amitié pour l’objet et était convaincue de vouloir le garder toujours)
4- Comment réagirait-elle si, un jour, il le lui retirait juste le temps d’un prêt ? (Elle avait beau être certaine que cela n’arriverait jamais, se poser la question l’excitait)
5- …

Six, sept, huit… elle ne dénombra pas moins de onze questions avant de sentir le souffle chaud de Frédéric sur sa nuque.

- Il me semble que je dois encore te fouetter petite chienne… Aurais-tu oublié ?

Oublier ? C’était d’autant moins vraisemblable que c’est elle qui avait demandé à subir ce supplice, pas question de se défiler. Elle se retourna en prenant, pour répondre, son air le plus candide.

- Non Maître, je n’ai pas oublié. Je suis à votre entière disposition.

Même s’il distingua une légère ironie de la part de sa soumise, Frédéric n’en laissa rien paraître. Il la prit par le bras, très doucement et l’entraîna vers le donjon. Sans brusquerie, il l’attacha à la croix en X et patienta quelques instants. Elle, croyait qu’il utilisait ce laps de temps pour choisir le bon outil mais il n’en était rien ; il avait à portée de main tout ce dont il avait besoin : un paddle de cuir à la fois long, souple et dur, dont il allait user sans ménagement. S’il patientait, c’était dans le but d’augmenter l’inconfort de la belle : ses pieds nus ne reposant que sur une étroite tige de ferraille solidement sertie dans le bois de la croix, elle ne tarderait pas à ressentir un vif désagrément au niveau de la voute plantaire qui l’obligerait à modifier sa position encore et encore…

Les premières douleurs qu’elle ressentit s’accompagnèrent d’un coup violent porté sur la partie supérieure de ses cuisses, juste sous le fessier. La zone percutée rougit rapidement, en un seul coup, il avait mis le feu à son corps. Frédérique cria, autant de surprise que de douleur. Ce n’était pas sa première expérience du paddle mais celui-ci était particulièrement lourd et devait être long pour atteindre ses deux cuisses pourtant largement écartées.

- Compte au lieu de crier, ça t’aidera et reposera mes oreilles. Si tu m’obliges à te bâillonner, je doublerai la punition…
- Un… répondit Frédérique d’une petite voix.
- Deux ! dit-elle presqu’aussitôt.

Le deuxième coup venait en effet de l’atteindre, sur les fesses cette fois. La douleur fut si vive qu’elle remonta jusque dans sa poitrine. Elle sentit ses seins gonfler et ses tétons se tendre tandis qu’elle expulsait tout l’air de ses poumons. Attentif, Frédéric n’asséna le troisième coup qu’une fois qu’elle eut retrouvé une respiration normale. Il le porta en bas des fesses ; à la lisière de la première marque. Puis très vite il frappa une quatrième fois, en haut des fesses, juste à la frontière de la cambrure des reins.

- Tu as un cul superbe ! Presque de la teinte de ta robe rouge, celle dans laquelle tu as l’air d’une pute et qui te rend si désirable…

Je voulais uniformiser tes deux côtés, ajouta-t-il. Mais je me suis dit que tu nourris encore notre fils et je ne veux surtout pas abîmer son garde-manger. Alors, j’ai eu une autre idée. Je vais te détacher pour te retourner… Es-tu sûre que tu vas pouvoir tenir debout sans aide ?

Trop occupée à ressasser le terme « Garde-manger » qui l’avait choquée bien plus que ceux de « putain » ou de « chienne », Frédérique ne répondit pas. Son maître reposa la question d’un ton légèrement inquiet. Face au silence persistant de sa soumise, il contourna la croix pour voir son visage et s’assurer qu’elle allait bien. Elle était consciente, le regard perdu dans le vague mais consciente. Frédéric fut soulagé. Il avait eu peur pour elle, comme cette fois, il y a des siècles, quand elle avait fait un malaise au boulot. A l’époque, il le lui avait dit : « Tu m’as fait peur ! » mais aujourd’hui, il la gifla. Désormais il était son maître et elle devait lui obéir.

- Tu réponds quand je te questionne cria-t-il en lui assénant un coup violent sur les fesses.
- Cinq ! hurla-t-elle.
- Es-tu capable de tenir debout ? interrogea-t-il en lui pinçant sauvagement les fesses.
- Oui… Maître.

Sa voix, haut perchée dans les aigus, était en dehors de tout contrôle, elle avait tellement mal. Aux fesses, bien entendu, mais ce n’était pas le pire. Le pire c’était l’atteinte à son être profond, à sa maternité. En la ravalant au simple rôle de garde-manger, il venait de l’humilier comme jamais. Elle n’était pas certaine de pouvoir le supporter. Pourtant, elle se laissa détacher et enfila, docilement, le porte-jarretelles et les bas qu’il lui tendait ainsi que la paire d’escarpins. Au moins, elle aurait une meilleure assise pour supporter la seconde partie de la séance qui ne l’excitait plus du tout.

Elle ne regardait pas vraiment mais distingua quand même le martinet qui pendait au bout du bras de son maître. Elle savait ce qu’il allait faire et, d’habitude, elle mouillait abondamment à l’idée qu’il fouetta sa chatte. Ce ne fut pas le cas ce jour-là, elle ressassa ses pensées et oublia le reste. Aussi fut-elle surprise quand la languette dure d’une cravache heurta son téton droit. Elle sursauta. Le visage de Frédéric, à quelques centimètres du sien, scrutait son regard.

- Sois attentive, cela t’évitera bien des désagréments. Puis il catapulta la languette de cuir sur son téton gauche.

La décharge qui s’ensuivit parcourut en sens inverse le chemin prit par celle provoquée par le paddle une dizaine de minutes plus tôt. Il ne lui en fallut pas plus pour revenir sur terre…
***
Comme toujours, son corps la trahissait. Son maître avait choisi d’utiliser un fin martinet, beaucoup plus souple et aux brins plus longs que celui dont il usait habituellement ce qui faisait qu’à chaque coup, les extrémités venaient pincer ses fesses endolories. Et ce n’était pas là la seule nouveauté. D’un preste mouvement du poignet, il ramenait le fouet vers lui ce qui avait pour effet de grouper les brins qui s’insinuaient entre ses fesses et, ainsi ralenti, entrainaient avec eux le cadenas qui finissait sa course en heurtant son clito. Peu à peu, la douleur s’était envolée pour laisser place aux caresses du cuir sur sa raie et sa fente. Elle mouillait, elle avait tellement envie de jouir de toutes ces morsures.
***
Elle allait bientôt jouir ! C’est du moins ce qu’il espérait tout en continuant à la fouetter avec une régularité de métronome. Sur le visage de Frédérique, certes il décelait la montée du plaisir mais par encore l’arrivée de l’extase et il en avait ras le bol. Ras le bol de jouer ce personnage à la con quand son seul véritable désir était de la prendre dans ses bras et de la câliner. Mais ça, il ne le pouvait pas. En fait, il n’avait aucune confiance en lui et encore moins confiance dans la réaction de Frédérique. Si elle s’était à nouveau entichée de lui, ce n’était qu’à cause de sa capacité à être dur, intraitable avec elle. Découvrir qu’il voulait revenir à sa douceur d’antan ne pourrait que la décevoir et cela, il ne le voulait à aucun prix. Il opta donc pour la seule option raisonnable à ses yeux, poursuivre dans la voie qu’il avait ouverte. Dès qu’elle aura joui, se dit-il, elle aura droit à une seconde séance de paddle. Alors seulement, je pourrais m’occuper d’elle avec tendresse... c’est donc ainsi qu’il agit. Consciencieusement, il se conforma à son rôle, à son plan.

Enfin, elle atteignit le point de non-retour. Le temps qu’il remplisse une bassine d’eau tiède à la cuisine fut suffisant pour qu’elle recouvre ses esprits. Il la retourna comme une crêpe et, pressé d’en finir lui administra trois coups de paddle successifs, dans le même ordre que la première fois. Courageusement, elle compta les attaques : trois très rapprochées, trois plus lentes, et de nouveau trois très rapprochées…

Eut-elle conscience qu’il lui lançait un S.O.S ? Bien sûr que non, elle ne connaissait pas le Morse.

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