Moquerie

Tu sais, tous, tout le temps, ils se moquent de moi.

La fille, je l’avais levée dans une boum, boulevard Wilson, Bordeaux, un samedi soir d’hiver. Levée, le mot est même un peu fort. Disons qu’elle me plaisait bien et que je ne devais pas lui être indifférent vu son ardeur à me bécoter et à se frotter contre moi à chaque slow.

On était jeunes et ça ne portait pas à conséquence que de flirter torridement en boum du sam’di soir. Demain serait un autre jour pour elle comme pour moi. Alors on laissait aller et c’était bon de laisser aller.

C’est just’après l’interminable Going home des Stones qu’elle m’a dit ça, tu sais, tous, ils se moquent de moi. Ça durait facile un quart d’heure, Going home. C´était propice à confidences.

Maintenant, on était juste serrés l’un contre l’autre sur Georgia on my Mind de Ray Charles. Sa bouche à mon épaule en chuchotis.

Elle était vêtue d’une robe courte de velours noir fin. Sans manches. Col ras du cou. Droite qui ne suivait pas ses hanches qui n’épousais pas sa taille mais qui écrasait ses seins. Enfin, de seins, elle n’avait guère que de petits petons bien durs mais miniatures.

Elle me serrait de ses bras pendus à mon cou et me faisait confidences en balançant sur le rythme de jazz de la chanson. Oui tous ceux que tu vois autour de nous, filles et gars, me moquent au lycée. Sûr, ils m’ont invitée à cette boum mais juste pour que fasse tapisserie et lundi me moquer encore. Je suis bien aise d’être ce soir avec toi.

Et moi je matais sa jolie frimousse de gamine trop jeune pour les jeux avec garçons et qui m’avait dit en toute simplicité son innocence et sa virginité. Et qui toute émue m’avouait ses turpitudes et ses complexes d’être ainsi moquée par ses congénères, ses camarades de classe. Et qui frottait son pubis sur mes cuisses et son poitrail quasiment plat contre moi, comme une grande. Qu’elle n’était pas.

Moi je pensais, l’a des dispositions la gamine.

..
On en fera quelque chose.

Elle avait une tête toute ronde encadrée de chevelure blonde au carré très claire. Ses yeux bleu cobalt étaient presque incongrus, trop sombres sous les sourcils à peine marqués et les cils pâlots. En plus, elle me regardait de bas en haut comme une petite madone, une vierge de Lourdes ou de Fatima, une qui mouille sa culotte pour la première fois et ne comprend pas vraiment pourquoi ni comment non plus qu’à cause de qui.

Pourtant à cause de quoi ou de qui, les filles le savent bien que c’est les garçons qui leur font cet effet là au creux d’elles. Mais les filles, c’est prude de nature et en plus ça n’ose pas trop penser... Surtout penser à ces choses-là.

Moi, j’avais ma main à sa hanche, et je me souviens parfaitement de l’élasticité de sa taille et des réactions de son corps de fillette à mes caresses. Je pensai alors, les filles c’est l’instinct qui les manœuvre. Y’a pas besoin de faire quoi que ce soit, elles viennent où tu veux qu’elles aillent par simple conformation congénitale. Prédisposition...

C’est pas beau ça ? Merci qui, le Bon Dieu ou Darwin ?

Enfin cette fille que ses instincts m’offraient en pâture, cette fille qui se donnait à moi par pure pulsion animale, inconsciente du fait que c’était tout simplement inscrit dans ses gènes, cette fille disais-je, était animée d’un puissant complexe qui la rendait aveugle.

Et elle me racontait les misères que lui faisaient subir ses copines de classe et me remerciait de l’avoir prise dans mes bras et de la biser fougueusement et de passer mes mains de partout sur elle spécialement sur ses mini seins que je faisais mine d’apprécier lors que toutes les garces, ses amies, les méprisaient, elles dont les nibars adolescents étaient largement développés qui en pomme qui en poire.

Moi je bichais et pensais, voilà un noeud psycho dans la tête de cette petite qui me donne opportunité bien sympa de la tripoter à fond les manettes.

Et croyez-moi, ce soir-là, j’en ai profité un max sans scrupule aucun, même dirais-je, avec le sentiment jésuite de « rendre petit service » en toute amitié.

Bien sûr quand il a été tard elle a voulu rentrer avec son frère qui avait une auto. Mais moi, je ne pouvais rentrer car c’était moi qui avais apporté la musique. Il me fallait rester jusqu’à fin de soirée. Alors elle m’a entraîné dans un petit salon obscur loin de la grande pièce. Elle m’a entraîné pour me dire en intimité toute son amitié.

Elle était toute jeune, toute fillette et ce moment qu’elle m’a offert a été apothéose de mes soirées d’ado en boums et surpats.

Elle a voulu basculer sur une sorte de divan et me serrer, moi son amoureux de ce soir-là, dans ses bras aimants. Ses jambes étaient hautes et se croisaient à mes reins. Sa robe de velours noir était remontée à sa taille et je naviguais contre ses chairs mouillées de culotte haute au coton trempé.

Elle avait pris mes fesses de ses deux mains et me guidait en elle contre elle à vouloir forer en elle de ma virilité tendue.

J’ai longuement hoqueté dans mon slip ma tendresse tout en mangeant la douceur de son cou de mes lèvres brûlantes.


Son souvenir de blondinette moquée de copines un peu connes est resté vivace en moi. Et je crois bien que ce fut ma vraie première.

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