Récits Érotiques De La Mythologie (1). Candaule Et Le Candaulisme

Préambule : il existe sur HdS une rubrique « Mythologie » que je propose de développer. En effet, dans la mythologie grecque et romaine, il existe de nombreux récits et personnages qui ont un contenu érotique fort. Je vais donc le reprendre à commencer par les deux thèmes qui sont le fil conducteur des récits érotiques que j’ai publiés sur HdS, à savoir l’hypersexualité féminine et le candaulisme.


AVERTISSEMENT : comme pour les récits historiques, ces textes sont préparés à partir de recherches sur le net et de textes libres de droit.
Les auteurs ont publié sur HdS de nombreux récits candaulistes et chacun sait, ici au moins, qu’il s’agit de la pratique sexuelle liée à l'excitation de voir son (sa) partenaire avoir des relations sexuelles avec une autre personne. Le candaulisme est caractérisé par un fantasme bien précis : voir son épouse faire l'amour avec une ou plusieurs personnes étrangères à son couple.
Mais sait-on toujours d’où vient ce terme ? Il vient d’un roi semi-légendaire de Phrygie.


CANDAULE ETAIT-IL CANDAULISTE ?

Candaule, aussi connu sous le nom de Sadyatte ou encore Myrsile, est un roi semi-légendaire de Lydie, ayant régné vers le VIII ème siècle av. J.-C. Il est le dernier souverain de la dynastie des Héraclides qui prétendaient descendre d'Héraclès. Il est assassiné par Gygès qui lui succède et fonde la dynastie des Mermnades.
Si toutes les traditions racontent son assassinat et sa succession par Gygès, il existe de nombreuses versions de cet événement.

PREMIERE VERSION : UN ADULTERE

C’est celle que rapporte Nicolas de Damas d'après Xanthos de Lydie

Gygès était un jeune prince devenu favori à la cour du roi de Lydie (qu'il appelle Sadyatte). Alors que Gygès est envoyé escorter Tudo (Nyssia), la nouvelle fiancée du roi, il en tombe éperdument amoureux et tente de la séduire. Le roi, furieux de l'inconduite de son protégé, veut le mettre à mort.

Mais Gygès, averti par une servante, parvient à la chambre du roi qu'il poignarde dans son sommeil. Il prend alors le pouvoir, conforté par l'oracle de Delphes, puis épouse Nyssia.

LA VERSION SURNATURELLE DE PLATON

Gygès était un berger qui trouve un jour une bague magique au doigt du cadavre d'un géant. Cette bague (l'anneau de Gygès) donnait le pouvoir d'invisibilité à celui qui la portait. Gygès s'en sert pour commettre l’adultère avec la femme du roi, puis complote avec elle pour le roi et s’empare ainsi du pouvoir.

LES VERSIONS « CANDAULISTES »

C’est d’abord celle de Plutarque : « L'amour ressemble à l'ivresse (...) Persuadés comme ils le sont, ils veulent persuader à tous, que c'est une perfection que l'objet de leur tendresse. Ce fut ce qui détermina le Lydien Candaule à introduire Gygès dans son appartement, pour lui faire voir sa femme ».

C’est surtout celle d’Hérodote.

C'est la version qui a le plus inspiré les artistes en raison de son fort pouvoir érotique, Hérodote la raconte d'après une poésie perdue d'Archiloque de Paros.
Le roi Candaule trouvait sa femme plus belle que toutes les autres. Sans cesse, il vantait à Gygès, un officier de sa garde du corps, les charmes de son épouse et un jour, il l'invita à se convaincre, de visu, de la beauté de celle-ci. Gygès refusa l'offre sacrilège mais le roi insista. Dissimulé derrière la porte de la chambre nuptiale, Gygès assista au coucher de la reine. Mais, au moment où il s'esquivait, la souveraine l'aperçut. Feignant de n'avoir rien remarqué et persuadée que son mari avait voulu l'humilier, elle jura de se venger. Le lendemain matin, elle convoqua Gygès et lui offrit l'alternative d'être exécuté ou de Candaule, de s'emparer du trône et de l'épouser. Gygès refusa d'abord l'offre de la reine, puis, devant son insistance, il se résolut à Candaule. La reine le cacha à l'endroit où il s'était dissimulé la veille ; Candaule mourut, poignardé par Gygès durant son sommeil.
Quand il fut installé sur le trône, Gygès se heurta à des adversaires. Ceux-ci acceptèrent de soumettre le cas à l'oracle de Delphes. L'oracle confirma Gygès dans sa royauté.
C'est cette version qui a donné naissance au terme de candaulisme.
Le nom de la femme de Candaule n'est pas donné par les auteurs précédents. Ptolémée Chennos la nomme Nyssia, nom que Théophile Gautier utilisera dans son conte et qui sera repris par les écrivains suivants.

UNE HISTOIRE QUI A INSPIRE LA LITTERATURE

Théophile Gautier a popularisé le mythe avec sa nouvelle, « Le roi Candaule », parue en 1844.

L'histoire de Théophile Gautier est très proche de la version de l'histoire qu'en donne Hérodote.

Le roi Candaule est devenu ivre de la beauté de son épouse Nyssia. Il conçoit l'étrange projet de partager son admiration d'esthète en proposant au jeune et beau Gygès, le chef des gardes du palais, de venir voir en cachette son épouse dans sa simple nudité. Horrifié de cette demande sacrilège, Gygès refuse d'abord mais ne peut qu'obéir à son roi. Caché dans la chambre nuptiale, Gygès découvre l'incroyable beauté de Nyssia et en tombe immédiatement amoureux. De son côté, la reine a tout compris. Elle convoque plus tard Gygès et lui ordonne de Candaule ou de se lui-même, « car deux des quatre prunelles où ma nudité s’est réfléchie doivent s’éteindre avant ce soir ». par Nyssia, Candaule est poignardé dans son lit par Gygès qui devient le nouveau roi et épouse Nyssia.
« Les Sardiens, indignés de la mort de Candaule, firent mine de se soulever ; mais l’oracle de Delphes s’étant déclaré pour Gygès, qui lui avait envoyé un grand nombre de vases d’argent et six cratères d’or du poids de trente talents, le nouveau roi se maintint sur le trône de Lydie, qu’il occupa pendant de longues années, vécut heureux et ne fit voir sa femme à personne, sachant trop ce qu’il en coûtait. »

Il est vraisemblable que Gautier connaissait le conte « licencieux »de Jean de La Fontaine : « Le Roi Candaule et le maître en droit ».
Il s'est peut-être inspiré également du tableau « Le Roi Candaule et Gygès », peint par son ami Joseph Ferdinand Boissard de Boisdenier en 1841.

Extrait du poème de La Fontaine :

« Force gens ont été l'instrument de leur mal;
Candaule en est un témoignage.
Ce roi fut en sottise un très grand personnage.
Il fit pour Gygès son vassal
Une galanterie imprudente et peu sage.
Vous voyez, lui dit-il, le visage charmant,
Et les traits délicats dont la reine est pourvue
Je vous jure ma foi que l'accompagnement
Est d'un tout autre prix et passe infiniment;
Ce n'est rien qui ne l'a vue
Toute nue.
Je vous la veux montrer sans qu'elle en sache rien; »
http://www.lafontaine.net/lesContes/afficheConte.php?id=54

LE MYTHE ET MOI

Le mythe se termine mal pour le mari candauliste.
Il a commis la transgression suprême de montrer sa femme nue à son ami Gygès. Celui-ci devient l’amant de la reine et, ensemble, ils se débarrassent du mari devenu gênant, prenant prétexte du crime qu’il a commis contre la bonne morale.

Moi qui ai la chance infinie d’avoir un mari candauliste, j’ai, pendant plusieurs années, refusé de me laisser dans le sens qu’il souhaitait et qui correspondait à mon hypersexualité.

Ayant fini par me laisser glisser vers la douce pente qu’il souhaitait me voir emprunter et que j’ai suivie bien au-delà de ses rêves initiaux, je suis une Nyssia qui aime plus que jamais son Candaule et qui a bien l’intention, avec son accord, de connaître le plaisir et de lui offrir mon plaisir avec tous les Gygès qu’il aura choisis pour moi.

Oh certes le candaulisme, proposé à une hypersexuelle, n’est pas sans dangers et nous avons pu le mesurer à plusieurs occasions, notamment dans les excès pratiqués avec Rachid. Notre couple à Philippe et à moi a paru plusieurs fois au bord de la rupture et au-delà. Mais il a perduré dans les tempêtes.


Nyssia et Candaule ne peuvent être heureux l’un et l’autre que si leur amour est assez fort pour surmonter les épreuves et les tentations. Je veux que Philippe, mon Candaule, soit à jamais mes côtés dans mon parcours, et moi, Olga, sa Nyssia, que je lui offre mon plaisir comme symbole de notre amour.

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