Nouvelle Génération

En ce début des années 2000, au terme de la disparition des natifs de l’après-guerre (du baby-boom), les différentes organisations se sont vues du jour au lendemain sauter une génération. Celle dans laquelle je milite depuis des années a vu les septuagénaires remplacées par des trentenaires. Ce passage de relais prévisible s’est effectué en douceur, sans véritable anicroche. C’est pourquoi il n’est pas étonnant de trouver aujourd’hui au congrès national de l’organisation ou je milite des gens de ma génération et les petits jeunes destinés à les remplacer. Je suis donc entouré pour ce faire de deux futures dirigeantes. Elles sont aussi différentes qu’il est possible. Anne-Lise est l’archétype de l’intellectuelle rompue aux outils sociologiques et à l’usage des médias. Longiligne, féminine jusqu’au bout des ongles, frisée comme un mouton, elle cultive une élégance de bon aloi. Ses épaules droites, ses longs membres, ses petits seins fièrement dressés, ses fesses étroites et rebondies, ses grands yeux sombres attirent le regard. Par contre, son discours quelque peu fataliste appelle chez moi une réaction de protection paternelle. Laure, au contraire, est l’archétype de la pragmatique dégourdie. Sportive, formée en cours d’emploi par le terrain, elle tire sa culture de son incroyable capacité à s’imprégner de tout ce qui l’entoure. Elle m’attire autant que sa collègue mais pour des raisons bien différentes. Sa stature massive et musclée de footballeuse est rehaussée par une attitude chaleureuse et maternante. Son regard d’un brun clair, sa voix captivante et douce lui donnent à la fois crédibilité et séduction, malgré son usage immodéré de survêtements informes. C’est peu dire qu’entre les deux mon cœur balance.

Ce soir, nous sommes tous trois partis diner en ville. Un apéritif suivi d’une bouteille de vin ont eu les vertus euphoriques habituelles. Les deux filles rient et batifolent sans retenue. Aux histoires drôles succèdent les confidences.

Elles sont, l’une et l’autre, en rupture avec leurs compagnons et confessent combien le sexe leur manque. Par instants, j’ai l’impression qu’elles me font du « rentre-dedans », mais compte tenu de la différence d’âge je me tiens volontairement à distance. Le café est suivi d’une liqueur et l’ambiance est à son comble. Nous rentrons paisiblement à l’hôtel d’un pas hésitant, la tête dans la ouate. Elles me proposent un dernier verre dans la chambre qu’elles partagent. J’hésite puis finis par accepter avec, je l’avoue, quelques désirs pervers dans la tête. L’alcool aidant, l’atmosphère s’échauffe rapidement. Laure est la première à se dévêtir. Elle ôte son tee-shirt et exhibe sa lourde poitrine sans voile. Elle caresse son téton érigé aux larges auréoles d’un brun tendre assorties au châtain de sa chevelure et de ses aisselles. Son buste carré et musclé, sa taille peu marquée confirment son aspect sportif. Elle jette ses tennis dans un ample mouvement de jambe et baisse son jogging et l’inévitable culotte petit-bateau jusqu’au sol. Son bassin est plus marqué que prévu, ses fesses plus galbées et sa toison triangulaire plus élégante. Ses jambes musclées et ses pieds trapus complètent l’ensemble. Anne-Lise semble ravie du strip-tease. Son corps tout entier trahit l’émotion comme s’il voulait participer. Laure ne s’y trompe pas et commence à la dénuder. Les boutons de son chemisier n’opposent que peu de résistance. Son buste fin et triangulé apparait et sa petite poitrine est délestée de son bien inutile soutien. Sa jupe tombe en corolle à ses pieds dévoilant son sexe sans culotte ni poils, délicieusement obscène, qui surmonte de longes jambes fines et des pieds assortis. Nous sommes atteints par la grâce en cet instant. La main de Laure remonte entre les cuisses fuselées de notre compagne jusqu’à tester la douceur de son entre jambes. Anne-Lise s’étire et dévoile des aisselles aussi nues que son sexe. Elle s’ébroue et fait virevolter ses boucles blondes.

Je ne saurais dire ce qui s’est passé ensuite, sauf que je me suis retrouvé, quelques instants plus tard, entièrement nu face à mes deux compagnes elles aussi exhibées.
La main fine d’Anne-Lise pelote mes bourses et mon sexe presque imberbe à force d’être épilé. Son geste est saccadé car notre consœur a pris le contrôle de son vagin et de son cul et les malmène brutalement. J’excite ses minuscules tétons du bout de mes doigts. Elle glousse de plaisir tandis que mon entre-jambes s’enflamme. Je suis maintenant assis au milieu du lit et notre élégante, à genoux, avale mon sexe d’une bouche gourmande. Ses bras sont pliés et ses fesses levées et écartées. Laure, placée derrière elle, lèche profondément les trésors de son entre-jambes puis y insère quelques doigts audacieux. Elle a, maintenant, par sa gestuelle, le contrôle de nos deux corps et nous bougeons en rythme. Je caresse les épaules d’Anne-Lise qui semble hyper-érotisée et remue en désordre. Puis, je m’intéresse à la tête et au cou de Laure, posés tendrement sur le dos de notre partenaire. Le grain des peaux diffèrent, plus grossier chez la plus svelte, plus fin et délicat pour l’autre. Les trois corps sont aussi dissemblables qu’il est possible : trapu et volumineux, je mets en valeur la puissance de l’un et la finesse de l’autre. Je nous trouve beaux dans cet exercice érotique.

Lorsque la jouissance d’Anne-Lise explose sous ses doigts, Laure la repousse gentiment et vient s’empaler sur mon sexe. Jambes pliées, elle enserre mes cuisses et mes hanches de ses genoux. Elle m’emprisonne dans ses bras et ses seins sont écrasés sur ma poitrine. Sa langue fouille ma bouche avidement comme si elle comptait y trouver un trésor. Mes mains étrillent son dos. Elle monte et descend sur mon pieu avec une habileté sans pareille. Son sexe est doux et humide, serré et chaud. Je sens le plaisir monter en moi. Anne-Lise, blottie contre ma cuisse, le sent aussi et pénètre brutalement de son doigt le cul de Laure, libérant ainsi son orgasme et le mien. Vocalises puissantes ! Le calme revenu, nous allons nous câliner étendus côte à côte. Chacun de nous reçoit les caresses des deux autres et frémit à ces contacts.
Mon regard se réjouit de ces jeunes corps exposés. Mes mains s’égarent sur leurs peaux excitées. Je pelote une chute de reins puissante ou discrète. Ma main se creuse pour un sein imposant ou une petite poitrine androgyne. Elles aussi me caressent et se caressent. Mes tétons durcissent sous la main experte qui les stimule. Mes jambes s’écartent pour laisser toucher mes zones érogènes en feu. Mon sexe se dresse de plaisir. A chaque geste correspond une esquive inaboutie qui me permet de pénétrer du regard toutes les courbes de mes magnifiques partenaires. Elles s’embrassent et se touchent. Elles m’apprennent, en se pelotant l’une l’autre, leurs envies de caresses que je répète en bon élève.

Au bout d’un moment, je ne sais trop comment, les deux filles se retrouvent en 69 jambes largement ouvertes et intimité exposée. Je ne puis me retenir de présenter mon vît au cul d’Anne-Lise placée au-dessus des deux. J’entre facilement en elle tandis que je sens sous moi la langue de Laure qui s’agite dans son sexe et ses cheveux qui caressent mes bourses. Je suis heureux de l’aimer ainsi en sachant que ses sensations sont décuplées par l’action de sa deuxième amante. J’interprète chaque frémissement de son corps comme une victoire commune avec Laure et cela me remplit de bonheur et de fierté. Ce corps frêle et léger, tenu en suspension, est propulsé en avant à chaque mouvement. Elle sursaute et vibre à l’excès car je la baise en de puissants va-et-vient. Le bruit flasque des peaux qui s’entrechoquent donne agréablement la cadence. Le plaisir monte crescendo, sans précipitation excessive. Une fois de plus, c’est notre sportive qui décide de notre plaisir commun en accélérant le mouvement et risquant un doigt dans mon cul. Mon sexe s’agite et tapisse son intestin de mon foutre. Anne-Lise se met à trembler de tout son corps puis à creuser brutalement ses reins à deux reprises. Somptueux instant d’éternité ! Le calme revenu, nous en retournons aux caresses et aux câlins.
Cette fois-ci les échanges deviennent plus tendres et langoureux et nous incitent au sommeil.

Par la suite, il ne fut jamais question entre nous de ce moment d’intimité. Il a simplement marqué la qualité d’un attachement commun. Curieusement, j’en garde essentiellement le souvenir du rôle dominant qu’y a joué Laure. Je n’ai donc pas été surpris de la voir occuper un poste professionnel en vue et prendre Anne-Lise comme adjointe. Je ne crois pas que leur relation ait été, par la suite, emprunte du moindre désir ; mais je ne peux arrêter de penser qu’un pacte a été noué entre elles cette nuit-là, en ma présence fortuite. L’élan amoureux leur a permis de prendre conscience du tempérament et de la détermination de chacune.

Comments:

No comments!

Please sign up or log in to post a comment!