J'Installe Une Application De Rencontres, Juste Pour Voir, Par Curiosité !

Depuis quelques temps, ce n’est pas la joie au lit avec mon copain. Il ne se passe quasiment plus rien, c’est presque comme si je m’interdisais d’éprouver quoique ce soit. Attention, ce n’est pas comme s’il ne s’était jamais rien passé. On a déjà fait l’amour, des dizaines de fois. Au lit, sous la douche, chez lui, chez moi, à la fac, dans les toilettes, on commençait même les prélis dans des endroits publics, tout en faisant attention à ne pas être repérés : dans le métro ou dans un parc, tellement j’étais excitée et j’ai envie d’être satisfaite sur le champ. De la même manière, on ne se satisfaisait pas du classique fellation-missionaire-bisous. On s’amusait, on se suçait les lèvres, le cou, et la langue léchait à peu près tout ce qu’elle était capable de lécher. Je n’ai jamais eu de problème de conscience avec la masturbation, et lui non plus. Pour des débutants en la matière, on connaissait assez bien nos propres corps. Je savais ce que j’avais envie, comment il devait faire pour que j’ai des orgasmes à chaque fois, et même plusieurs fois de suite parfois. On avait même commencé l’exploration de sa prostate… Bref, on s’amusait gentiment.
C’est mon premier copain et je dois dire qu’on a déjà fait pas mal de choses ensemble, pour un premier. Mais pour tout un tas de raisons personnelles, au fil du temps les choses devinrent plus banales, plus ritualisées. On ne se surprenait plus, on pouvait même prédire les intentions et les gestes de l’autre. Ça fait longtemps que je ressens plus de réticence que d’excitation quand il est près de moi, que j’ai même peur de ce qu’il pourrait me faire. J’en suis venue à voir mon corps comme un objet purement fonctionnel, et réprimer tous mes désirs pour empêcher sa sexualisation. Je travaille là-dessus, mais ça prend du temps.
Comme de nombreux soirs j’étais alors sur mon téléphone, et je tombe sur une suggestion d’application. Curieuse, j’ouvre la description et décide de l’installer, « juste pour voir ».

Il s’agissait d’une application qui met en relation l’utilisateur et des inconnus du monde entier via un message qu’on écrit, et jette à la mer. Un peu comme une bouteille jetée au large, en attente d’être récupérée par un marin ou un promeneur solitaire sur la plage. L’application garantissait de ne faire que des rencontres placées sous le signe de la curiosité interculturelle, et était pourvue d’une sorte de sécurité qui permettait aux utilisateurs de signaler tout contenu inapproprié. Chacun a vingt points de réputation, auxquels s’ajoutent ou se perdent des points en fonction d’une utilisation plus ou moins « correcte ».
Rassurée, je commence à écrire mon premier message qui se voulait amical, chaleureux, même. Je ne mets pas de photo de profil, mais je renseigne mon âge et mon prénom. Ainsi cela me garantit un maximum d’anonymat, tout en fournissant un profil authentique.
Les premières réponses ne tardent pas à arriver, et je discute ainsi pendant plusieurs jours, de la pluie ou du beau temps, avec de complets inconnus, la plupart du temps pas dans ma propre langue. Un soir je reçois un message d’un homme, de sept ans mon aîné, un Grec qui fait ses études à l’étranger, et qui me propose d’avoir une « vilaine » aventure. Ingénue que je suis, je lui demande de m’expliquer ce qu’il entend par là, tout en lui cachant que je savais très bien à quoi il faisait allusion. Il me dit qu’il est échangiste avec sa copine, mais qu’il est loin d’elle, qu’il aime le sexe et se demande si je suis intéressée pour avoir une petite conversation avec lui. Il est honnête, précise que tout se fera dans le respect et le consentement de chacun et que je peux passer mon chemin si je ne suis pas intéressée. L’idée me frôle de signaler l’utilisateur et de passer à autre chose ; mais en même temps, il n’avait ni l’air tordu, ni lapin en chaleur du genre à envoyer ses dick pic à tout va. Je décide de prolonger un peu le plaisir de la nouveauté. Plus il m’expliquait qu’il avait envie que je sois sa « salope » - le terme qu’il utilisait est « slut », mais je n’aime pas sa traduction, elle renvoie à quelque chose de moralement bas, dans laquelle je ne me retrouve pas du tout- plus je me disais qu’il tombait à pic, et qu’il pourrait peut-être me tirer du néant sexuel que j’entretenais avec mon copain.


« - Ma copine et moi sommes échangistes, mais je suis à l’étranger pour mes études en ce moment, alors… Je cherche des personnes qui accepteraient qu’on s’amuse un peu. »

- Echangistes ?

- Oui, je sais par qui elle va se faire prendre et elle sait qui je vais baiser. Le principal là-dedans c’est la confiance qu’on s’accorde, elle et moi et nous envers l’autre couple. Du moment qu’il y a « lust and trust » (désir et confiance), rien ne nous arrête. Ma copine est une déesse en la matière, une vraie perverse. Elle pense à mon sexe tout le temps, et elle adore savoir que ça me fait de l’effet. »

Le langage du type me faisait grincer des dents, j’avais l’impression d’être à l’entrée d’un site porno vivant qui me proposait de « fuck » avec des « big cock » et d’être une vraie « slut ». Je mis ça sur le compte de ma pudibonderie et poursuivis :

« - C’est drôle qu’on se rencontre, en ce moment c’est un peu vide dans ma vie sexuelle justement. J’aime l’idée que j’excite les hommes, ça me donne une espèce de pouvoir sur eux… Mais en même temps ça me fait un peu peur, tu vois ce que je veux dire ?

- Est-ce que c’est une manière indirecte de me dire que ça te plait de m’exciter… ? Tu sais, tu n’as pas à avoir peur et tu ne rencontreras plus de difficulté si tu assumes ton côté cochonne. C’est un rôle à jouer, pas un principe auquel obéir quand tu es en société. Je suis sûr que ton copain serait d’accord… »

J’étais définitivement intriguée. Il me sortait avec tellement de naturel et d’aisance des mots que je n’arrivais même plus à employer sans forcer un sérieux solennel ou sourire de malaise. Il était excité, sans aucun doute, mais ça n’était pas bizarre. Pour une fois en de nombreux mois, il n’y avait ni ambiguïté, ni risque de prise de tête, ni souffrance à la clef. Juste du sexe, et même pas réel. Où était le risque ?

« - J’ai un copain, justement. Je ne sais pas si je me sentirais bien d’exciter volontairement un mec que je ne connais pas alors je refuse qu’il me touche lui…

- Tu refuses ? Mais pourquoi ? Et puis l’amour et le désir sont deux choses différentes ma belle… Tu ne m’aimes pas, mais je t’excite.
Je sais que tu veux voir mon sexe. Laisse-toi aller, tu ne le trompes pas en parlant de cul à un autre homme. Et tiens, je t’envoie une photo de moi, comme ça tu te sentiras plus proche de moi. »

J’avais peur qu’au contraire, les efforts qu’il avait mobilisés jusque-là soient rendus vains par la concrétisation de notre conversation. J’avais peur que toute la confiance qu’il avait essayé de me transmettre s’effondre, rattrapée par la réalité d’une relation virtuelle déraisonnable et vulgaire. J’affichais la photo. Barbu, brun, il dégageait beaucoup d’assurance et de sérénité. Je pouvais sans craindre soutenir son regard figé, mais tendre et ferme. J’aurais préféré un sourire, mais ça me suffisait pour poursuivre l’échange, pour le moment. Mais c’est lui qui prit la main.

« - La culpabilité, la timidité, la honte, le désir, l’excitation… Tout ça c’est la même chose. Tu es jeune, tu dois avoir quelques expériences par-ci par-là, mais fais-moi confiance, obéis-moi et tu seras libérée de ce qui t’oppresse. Aller bébé, laisse-toi faire. »
Je cherchais quelque chose à répondre pour ne pas avoir l’air d’une fille désespérée :

« - Qui te dit que ce n’est pas moi la dominante entre nous deux ? Qui te dit que j’ai envie d’être soumise à tes ordres ? Si je manque de confiance en matière de sexe, je ne me laisse pas marcher sur les pieds dans la vie de tous les jours, tu sais.

- Hm, de toutes les femmes autoritaires que j’ai rencontrées, pas une ne protestait quand je prenais le contrôle des choses. J’en ai fait des parfaites soumises, elles ont toutes appris à me présenter leur croupe docilement. Et si tu es plutôt dominante, je te présenterais à ma copine, je te promets beaucoup de plaisir... Je veux que tu sois fière de penser à mon sexe, je veux que tu souris à l’idée de mouiller, je veux que ça te donne des idées. »
Suite à quoi il me demanda de lui envoyer une photo de moi, chose que je fis. Sans réfléchir je tirai un peu la manche de mon épaule, pour qu’elle apparaisse plus dégagée.
Je me flattais de porter mon soutien-gorge rembourré, et tirai sur le bas de mon tee-shirt, pour laisser apparaître plus de peau. Il répondit que j’étais magnifique. En guise de réponse, et prise de court par la résurgence d’une pulsion de séduction, je me contentai d’envoyer un émoticône « bisou ».

« - Hm… Il est pour moi ce baiser ? Je voudrais t’en faire un aussi… Tu sais où j’aimerais te le faire ? »

J’hésitais. Si je répondais « non », j’allais clairement dans son sens et je rentrais dans son jeu. Si je répondais « oui », je cassais toute la tension qui commençait à me faire des fourmis dans le bas ventre.

« - Dis-moi où.

- Je déposerais mes mains sur tes fesses, et je les écarterai pour embrasser ta toute petite rondelle toute serrée… »

J’étais furieusement gênée et offensée qu’il parle de moi comme ça. Il ne me laissa pas le temps de réagir.

« - Je ne me contenterais pas de l’embrasser, je voudrais te lécher le cul lentement, longuement, et y pénétrer mon sexe. Si ça ne glisse pas assez, je demanderais à ma copine de m’aider à te lubrifier.
- Je ne sais pas comment tu fais ni ce que tu m’as fait, mais je dois admettre que je commence à être excitée. »

Il m’a fallu du courage pour me le dire, l’écrire et l’envoyer. C’était fait, pas de retour en arrière possible à présent. Il fallait aller au bout de la conversation.
« - Parfait… J’aimerais que tu te touches maintenant. Pour moi.

- C’est mouillé... Tu pourrais m’aider. Tu voudrais bien m’aider ?

- Dis-moi comment.

- Dis-moi comment tu me prendrais.

- Oh ma belle… Personne ne te baiserait comme je le ferais. J’aimerais tellement que tu sois là, à te masturber devant moi. Tu t’occupes de ton minou, tu me laisses m’occuper de ton cul. Et tu ne pourras pas y changer quoi que ce soit, je t’empêcherais de te retourner. Alors imagine-toi les mains attachées. »
J’avais chaud. Je plongeai ma main dans ma culotte pour passer le doigt entre mes lèvres. Chaud et humide. Je pouvais facilement glisser vers ma fente ou remonter vers mon clitoris. Je m’activais pendant qu’il continua.

« - Je te ferai tomber en avant pour mieux te dévorer. Tu ne me regarderais pas, parce que ta tête serait collée par terre, la joue pressée contre le sol, il n’y a que moi qui te ferais bouger. Quand tu seras assez humide à mon goût, je te prendrai. La douleur ne sera que brève, elle se transformera rapidement en plaisir, crois-moi. Tu gémis fort, je le sais. Si tu as honte, ça me rendra encore plus fou…
Bébé ? Tu es là ?

- Je viens de jouir. »

Je l’imaginais en train de sourire derrière son écran. Ça faisait bien une heure et demie qu’il me chauffait, et ça avait abouti. La petite prude venait de s’effacer au profit de la séductrice, de la dévergondée. Il avait réussi.
« - Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? La plupart des filles me bloquent quand elles ont eu ce qu’elles voulaient. Utilise-moi jusqu’au bout tant que tu m’intéresses… »

Je lui dis merci pour tout, et bonne nuit, sans rien promettre.

A l’heure où j’écris ces mots, je reçois de nouveaux des messages de lui qui me demandent comment je vais aujourd’hui, et si je suis excitée. Je crois que mon nouveau tuteur a encore des choses à m’apprendre…

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