Laure Et Aurelie 9 Le Serpent Et Le Fruit Défendu

Nous voici à table au restaurant. Aurélie s'emploie à gagner mon coeur Quel contraste avec son aînée. Vierge elle est, vierge elle restera. On peut parler de fraîcheur, de candeur. Tout est nouveau, beau, intéressant pour elle. A son contact je retrouve la raison. Je connais le bonheur tout simple d’être aimé. Elle est aimable. Elle est calme. Elle est déterminée. Si je le veux, elle sera ma fiancée.

Dans six semaines je serai en permission libérable. J’ai demandé à Aurélie de travailler pour obtenir son bac. Une lettre par semaine doit suffire. Elle me répond que l’amour lui donne des ailes. Ses études sont plus faciles depuis notre rencontre. Elle veut être digne de moi, me faire cadeau d’une mention. De son côté Laure a protesté par écrit de sa bonne foi. Elle a fêté nos fiançailles avec Emilie. Le champagne aidant, Emilie devant s’absenter, elle a accepté de passer son après-midi avec Raymond, mais, précise la lettre, en camarade. Je devrais savoir combien elle m’aime. Elle souhaite mettre fin au malentendu et me retrouver. En camarade, c'est ce que je n'ai pas vu. Si elle traite ainsi tous ses camarades ils doivent passer de bon moments.

La relève des EOR est arrivée en avance. Nous terminerons notre service en roue libre. Heureuse nouvelle. La 4 L dévore les départementales. Gérard est pressé de faire la connaissance de ma jeune correspondante et de jauger la grande sœur. Il trouve ma réaction excessive. Il me parle de deuxième chance, de pardon, de rachat, de la force gagnée dans l'adversité.

Hélas, à la boucherie la maman m’apprend que ses deux filles sont parties en camping au lac. Si elle a bien compris, Laure veut initier sa jeune sœur à la vie en groupe, maintenant qu’elle est majeure. La brave bouchère est ravie de la bonne entente des deux sœurs. Pourtant dans sa dernière lettre Aurélie se plaignait des rebuffades de son aînée. Laure lui reprochait de m’avoir intentionnellement mis sur sa piste.

Mieux que la maman, je connais les activités essentielles du groupe de Laure. Je les ai vus à l’œuvre. Le pire est à craindre pour Aurélie trop neuve face à cette bande d'excités. En route pour le lac.

Selon l’habitude, Laure a dû choisir son carré éloigné, si discret à l’abri des thuyas. Nous utilisons le terrain pour aller nous poster juste au-dessus de leur retranchement sans être vus. En écartant des branches, nous comptons quatre tentes doubles. Je reconnais les voix de Léa et d’Emilie. Elles donnent déjà le ton à la rencontre. C’est l’heure de la sieste crapuleuse.

- Hé Marc, tu veux donner un coup de main? Léa voudrait profiter de l’absence de Marie pour tenter une double. Ca te dit? Viens sous la tente.

Sylvestre et Marc, les jumeaux partagent tout. Une voix proteste :

-Et moi, vous me laissez seul? Ho les frangines, vous n’auriez pas une petite place pour un pauvre délaissé?

- Viens, Raymond, répond la voix de Laure, on va se serrer. Quand il y a de la place pour deux, il y en a pour trois. Viens chez nous.

Aurélie fait savoir qu'elle ne partage pas l'optimisme de sa soeur:

- Alors je sors, on aura trop chaud à trois. Je vais aller faire un tour au bord de l’eau.

Laure tente de la retenir:

-Ne fais pas la rabat-joie. Si tu as trop chaud, fais comme moi, mets-toi en bikini. Allez entre Raymond.

- Faites ce que vous voulez, Il ne manquerait plus qu'on se mette à poil pour ne pas avoir trop chaud. Je ne suis pas idiote. Raymond laisse-moi sortir.

Aurélie sort, Laure commente pendant qu'elle franchit la porte de toile;

- Elle est amoureuse de son Adrien. Pauvre petite sœur. Il m’a plaquée après m’avoir séduite. Il a su me baiser et maintenant il lui faudrait la cadette. La même chose te pend au nez, ma pauvre Aurélie, C'est un salaud, il va se servir de toi pour son plaisir et adieu.

La plus jeune a de la répartie:

- Il ne t’a pas plaquée, tu l’as dégoûté.
Il a eu raison.

- N’empêche qu’il ne répond plus à tes lettres. C'est bien fait.

Laure entretien le débat, et me livre la solution au problème du courrier. Aurélie dans ses lettres s'étonne de ne pasrecevoir de réponse aux siennes. Pourtant je lui écris, et Laure sait que mes lettres ne parviennent pas à leur destinataire. Les détourne-t-elle ?

- Au lieu de rêver, tu ferais bien mieux de profiter de la vie. On est 4 filles et 4 garçons, tu choisis celui qui te plaît et tu te débarrasses de ta virginité inutile. Papa et maman n’en sauront rien. Cesse d’être une gourde. Et si Adrien revient, il sera content d’avoir une fille expérimentée.

- C’est ma vie. C'est mon corps, j'en dispose comme je l'entends. Bon, à plus tard.

- Non, reste, nous devons parler. Raymond, j’ai prévu une séance de ski nautique à 14h 30. Il va être l’heure. Conduis les autres, amusez-vous.

J’assiste à une séance orale d’initiation sexuelle. Laure élève la voix pour continuer la discussion :

- J’étais comme toi à dix-huit ans. Tu dois sentir par moment le poids de ta virginité. Que t’apporte-t-elle en réalité ? Tu rejettes systématiquement les garçons, tu te prives des plaisirs sans compensation.

- Adrien a eu l’air si heureux quand je lui ai dit que j’étais vierge. Tu ne peux pas en dire autant.

- Adrien est un égoïste. Lui n’est plus vierge. Ici même sous cette tente, lui et moi avons fait l’amour. Assez mal d’ailleurs. Il n’a aucune expérience.

Gérard m’envoie un coup de coude, se moque de moi en baissant le pouce comme un empereur romain.

- Tu prétendais le contraire avant de te faire pincer avec Raymond au casino.

Je tire la langue à Gérard.

- Je ne serais pas retourné chez Raymond si Adrien m’avait comblée. C’est aussi simple.

- Pourquoi écrire à Adrien que tu l’aimais? Pourquoi promettre d’attendre la fin de ses études pour l’épouser?

- C’était le fiancé idéal: jamais là, donc pas gênant.
Un bouclier aux yeux de la famille et des connaissances. Pendant ses études j’aurais pu faire toutes les expériences, m’amuser, continuer à coucher avec mes copains. Et pour mes amants un piment : un mec cocu grâce à eux, excitant, non? Lui ça ne le privait pas et moi je profitais de la vie.

- C’est dégoûtant. Et tu l’aurais épousé ?

- Bien sûr. Ca aurait fait un excellent mari. Il aura une bonne situation, sera fidèle. Avec le temps je l’aurais formé à l’amour. Et s’il n’avait pas été à la hauteur, les copains ne m’auraient pas abandonnée.

- Quoi, tu l’aurais trompé! Mais Laure, tu es un monstre!

- Ouvre les yeux fillettes. Tu crois me l’avoir volé. Il ne pense peut-être plus à toi. Donc je ne vois pas au nom de quoi il pourrait t’imposer de rester vierge pendant 4 ans. Juste pour le plaisir de vérifier pendant la nuit de noces que ton vagin est protégé par l’hymen ? Quatre années de ceinture pour la satisfaction d’un bonhomme qui n’est plus vierge: c’est un peu gros.

Elle a raison, le jeu est inégal. Elle a préparé l’entretien, rodé les arguments. Et elle enfonce le clou :

- Te vouloir vierge dans quatre ans, c’est vouloir te contrôler, t’empêcher de faire l’amour avec d’autres.

- D’accord, mais pour lui c’est renoncer à me faire l’amour pendant la même durée.

- Comment sauras-tu qu’il ne prend pas une maîtresse? La femme est désavantagée, chez elle ça se voit... Avec les mois tu vas avoir de plus en plus envie d’aimer, d’être aimée. Des garçons tomberont amoureux de toi, tu seras amoureuse peut-être, ça ne se commande pas toujours. A ta place je me donnerais à lui, je perdrais ma virginité et j’y gagnerais la liberté. Tu serais libre d’aimer qui tu veux, quand tu veux, comme tu veux, aussi souvent que tu veux : il n’y verrait que du feu.

- Je l'attendrai. Je le connais, il a promis de me respecter.

- C’est pour mieux te contrôler. Mais admettons qu’il te respecte.
A l’heure actuelle dans les cliniques on peut te recoudre une virginité. C’est une petite opération, pas douloureuse, discrète et pas trop chère. Autrement dit, une fille avertie peut se servir de son corps, faire l’amour et, à la veille du mariage se refaire une virginité.

- Cela manque de sincérité, c’est tricher. Je ne veux pas mentir à l’homme que j’aime.

- Tu es romantique. Ca te passera avec l’âge. Imagine ton mariage avec Adrien : tu es vierge, lui dépucelé mais sans expérience. Ta nuit de noces sera une catastrophe dont tu garderas toute ta vie le souvenir amer. Toi, tu peux éviter d’en vouloir toute ta vie à ton mari et lui donner la joie d’une nuit de noces réussie, c’est important pour l’entente d’un couple.

- Je te rappelle que tu es toujours célibataire. Tes théories t’ont fait perdre Adrien, souviens-toi.

- Une femme d’expérience rend son mari heureux. Elle lui apprend comment se comporter pour vaincre timidité et gêne, elle sait le guérir de ses complexes, de ses petites peurs, elle le met à l’aise. C’est un art très prisé des jeunes maris. Mais c’est une femme d’expérience, il faut le devenir par l’exercice.

- Tu parles en connaissance de cause. Tu as eu Marc, Sylvestre, Gilles, Raymond, Adrien et sans doute d’autres amants inconnus! Tu es une femme d’expérience! Ca n’a pas retenu celui que tu trompais et Raymond ne t'épousera pas malgré toute ta science.

- Adrien m’a trouvé merveilleuse. Sans toi, il serait à mes pieds. Tâche à ton tour d’être merveilleuse pour lui. Accepte donc de prendre des leçons. Et autant commencer avec un homme très expérimenté. Ton dépucelage réalisé par un expert sera gravé dans ta mémoire et dans ton corps. Et ensuite tu progresseras et le jour venu tu rendras Adrien heureux. Tu peux gagner sur tous les tableaux

- Tu es bien soucieuse de son bonheur. J’espère ne pas avoir à te chasser loin de mon mari. Utilise ton expérience pour dénicher ton futur mari. La prochaine fois, essaie d’être honnête si tu veux garder un garçon intéressant.

- Un jour tu reconnaîtras que j’avais raison. Le plus tôt sera le mieux pour toi. Si tu veux, dès ce soir tu pourras commencer ton apprentissage parmi nous.

- Où trouve-t-on ce phénoménal dépuceleur ? A quoi le reconnaît-on ? Faut-il payer les services du spécialiste ? Laure, tu me fais rire. Je devine où tu veux en venir: l’oiseau rare, choisi par toi, pour me former s’appelle Raymond, tu veux me le prêter, ou me prêter à lui plus exactement. Ce soir peut-être ? Tu es trop gentille. Je n’en veux pas. Un jour mon prince viendra et nous découvrirons ensemble l’amour, nous forgerons ensemble notre plaisir. Ca ce sera merveilleux! Comme dans les contes de fées.

- Réfléchis, ce sont les conseils d’une grande sœur qui veut te faire profiter de sa propre expérience.

- Expérience malheureuse et peu exemplaire. As-tu besoin de me vendre à ton Coucou pour le garder ? Je peux aller me promener maintenant ? J'en ai assez entendu, tu es pitoyable, chère grande soeur.

Aurélie s’éloigne, je vais la suivre et l’enlever. Quelqu’un arrive, c’est Raymond le préposé à la défloration.

- Tu es là Laure. J’ai vu partir ta sœur. Alors où en es-tu?

- Ce n’est pas gagné. Elle est mordue de son Adrien. C’est à cause d’elle qu’il nous a surpris au casino. Elle va me payer ça. Si tu réussis à lui faire l’amour, je coucherai avec toi. Tu m’entends. Cesse de m’exciter, ratt la, baratine la, chauffe la. Quand elle s’endormira ce soir, je te laisserai ma place sous la tente.

- Ne t’en fais pas, quelques baisers, quelques caresses et elle sera à moi. Bon, je fonce. N’oublie pas ta promesse, ta sœur est mignonne, mais tu es ma préférée pour l’amour, tu baises comme une reine. Ha! Si je n’avais pas une vocation de célibataire et si tu ne tenais pas tant à te marier!

- Tu auras ta récompense, mais uniquement si tu la dépucelles et sans violence. Sylvestre et Marc sont d’accord pour lui faire goûter au plaisir aussitôt après. Elle va faire son expérience complète, y prendra goût. Les femmes de ma famille ont du tempérament. Demain elle ne pensera plus au petit soldat. Je le veux pour moi et je l’aurai.

- Tu es encore plus folle que ta sœur. Rêve toujours, du moment que tu me gardes ta porte ouverte, mariée ou pas mariée, je prendrai mon plaisir à lui faire pousser des cornes à ton Adrien.

Raymond se lance sur les traces d’Aurélie. Avant de le suivre à distance je demande à Gérard d’aborder Laure sous sa tente. L’uniforme aidant, il pourrait être bien reçu. Qu’il se dise porteur d’un message de moi. Il peut raconter n’importe quoi, je la déteste. Rendez-vous à 19 heures à la voiture.
Arrive une nouvelle visite pour Laure.

- Ah! Te voilà, Emilie. On va avoir du boulot. Ce soir on va fêter, danser, boire et chanter. Au cours de la soirée les quatre garçons se montreront affectueux et attentifs aux souhaits d’Aurélie. L’ambiance de fête favorisera l’approche. Léa et toi par vos cris d’amour allez émouvoir la naïve, faire travailler son imagination, lui donner envie de jouir comme vous. Et Raymond lui révélera les joies de l’amour.

- C’est ta sœur, tu ne devrais pas faire ça.

- C’est une voleuse d‘homme. Sans elle je serais avec Adrien.

- Tu n’aurais pas dû courir deux lièvres à la fois. Tu connais Raymond et son infidélité mais tu ne peux pas t’en passer. Ne lui jette pas ta sœur en pâture. Il court avec trop de bonnes femmes.

- Elle verra que ce n’est pas toujours facile de résister à la tentation. Raymond est habile. Il va éveiller ses sens, faire naître le désir, l’entretenir. Elle finira par laisser faire en se croyant aimée.

- Je te désapprouve. C’est une histoire de famille. Fais ce que tu veux. Je resterai neutre. Gilles et moi allons nous baigner. Tu viens?

- Pas envie. Allez-y.

Mon intuition m’a conduit ici. Je ne leur laisserai pas l’occasion de salir ma gentille correspondante. Je vais déjouer leur plan machiavélique. D’arbres en bosquets, à distance, je longe le lac. Au bord de l’eau Aurélie s’est assise sur un banc. Raymond tourne autour. Elle lui fait signe de s’en aller. Des promeneurs se retournent sur ce couple en bisbille. Raymond rebrousse chemin. Je m’approche doucement, pose mes mains sur ses yeux. Elle n'hésite pas :

- Adrien, c’est toi!

- Chut! Eloignons-nous. Comment m’as-tu reconnu?

- Je pensais si fort à toi. Tu es là. Que je suis heureuse.

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